Baguettes en plastique de Taïwan, en porcelaine de Chine, en bambou du Tibet, en palmier du Vietnam, en inox de Corée, avec la cuiller, en bois laqué du Japon pour le couple et les enfants, en bambou jetable du Japon.

Si je n’ai pas emporté de carnet de voyage, il était impensable pour moi de ne pas prendre ma paire de baguettes réutilisables. J’avais cette notion de milliards de paires utilisées et jetées chaque année en Asie, sans plus de précisions.

Mais aujourd’hui, nous avons mangé dans un (sinon LE) restaurant japonais d’Ubud. Incroyable: une vraie cuisine japonaise, avec les critères écologiques de Bali, hautement revendiqués, c’est-à-dire: sans OGM, avec des produits locaux dans la mesure du possible et…sans baguettes jetables.

Et c’était justement un « détail » qui m’avait beaucoup marqué au Japon: il y est extrêmement rare de trouver des baguettes réutilisables dans les restaurants. Pourquoi?

D’abord parce que la concience écologique des japonais est très balbutiante. Sacs en plastique à tout va, emballages individuels omniprésents, jetable partout.

Ensuite parce que les Japonais ont une intolérance très nette vis-à-vis du manque d’hygiène. Or, il est impossible pour beaucoup d’entre eux d’utiliser des baguettes ayant été en contact avec des centaines de salives différentes, même lavées.

Le Planetoscope nous rappelle pourtant que, pour les seuls Chinois (ça fait quand même un paquet de gens), 70 milliards de paires de baguettes en bambou sont jetées chaque année, ce qui représente plusieurs millions de tonnes de bambou!!

Quelle serait la solution? Stériliser des baguettes en inox, comme les Coréens? Réutiliser les baguettes en bambou pour en faire du bioéthanol, comme l’a tenté le gouvernement japonais? Taxer les baguettes jetables en bois? Ou peut-être une prise de conscience collective?

En tous cas, c’est sûr, les baguettes jetables ne passeront plus par moi.

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