Carte d’Indonésie

En discutant avec un balinais, j’ai eu pour la première fois connaissance de ce qu’il convient d’appeler « le massacre de Sampit ». Un vrai film d’horreur.

L’histoire, vraie, malheureusement, se passe sur l’île de Bornéo, côté indonésien. Cette grosse île abrite une partie de la Malaisie au nord, le minuscule mais richissime Sultanat de Brunei et la province de Kalimantan, indonésienne.

L’Indonésie, c’est un vrai bordel. 17000 îles, 6 religions, 300 groupes ethniques différents, 742 langues. Et un programme de transmigration à l’origine des conflits à Kalimantan. Au départ, il a été institué par les colons hollandais à la fin du XIXème siècle et le gouvernement indonésien l’a maintenu après l’indépendance en 1949 jusqu’à aujourd’hui. Il a pour but de fournir une main d’œuvre défaillante à Sumatra, à Kalimantan et en Papouasie, tout en réduisant la surpopulation de Madura et surtout de Java, île la plus densément peuplée au monde. Equilibrer les forces, quoi.

Idée logique au départ, ce programme a entraîné des déplacements de populations pas forcément bien accueillies. Ainsi, à Kalimantan, les Madurais sont très mal vus par les « locaux », les Dayaks, et les conflits sanglants sont fréquents. En 1997, 1999 et surtout en 2001, ce fameux « massacre de Sampit », des milliers de Madurais ont été sauvagement assassinés. Et pas n’importe comment: par décapitation. Oui, oui. Des centaines de têtes coupées et exhibées. La religion n’y serait pour rien, puisque les Dayaks sont en partie catholiques, en partie musulmans, comme les Madurais; par ailleurs, les Dayaks auraient été largement aidés par les communautés malaises et chinoises. Mais l’objectif affiché par les Dayaks est tout simplement d’éliminer tous les Madurais de Kalimantan. Ben voyons.

Je précise tout de suite que 1) nous allons à Bornéo, mais côté malaisien et que 2) a priori, nous n’avons aucune origine maduraise…

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