Bus flottant
CNN

Depuis 2 semaines, l’eau ne manque pas à Manille. Les rues de la capitale philippine se sont transformées en rivières, certains quartiers sont complètement inaccessibles autrement qu’en bateau, des centaines de milliers de famille ont été déplacées dans des refuges. Les dernières nouvelles parlent d’une soixantaine de morts dans la région. Et ce n’est pas fini, puisque les autorités craignent une nouvelle hécatombe de leptospirose. Rappelons qu’en 2009, lors des dernières grosses inondations (464 morts et près de 3 millions de déplacés), il y avait eu 249 morts par leptospirose, soit «  le plus lourd bilan pour cette maladie jamais enregistré dans le monde ».

Pourtant, a priori, c’est comme ça tous les ans. Je veux dire, la saison des pluies, la mousson, les typhons, tout ça, ça concerne un bon tiers de l’année. Tous les ans. Alors comment se fait-il, nom de Zeus, que ce ne soit pas un minimum prévisible, et si non, évitable?

Il se trouve que Manille est située dans une sorte de vallée, entre un lac et l’océan. Une cuvette bien pratique pour recueillir les millions de litres d’eau qui tombent du ciel. Il sera tombé l’équivalent d’un mois de précipitations en deux jours, cette semaine…Mais la responsabilité des pouvoirs publics est mise en avant dans tous les journaux qu’on a pu trouver.

Pour les experts, ces inondations résultent de l’incurie des pouvoirs publics, du délabrement des infrastructures, de l’absence de drainage et de la présence de bidonvilles dans les zones exposées. Le Monde

Après la tempête de 2009, les experts avaient affirmé que près de 3 millions de personnes devraient être déplacées pour éviter un pareil désastre à l’avenir…Ce sont tous ces gens qui vivent dans des bidonvilles, et surtout près des rivières ou carrément dans des marécages comme on a pu le voir. Evidemment, ce projet, établi sur 10 ans, n’avait pas commencé.

Un autre projet, appelé « megadike », existe depuis 2003 dans une région proche de la capitale; il est complété à 99% depuis 2007…mais reste inachevé, faute de fonds publics. Pourtant, les milliards dépensés pour contrôler le niveau des eaux valent bien les milliards de perdus à chaque inondation. Et c’est dommage, c’était bien parti: ils ont construit 26 stations de pompage dans la région. Mais 20 sont opérationnelles: 6 ont péri dans les inondations de cette semaine! On marche sur la tête!

En attendant, ce sont toujours les mêmes qui trinquent: la population. Tout leur manque: eau potable, nourriture, médicaments, et puis une maison.

Le Monde

 

Pour plus d’infos:

New York Times

CNN

BBC

Philstar

 

 

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