Au Sri Lanka, les éléphants sont partout. Sur les cartes postales, sur les tuk-tuks, sur les coussins, sur les devantures des magasins, dans les temples, sur les batiks, dans les publicités, dans les guides,…Bref, c’est difficile de ne pas tomber sur un éléphant en allant au Sri Lanka.

Perahera, festival de la dent

Oui, mais pour voir un VRAI éléphant??
– « Ah ben il faut aller dans un parc national et faire un safari à 20 000 dollars (y’a beaucoup de taxes au Sri Lanka) ». Moui. Ou pas.
– « Oh c’est dommage, vous venez de rater le festival annuel de présentation de la dent de Buddha de Kandy, y’avait pleins d’éléphants déguisés, revenez l’année prochaine ». Zut. Pas de bol.
– « Et sinon, si vous venez sur cette route la nuit, ils traversent et ils peuvent même tuer des gens. » Pour preuve, une photo d’un jeune couple renversé et tué par un éléphant à un arrêt de bus. Ah. Ben non, alors.
– « Demandez aux agriculteurs s’ils voient des éléphants, eux! » Sous-entendu, les éléphants détruisent leurs récoltes en piétinant nonchalamment leurs champs. Ce qui justifie apparemment les empoisonnements d’éléphants par les agriculteurs irrités. Mouais. Ca se discute (R.I.P.)

Bain d’éléphants
Wikipedia

Donc, en résumé, ici, les éléphants, on les aime bien, mais pas trop quand même. D’ailleurs, sur le drapeau sri lankais, c’est un lion, pas un éléphant. Leur bière nationale, c’est la « Lion ». Mais, y’a pas de lion au Sri Lanka. Y’a des éléphants. Dommage.

On estime qu’en 2011, 250 éléphants et 50 êtres humains sont morts au Sri Lanka de ce que les experts appellent « le conflit humain-éléphant ». Les éléphants meurent par électrocution, empoisonnement ou, plus simplement, coup de fusil, alors qu’ils cherchent de la nourriture dans les champs. Une question de survie pour eux, dont l’homme a détruit petit à petit l’habitat.

Les hommes meurent écrasés par les éléphants, dont ils essaient de se débarrasser en allant au contact. Des hommes qui n’ont pas grand chose et dont les récoltes sont essentielles.

Elephant tué
Blog Mon voisin l’éléphant

Alors comment concilier les intérêts de chacun? Les solutions existent mais prennent du temps, de l’argent…et de la bonne volonté. Les « green corridors« , mis en place à Bornéo pour les éléphants et les orang-utan seraient applicables ici, mais demandent un réaménagement complet de l’espace pour permettre aux éléphants de migrer. Et bien sûr, il faudrait donner les moyens aux agriculteurs de compenser financièrement les pertes sur leurs récoltes, ou pour ceux qui sont trop proches des zones de migration, les moyens de se reconvertir.

Si les conflits persistent, il est nécessaire de leur proposer des activités alternatives et rentables. Valoriser les éléphants et la nature dans le cadre d’un tourisme responsable fait partie de ces activités alternatives, à condition que les personnes victimes des conflits humains-éléphants en soient les principaux bénéficiaires. Blog Mon voisin l’éléphant.

Pour tout cela, évidemment, les moyens manquent.

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