Depuis que nous avons mis les pieds en Corée du Sud, ça y est, comme au Japon, je me retrouve déphasée. Un peu comme en décalage. Pourquoi? Tout simplement à cause de mes fringues.

Backpackeuse

Le look routarde est parfait à Bali, au Vietnam ou en Thailande. Mais, bizarrement, ça passe moyen en Corée. Je me sens complètement hippie-baba-cool-cradoque. Et encore, à Séoul, je remarque que le look des femmes est moins travaillé, moins élégant oserais-je dire, qu’au Japon, où le souci du détail est impressionnant, où elles sont toutes hyper élégantes. Mais même ici, je me sens comme une extra-terrestre. Les regards sont plutôt bienveillants et curieux, toujours discrets. Mais n’empêche.

Mode de rue tokyoite

C’est marrant ce look de routarde, quand même. Entre nous, même sans le sac sur le dos, on se reconnaît. Comment? Quelques petits détails…

– Sarouel ou pantalon large resserré en bas acheté sur place, ambiance: démarche féline tout en se protégeant des moustiques à la nuit tombée.

– Débardeur, « T-shirt à bière » ou tunique ethnique acheté(e) sur place, ambiance: deux tailles de plus à force de l’essorer à la main.

Beer Lao

– Tongs ou sandales qui ont fait la guerre, ambiance: je fais tout mon voyage avec UNE paire de chaussures (plage, volcan, jungle tropicale compris).

– Sac ethnique bariolé, brodé, magnifique, acheté sur le marché, ambiance: je l’ai négocié des heures pour l’obtenir à 1€ de moins; oui, mais il est unique.

Sac hmong

– Pédicure colorée, bracelet de cheville, bagues d’orteil, mais dessous des pieds tout noir, ambiance: c’est tellement bon de sentir le sol sous tes pieds, quelle liberté, tu vois.

Pedicure routarde

– Bijoux ethniques, en bois, en noix de coco, en papier recyclé, ambiance: je fais marcher les petits commerces et en plus, je suis belle.

– Chignon en l’air, tresses, locks, et/ou chèche dans les cheveux, ambiance: négligée, mais de toute façon, avec l’humidité, je ressemble à un caniche.

– Bronzage zébré, marques du sac-à-dos, ambiance: la crème solaire, ça tient pas avec la chaleur et sur un bateau ou un scooter, tu peux pas tout le temps être à l’ombre.

– No make-up, ambiance : de toute façon, sur un visage luisant et suintant, ça tient pas non plus.

Backpackeuse

– Odeur de Super Insect 5 Ecran pour celles qui ne sont pas encore passé « de l’autre côté » ou de citronnelle/ et d’ail, ambiance: attends, je vais pas m’asperger de truc chimique pendant tout mon voyage alors qu’il suffit de se protéger des moustiques en mangeant de l’ail (testé pour vous…).

– Et pour couronner le tout, épilation aléatoire. (enfin, ça, c’est de l’observation, moi je suis irréprochable).

– En option, les tatouages, la bière à la main, la clope et plus si affinités.

– Ah oui, une autre option, c’est ce put@%$ de mini-short qui envahit la communauté des backpackeuses de tout poil. Je comprends que ça prenne moins de place dans le sac-à-dos, mais flûte à la fin, elles n’ont pas de mère, ces filles ou quoi???

Je suis en train de me résoudre à exterminer d’une façon ou d’une autre le mini-short. Qu’il disparaisse. C’est lui ou moi.On ne leur a jamais appris, à ces filles, qu’on ne sortait pas en culotte dans la rue?? Leurs fesses dépassent du « short », sans rire! Des décolletés de cul plongeants! Le nombre de bouts de fesses qui se baladent impunément à l’ombre des sacs-à-dos, c’est dingue…Bref. Hum. Fermons la parenthèse.

Gisele Budchen en backpackeuse…
Bon, ben la, ok.

 

A part les options, donc, c’est tout moi. « Babzou », quoi. Sauf qu’au Japon ou en Corée, tu passes carrément pour une marginale. Alors, j’essaye d’urbaniser un peu tout ça: legging sous les jupes et les robes, ceinture en cuir nouée au lieu de celle en noix de coco, je ressors mon maquillage, je ne marche plus pieds nus…J’ai envie de leur dire à tous ces gens, dans le métro, que d’habitude, promis, je ne m’habille pas en pyjama ni en Quechua tous les jours…

Et, je rêve de talons hauts, de top en soie et de mon Gérard. C’est dur d’être une femme, parfois.

Ethnique chic

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