Le  » Vortex de plastique », la « Soupe plastique », la « Grande zone d’ordures du Pacifique », le « Vortex d’ordures » ou le « 8ème continent ». « The Great Pacific Garbage Patch » ou GPGP en anglais. Bon, encore un truc dont je viens de découvrir l’existence. Et ce, grâce à notre visite au Musée Maritime de Busan, Corée du Sud.

De quoi s’agit-il? D’une énorme plaque de déchets de 700 000 km2 qui surnage dans les eaux du Pacifique Nord. Génial. Elle a été découverte pour la première fois en 1993 par l’océanographe américain Charles Moore. Depuis, sa taille a plus que doublé. Elle atteint aujourd’hui la surface de l’état du Texas. Les déchets qui la constituent sont à 80% d’origine terrestre, les 20% restants viennent des bateaux; ils sont tous regroupés dans cette « Grande plaque » par les courants du Pacifique.

En réalité, il y aurait deux grandes plaques, la « Plaque Est », entre Hawaï et les USA, et la « Plaque Ouest » entre Hawaï et le Japon.

Les deux plaques du Vortex de plastique
Musée maritime de Busan

Greenpeace a réalisé une animation pour montrer les mouvements des déchets depuis les cotes jusqu’à la « Soupe », c’est assez troublant:

Animation 

 

Selon Greenpeace, sur les 100 millions de tonnes de plastique produites chaque année, près de 10 % finissent dans les océans. Et 70 % des plastiques qui s’aventurent en mer coule tandis que le reste flotte, naviguant au gré des courants…

Collecte de déchets sur le « Vortex plastique »
Greenpeace

 

Assez logiquement, tous ces magnifiques plastiques et autres affreux déchets toxiques causent des dégats considérables sur l’environnement marin. Ils sont la cause directe de la mort de centaines de milliers d’animaux chaque année. Il sont mangés par les animaux marins comme les tortues qui les prennent pour des méduses, un de leur mets favoris. On trouve partout sur internet des photos d’oiseaux, de poissons ou de mammifères marins morts en ayant avalé des déchets plastiques.

Campagne de sensibilisation
« Vous, vous voyez la différence. Une tortue, non. »

Trombino plastique

 

Mais un élément qui m’a encore plus interpellée dans cette affaire, c’est la fausse représentation du « Vortex plastique » qu’en ont les gens qui en connaissent l’existence…celle d’une île, d’un ilôt de déchets, sur lequel les gens et les animaux peuvent  marcher s’échouer.Et surtout la déception qui va avec la découverte de la vérité: non seulement ce n’est pas ni une île, ni encore moins un « continent », mais en plus la « Grande Plaque de Déchets » n’est pas photogénique. Du tout. Tu prends une photo, et tu vois que dalle.

 

Le Vortex de plastique…invisible
Miriam Goldstein, SCRIPPS

Miriam Goldstein est doctorante et vulgarisatrice en océanographie. Sur le blog Deep Sea News, elle écrit beaucoup à ce sujet. Raconte comment les gens sont surpris lors de ses conférences lorsqu’elle montre les « photos » du Vortex, comme celle ci-dessus. Et déçus. A tel point qu’elle a peur que l’opinion publique se désintéresse du sujet, le minimise. Pas d’île de déchets, pas de spectaculaire, alors, à quoi bon s’y intéresser…Miriam Goldstein s’en inquiète:

So when I heard there was not one, but two upcoming graphic novels about the Great Pacific Garbage Patch, and that both depicted the patch as a giant floating island, I confess that I was a bit overcome with despair. I’ve spent so much time and communication energy trying to combat the misconception of the floating trash island. Why did these artists choose to portray it like that?

 » Alors quand j’entends qu’il n’y a pas un, mais deux BD qui vont sortir au sujet du Vortex de Plastique, et qu’ils le représentent tous les deux comme une géante île flottante, j’avoue que je désespère. J’ai passé tellement de temps et d’énergie à communiquer pour essayer de combattre cette mauvaise conception d’une île flottante de déchets. Pourquoi ces artistes ont-ils choisi de la dépeindre comme ça? »

 

Et comme le dit un des commentaires de l’article:

It’s a big enough problem as it is, and doesn’t need to be embellished to appear any worse.

« C’est déjà un assez gros problème comme ça, pas besoin d’en rajouter en l’embellissant. »

 

On ne voit rien, on peut continuer à faire comme si de rien était…

Pourtant, le problème est réel et il nous faut assumer nos responsabilités. Les déchets plastiques ne se dégradent pas. Alors, minimisons notre utilisation du plastique.

 

Pour aller plus loin:

Deep Sea News (eng.)

Greenpeace international (oui, sur le site France, ils en parlent à peine…)

National Geographic

– Des blog en parlent, dont celui-là:  Mygreenventure

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