Furoshiki, 風呂敷: technique traditionnelle japonaise d’emballage à l’aide d’un tissu.

Autrement dit: l’alternative toute trouvée à ce satané sac en plastique qui fait des dégâts sur terre, sur mer, sous mer, sous terre, omawé, hostel hostel au ouistiti…

Furoshiki Bin-zutsumi (pour une bouteille)

Je connaissais déjà avant mon premier voyage au Japon mais je suis bien triste de constater, voyage nippon après voyage nippon, que le plastique est beaucoup plus présent que le tissu pour emballer les objets. Alors que c’est tellement plus joli, artistique, recyclable, multi-usages, traditionnel, écolo…enfin, bref, je ne comprends pas pourquoi ils s’obstinent tous à te sortir des dizaines de sacs plastiques de toutes tailles pour emballer tes courses, ta nourriture, tes cartes postales, tes folies de shopping, …avec parfois un premier sac plastique qui protège l’objet dans un autre grand sac en papier de la marque, le tout dans un encore plus grand sac plastique transparent parce qu’il pleut, aujourd’hui, madame. Je ne te raconte pas leur tête quand je dégaine mon sac Monop’ vintage! (Je suis devenue très forte au jeu du qui-est-le-plus-rapide-sortir-le-sac.)

A l’origine, l’utilisation du furoshiki remonterait à l’époque Nara (710-794) mais on l’appelait alors hirazutsumi (平包) ou « ballot plié et plat ». Ils servaient à protéger les marchandises des commerçants ou à emballer des cadeaux. Mais son usage moderne et son nom actuel proviennent de la prospère période Edo (1603-1868). A cette époque, les gens emballaient leurs vêtements mouillés dans un furoshiki, étalé par terre pour le nouer, après être allé au sento ou onsen (les bains publics japonais). Le mot « furoshiki » signifie en effet « étaler au bain » (風呂 bain et 敷く étaler). Le tissu était alors uni et orné du kamon (blason) du clan ou de la famille; l’usage, d’abord réservé aux nobles, s’est ensuite répandu à toute la population et à tous les objets du quotidien.

Aujourd’hui, il est assez peu utilisé, même si on peut lire partout qu’il y aurait un « nouvel engouement écologique » pour le furoshiki. On n’en voit pas beaucoup dans la rue…Il sert surtout d’emballage sophistiqué et symbolique pour les cadeaux, la discrétion japonaise imposant de ne pas gêner le destinataire du dit-cadeau: ainsi emballé, on ne peut deviner ce qu’il contient. Il est d’usage de ne pas dénouer un furoshiki devant la personne qui offre le cadeau.

Multi-usage!!

Pourtant, avec le récent élan (très poussif tout de même) de l’écologie japonaise depuis le 11-mars-2011, ce serait bien un élément sur lequel parier, non? Sur place et à l’exportation! Une idée typiquement japonaise et écologique…en Europe, et en France surtout, avec la nipponmania, ça ferait un carton! Ça existe déjà, bien sûr, mais ce n’est pas vraiment développé, me trompe-je?

Bref, je sens que je vais devenir dingue de furoshiki, mais y’a encore du boulot…parce qu’évidemment, c’est tout un art.

– Il existe des dizaines de techniques différentes pour nouer le tissu en fonction de l’objet à emballer et de la façon dont tu veux le porter.

Le Ministère de l’Environnement japonais a tout de même mis en ligne une notice d’utilisation du furoshiki en anglais, s’il-vous-plaît, mesdames et messieurs:

Techniques de nouages de Furoshiki (Si tu cliques, magie, ça devient plus grand!)

Une petite remarque qui ne déplaît pas à la sage-femme que je suis: les noms des techniques, par exemple « Hon tsutsumi » pour les livres, utilisent le mot verbal « tsutsumi », 包む (   つつむ)signifiant emballer,envelopper. Mais le kanji 包 représente un bébé dans le sein de sa mère. L’image même de la protection, physique (pour ne pas « abîmer » l' »objet ») et émotionnelle. C’est donc beaucoup plus qu’un emballage, pour les japonais.

– Par ailleurs, il existe un code couleur, chaque couleur étant symbolique d’un évènement particulier; très important quand le furoshiki est utilisé pour offrir un cadeau.

Violet, couleur noble, pour les cérémonies
Rose pastel, pour les fêtes de printemps et les mariages
Indigo foncé ,couleur très populaire, pour l’été  et aussi pour les funérailles
Matcha, couleur du thé vert, correspond au Wabi-Sabi (l’impermanence des choses)
Rouge, pour des félicitations ou exprimer sa volonté de protection.

– Il existe aussi un code pour les motifs présents sur le tissu

La feuille de Lin porte bonheur (elles grandissent rapidement)
Les rayures verticales représentent la vie éternelle
La Peau de Requin, pour l`Aristocratie guerrière
Les  7  trésors portent bonheur
Les Arabesques apportent longévité et prospérité, etc…

Furoshiki

 

– Enfin ce qui concerne la matière:

Pour les cadeaux, on utilise traditionnellement de la soie, mais aussi du satin, du crêpe de polyester ou de rayonne, du voile de coton, etc. L’idéal étant d’avoir un furoshiki  réversible bicolore qui permet de jouer sur l’envers et l’endroit pour un rendu très esthétique.

Pour le portage au quotidien, on préfèrera le coton, plus résistant, mais on peut aussi prendre du synthétique, du lin ou du satin de polyester pour varier les effets. Tant qu’à faire, je préfère  le coton bio.

 

Donc, comme j’ai envie de développer tout ça, je vais me renseigner davantage pour être plus précise et je reviens…

Merci au blog de Sophie Créations et au site L’Atelier du Furoshiki.

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