Depuis une semaine au Cambodge, j’ai enfin compris pourquoi Virginie veut que je lui ramène des kramas: c’est magnifique!!

Oui, je sais, je deviens une dingue de textiles…mais comment faire autrement en voyant ces chouettes objets multifonctions?  Le Krama est le foulard traditionnel khmer à damiers, tissé de façon artisanale et en pur coton. On en trouve sur les marchés, de deux tailles: le grand fait environ 150 x 90 cm et le petit 130 x 40 cm.

Les cambodgiens l’utilisent partout, tout le temps, pour tout. Il fait partie intégrante de l’identité khmère, à tel point que les Khmers Rouges obligeaient la population à les porter entre 1975 et 1978. La solidité du coton du krama a permis de l’utiliser dans des conditions moins joyeuses, comme bander les yeux ou attacher les victimes. Les habitants ayant connu cette époque ont souvent une interprétation très précise du krama  rouge et blanc. Encore aujourd’hui, le porter est assimilé à un acte politique à Phnom Penh.

Khmers Rouges portant le Krama

Pourtant, malgré ce sombre épisode, le krama est resté un objet très populaire. La tradition veut que chaque khmer en possède un, en prenne soin, et le porte jusqu’à…ce que ça ne soit plus possible (la définition variant selon les sensibilités personnelles!). Il est intéressant de noter que le krama est porté par toutes les couches de la population, en ville comme à la campagne. Il peut simplement être en soie lors des occasions spéciales.

Petit florilège d’utilisations, observées ou glanées sur le net:

-En guise de vêtement:

  • Comme short quand il est noué autour de la taille et ramené entre les jambes:

Krama-détente, quand noué auteur des reins et ramené entre les jambes, il sert de short pour une partie de volley ball, jusqu’à ce que, à l’occasion d’un ” smash ” particulièrement énergique, il commence à tomber, soulevant ainsi des vagues de rires et de ces plaisanteries légèrement grivoises qu’affectionnent les khmers. Voyageur sans bagage.

  • Comme sarong, pagne, jupe.
  • Comme ceinture.
  • Comme foulard autour du cou, pratique en cas de « climite » (manie de mettre la clim à 16°):

– En protection:

  • Comme tablier
  • Sur la tête ou le visage, pour se protéger du soleil, de la pluie, de la poussière, de la pollution en mobylette ou en tuk-tuk,

  • Pour se protéger des moustiques, qui accessoirement causent une belle épidémie de dengue à Siem Reap en ce moment.
  • Pour chasser les mouches du stand de viande dans les marchés.

– Pour les enfants:

  • Pour essuyer le bébé à la naissance, ce sera son premier krama…

Krama-espoirquand il sert à essuyer le nouveau-né encore tout humide des eaux de la délivrance. Voyageur sans bagage

  • Comme couche pour les bébés.
  • Comme lange, tissu d’emmaillotage:

  • Comme berceau, en hamac.
  • Comme épuisette pour aller à la pêche (et ça fonctionne!)
  • Comme serviette après s’être baigné à poil dans la rivière!
  • Comme accessoire de jeu:

Jouer au Cha-ol Chong:
Traditionnellement, on joue en 2 camps distincts, filles contre garçons. Rouler en boule le krama en laissant dépasser une queue. En prenant le Krama par la queue, les garçons lancent la boule haut dans le ciel en direction du camp adverse. Les filles doivent récupérer le Krama avant qu’il ne touche le sol. Après l’avoir rattrapé, elle doit le jeter en touchant un garçon. Si le garçon est touché, il doit aller du côté des filles pour leur chanter une chanson. A la mi-temps, il faut changer les équipes qui lancent et chantent. Kambody.com

– Et, de façon très variée:

  • Comme hamac, objet que l’on peut voir partout; mes préférés sont ceux qui sont installés dans les tuk-tuks!
  • Pour s’éponger le front après une bonne suée sous le soleil de plomb,
  • Comme…furoshiki! pour transporter bouteilles, fruits du marché, charbon,…
  • Pour boucher le trou de crevaison d’une roue en attendant l'(éventuelle) réparation
  • Comme aide pour grimper en haut des cocotiers
  • Comme nappe
  • Comme écharpe de bras cassé

  • Dans le même lot:
  • Krama-brancard, quand plusieurs de ces kramas, reliés les uns aux autres et attachés à une longue perche ou à un bambou, permettent de porter un blessé, un malade, une femme en couche. Voyageur sans bagage
  • Comme chiffon, serpillère en bout de course.

Bien évidemment, le krama a été très vite adopté par le clan des routards et pour cause: un tissu pour tout faire = rendement poids-utilité parfait pour un backpacker! Alors si en plus, c’est joli…Que demande le peuple?

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincu, Brad-the-ultime le porte, alors:

Sinon, pour rester dans l’actualité, j’ai trouvé ça:

Et pour finir, un site américain qui rend le krama hyper fashion-tendance-groovy-gangnam-style: Good Krama

Faites vos commandes, y’a encore (un peu) de place dans le sac à dos…

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