De ouate? Mottainai! ou 勿体無い! ou もったいない!  en japonais, signifie « Quel gâchis! ».

Super Mottainai!

 

Mais Mottainai ne représente pas seulement l’ignoble gâchis alimentaire. Mottanai est un état d’esprit empreint d‘humilité, de respect, de gratitude et de regret devant des ressources ou du temps gaspillés. Oui, tout ça dans un seul mot…la langue japonaise m’étonnera toujours. Les japonais l’utilisent comme exclamation pour déplorer un gâchis alimentaire, matériel, mais aussi une perte de temps ou des compétences mal exploitées. C’est une notion profondément intégrée dans la culture nippone, à tous les niveaux de vie.

Pour mieux comprendre cette notion, plusieurs exemples:

– Morita, co-fondateur de Sony, raconte dans son autobiographie qu' »un des ses amis » habitant New York, ne s’est jamais résolu à jeter les 50 suppléments de week-end du New York Times (50??? mais pour quoi faire???); il accumulait donc des kilos de papier, semaine après semaine, dans son appartement, pour ne pas gâcher…Très Mottainai.

– Les japonais sont très forts pour optimiser l’espace, qui leur manque cruellement. Rappelons que, de tout notre voyage, c’est le seul endroit où nous avons eu la chance d’occuper des chambres « semi-doubles » ou « presque-doubles » (sic). Mais les chambres d’hotel sont tellement bien organisées, tout est tellement bien pensé, que le manque d’espace ne se fait finalement pas (trop) sentir. Optimisation de l’espace, Mottainai.

– Il est par exemple impensable, ou en tous cas très mal vu, de se reconvertir dans une voie moins lucrative que celle pour laquelle on a fait des études: typiquement, le jeune qui a fait sont école de commerce réputée (pour plaire à sa mère et à la société) et qui « plaque tout » pour ouvrir son restau de « ramen », c’est super Mottainai…

Mais au-delà de ça, le concept de Mottainai peut expliquer plus largement l’esthétique japonaise, connue pour être si épurée. L’idée de ne pas gaspiller de la matière, d’économiser la matière, d’optimiser les geste. On retrouve ces notions dans:

– l’art de la calligraphie, où chaque trait est mûrement préparé.

– la poésie japonaise, le Haïku: comment tout dire ou plutôt tout suggérer en seulement 17 mores (More: découpe plus fine que les syllabes; l’exemple le plus simple est le mot « nippon »: 2 syllabes mais 4 mores: ni-p-po-n.)

« Avec chaque souffle
le papillon se déplace
sur le saule. » Bashô

– l’art en général: ils résument l’oeuvre à son noyau le plus élémentaire. Se débarrasser du superflu. Mottainai.

Le concept a fortement inspiré le Pr. Wangari Maathai (1940-2011), cette femme kenyane, fondatrice du parti écolo au Kenya et récompensée par le Prix Nobel de la Paix en 2004. Son livre, « Unbowed » ou « Celle qui plante des arbres » raconte comment elle s’est battu contre la déforestation dans son pays (jusqu’à en être emprisonnée). Invitée en 2005 à Kyoto, lors du rassemblement pour le « protocole de Kyoto », elle a découvert l’existence de ce mot japonais et de tout ce qu’il sous-entend et a décidé d’en faire un leitmotiv dans son engagement écologique.

Le site de la « Mottanai Campaign » est . Je l’avais découvert parce qu’ils vendent…des furoshiki, oui, oui!!

Wangari Maathai plante un arbre à Nagakute au Japon…pas besoin de le dire, les peluches « kawai » nous auront aidés à deviner!

Mottainai, c’est aussi le 3R: Reduce, Reuse, Recycle, soit: Réduire, Réutiliser, Recycler.

Un principe dont nous pouvons tous nous inspirer…

Merci au site Kichigai (« fou » en japonais!)

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