Mottainai! 勿体無い!

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De ouate? Mottainai! ou 勿体無い! ou もったいない!  en japonais, signifie « Quel gâchis! ».

Super Mottainai!

 

Mais Mottainai ne représente pas seulement l’ignoble gâchis alimentaire. Mottanai est un état d’esprit empreint d‘humilité, de respect, de gratitude et de regret devant des ressources ou du temps gaspillés. Oui, tout ça dans un seul mot…la langue japonaise m’étonnera toujours. Les japonais l’utilisent comme exclamation pour déplorer un gâchis alimentaire, matériel, mais aussi une perte de temps ou des compétences mal exploitées. C’est une notion profondément intégrée dans la culture nippone, à tous les niveaux de vie.

Pour mieux comprendre cette notion, plusieurs exemples:

– Morita, co-fondateur de Sony, raconte dans son autobiographie qu' »un des ses amis » habitant New York, ne s’est jamais résolu à jeter les 50 suppléments de week-end du New York Times (50??? mais pour quoi faire???); il accumulait donc des kilos de papier, semaine après semaine, dans son appartement, pour ne pas gâcher…Très Mottainai.

– Les japonais sont très forts pour optimiser l’espace, qui leur manque cruellement. Rappelons que, de tout notre voyage, c’est le seul endroit où nous avons eu la chance d’occuper des chambres « semi-doubles » ou « presque-doubles » (sic). Mais les chambres d’hotel sont tellement bien organisées, tout est tellement bien pensé, que le manque d’espace ne se fait finalement pas (trop) sentir. Optimisation de l’espace, Mottainai.

– Il est par exemple impensable, ou en tous cas très mal vu, de se reconvertir dans une voie moins lucrative que celle pour laquelle on a fait des études: typiquement, le jeune qui a fait sont école de commerce réputée (pour plaire à sa mère et à la société) et qui « plaque tout » pour ouvrir son restau de « ramen », c’est super Mottainai…

Mais au-delà de ça, le concept de Mottainai peut expliquer plus largement l’esthétique japonaise, connue pour être si épurée. L’idée de ne pas gaspiller de la matière, d’économiser la matière, d’optimiser les geste. On retrouve ces notions dans:

– l’art de la calligraphie, où chaque trait est mûrement préparé.

– la poésie japonaise, le Haïku: comment tout dire ou plutôt tout suggérer en seulement 17 mores (More: découpe plus fine que les syllabes; l’exemple le plus simple est le mot « nippon »: 2 syllabes mais 4 mores: ni-p-po-n.)

« Avec chaque souffle
le papillon se déplace
sur le saule. » Bashô

– l’art en général: ils résument l’oeuvre à son noyau le plus élémentaire. Se débarrasser du superflu. Mottainai.

Le concept a fortement inspiré le Pr. Wangari Maathai (1940-2011), cette femme kenyane, fondatrice du parti écolo au Kenya et récompensée par le Prix Nobel de la Paix en 2004. Son livre, « Unbowed » ou « Celle qui plante des arbres » raconte comment elle s’est battu contre la déforestation dans son pays (jusqu’à en être emprisonnée). Invitée en 2005 à Kyoto, lors du rassemblement pour le « protocole de Kyoto », elle a découvert l’existence de ce mot japonais et de tout ce qu’il sous-entend et a décidé d’en faire un leitmotiv dans son engagement écologique.

Le site de la « Mottanai Campaign » est . Je l’avais découvert parce qu’ils vendent…des furoshiki, oui, oui!!

Wangari Maathai plante un arbre à Nagakute au Japon…pas besoin de le dire, les peluches « kawai » nous auront aidés à deviner!

Mottainai, c’est aussi le 3R: Reduce, Reuse, Recycle, soit: Réduire, Réutiliser, Recycler.

Un principe dont nous pouvons tous nous inspirer…

Merci au site Kichigai (« fou » en japonais!)

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Viscose de bambou: l’arnaque écologique

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Rooh, la déception. Comme beaucoup, je pensais que la viscose de bambou, c’était chouette et écolo. Ben nan. C’est la manipulation du consommateur.

Pourquoi l’étiquette séduit-elle, au départ? Parce que le bambou est vendu comme une plante hyper écolo:

Cultivé sans engrais ni pesticide, il absorbe une grande quantité de gaz à effet de serre, produit davantage d’oxygène qu’un  arbre et réclame quatre fois moins d’eau qu’une culture de coton traditionnelle. Par ailleurs, ses racines, profondes empêchent l’érosion du sol. Cerise économique sur le gâteau : la plante pousse très vite, jusqu’à un mètre par jour. Julia Tissier, Libération, 2008.

Ca en jette, vu comme ça. A bas le coton, vive le bambou; reviendez, les norang-utans, on arrête de déforester, on va juste nettoyer les bambouseraies. Voui, donc problème numéro uno: ce ne sont plus les orang-utans qu’on affame, ce sont les pandas. Tout est question de savoir lequel tu préfères, en fait.

 

En raison de la déforestation, la moitié des espèces de bambous est déjà considérée comme menacée à travers le monde. Le Monde 12/11/2012.

L’article rajoute qu’en plus des élagages de bambous, le réchauffement climatique va probablement entraîner une disparition d’au moins 3 espèces de bambou, très sensibles aux conditions climatiques. Pas de bol, il s’agit des 3 espèces dont se nourrit principalement nos amis les pandas-tout-mignons.

Bon, donc tuer des bambous, ça n’a pas l’air terrible. Sauf si on le fait dans des bambouseraies contrôlées; or, la plupart des fibres de bambous utilisées dans l’industrie textile notamment est issue de déforestation illégale de bambouseraies sauvages. Ben voyons.

Pour en rajouter, la viscose de bambou est bien sûr fabriquée à partir de bambou. Mais c’est une fibre transformée chimiquement. Avec des tas de produits toxiques extrêmement polluants:

Procédé de fabrication de la viscose de bambou:

La matière première utilisée est la cellulose présente dans la pulpe des végétaux: on peut utiliser celle de l’eucalyptus, .

1.    Elle est dissoute dans de la soude caustique afin de faire gonfler la cellulose et écarter les fibres.

2.    Le liquide en excès est éliminé par pressage.

3.    La cellulose est ensuite dépolymérisée.

4.    On ajoute du disulfure de carbone (CS2) pour que la cellulose devienne soluble: la cellulose se transforme en xanthate de cellulose.

5.    Elle est ensuite dissoute dans de l’hydroxyde de sodium dilué afin d’obtenir un liquide visqueux appelé viscose.

6.    La viscose est ensuite filtrée puis extrudée à travers une filière (c’est une plaque percée de trous minuscules) et amenée dans un bain contenant de l’acide sulfurique (H2SO4) : elle forme alors des fils continus.

Or, le disulfure de carbone est une horreur:

Le solvant utilisé est le disulfure de carbone, un produit chimique très toxique
connu pour ses risques de perturbation sur la reproduction humaine. Il peut compromettre la santé des ouvriers dans les usines et est une source de pollution pour l’air et l’eau. Moins de la moitié de ce solvant est récupéré par les usines fabriquant de la viscose, ce qui implique que l’autre moitié est rejetée dans la nature. Patagonia

Voilà, en résumé, la viscose de bambou, qui est tout simplement une viscose tout court, ça paraît bien mais en réalité, c’est-le-mal.

Alos, quelle est l’alternative? Une seule aujourd’hui: le lyocell, commercialisé sous plusieurs noms dont la plus connue: Tencel*. Là, c’est du bambou, mais on ne coupe pas le bambou, on le pèle seulement. Tencel* assure utiliser uniquement des bambous de plantation (pas de déforestation ou enfin, plus maintenant que les plantations sont faites) et la fabrication du lyocell se fait à partir d’un solvant organique non toxique qui est, attention mesdames-z-et-messieurs, réutilisé à 98% à chaque cycle de fabrication!

La production de fibres lyocell s’effectue en circuit quasi-fermé [Figure 4]. Les fibres sont fabriquées à partir d’un mélange de pulpe de bois dissout dans le solvant NMMO à haute température. La solution visqueuse obtenue est filtrée et extrudée par des filières dans un bain de filage aqueux. La cellulose précipite et émerge sous forme de fibres. Ces dernières sont lavées, séchées et enroulées. Le solvant est récupéré dans le bac de rinçage. L’eau est recyclée par distillation (évaporation) des bains de filage et de rinçage. Le solvant est récupéré à plus de 97%. Les très faibles émissions résiduelles sont décomposées dans des installations de purification adaptées. La récupération quasi-complète du solvant représente donc un avantage majeur tant environnemental qu’économique. Mémoire d’école d’ingé 2009.

Et en plus, c’est tout doux aussi…

En dehors du lin, de la laine et du chanvre, ces fibres textiles naturelles et écologiques, d’autres fibres textiles se développent et on risque d’avoir bientôt le choix de ne plus acheter du coton ou de la viscose (sans parler de ces fibres synthétiques issues du pétrole, bierk):

– le Seacell: mélange de lyocell et d’algue

– le Hempcel: mélange de lyocell et de chanvre, autre fibre naturelle écolo.

– le Lenpur: viscose (donc pas terrible) mais à partir de pulpe de pin blanc élagués et non coupés.

– l’ortie: une fibre textile a été fabriquée il y a quelques temps, encore peu développée. Pourtant, en tant que plante vivace, elle ne nécessite aucun polluant…et pas d’engrais, comme on peut s’en douter quand on voit à quelle vitesse elle pousse dans nos jardins!

Seacell

Bref, y’a le choix, alors, faisons le bon.

Et pourtant, nombre de marques dites « bio » ou « écolo » vendent des produits à base de viscose de bambou. C’est vrai dans la mode, mais ça l’est aussi dans la puériculture où le bio se développe à la vitesse de la lumière. Attention donc, la viscose de bambou toute douce et si choupinette, souviens-toi qu’elle tue les pandas et qu’elle est fabriquée avec de la chimie toxique. C’est dit.

Donc, en résumé: non à la viscose (même de bambou), oui au lyocell!

Quelle taille pour quel Furoshiki?

Un commentaire

C’est fou comme un sujet qui m’intriguait déjà il y a de ça plusieurs années peut resurgir avec autant d’intérêt aujourd’hui.

Plusieurs questions précises me sont venues en réfléchissant au furoshiki et l’une d’elles, la voici, la voilà:

Comment sait-on quelle taille utiliser pour emballer un objet déterminé? 

Parce que des tissus de furoshiki, j’en ai vu des tonnes qui m’ont donné envie de tout acheter, mais encore faut-il pouvoir s’en servir après, hein.

Et pas facile d’avoir des infos précises d’ici; en fait, si, elles sont surement très précises, mais mes quelques mots de japonais ne me permettent pas de tout comprendre…Donc, j’ai récupéré des documents sur le net et je me suis amusée à les traduire; en plus ça me fait bosser mon japonais. D’une pierre, blabla…

Mesures de furoshiki

Donc, d’abord comme on le remarque sur le schéma ci-dessus, le tissu en question est carré. C’est très important, sinon l’emballage est impossible ou disgrâcieux. Toutes les techniques de nouage sont faites pour des tissus dont les côtés ont la même taille (un carré, quoi).

Les mesures des furoshiki sont précises et ont chacune un nom…La taille en centimètres donnée est celle du côté.

– 中巾 (chû haba): « largeur moyenne » = 45cm. C’est effectivement la taille que l’on rencontre le plus facilement dans les magasins.

Utilisation: « petit sac à main »

Furoshiki de 45 cm

– 尺三巾 (shaku mi haba): « largeur de 3 shaku » (le shaku semble être la mesure entre le pouce et le majeur)= 50cm
尺四巾 (shaku yo haba): « largeur de 4 shaku » = 53cm

Utilisation: pour transporter les « bentô »

Furoshiki de 50cm pour emballer les bentô

– 二巾 (Futahaba), « deux largeurs » = 68cm

Utilisation : pour emballer les pâtisseries (cadeau très prisé au Japon), une bouteille de vin (sic), etc

Exemples de bin-tsutsumi, furoshiki pour bouteilles

– 二尺巾 (Nishakuhaba): « deux shaku de largeur » (le shaku semble aussi être une mesure de plus de 30 cm)= 75cm

Utilisation: là encore, pour les pâtisseries ou les « cadeaux« , etc

– 二四巾 (Nishihaba): « 24 largeurs »= 90cm

Utilisation: pour une bouteille de 1 « ishô » (ancienne mesure japonaise qui correspond à 1,8l) ou 2 bouteilles de vin (assez logiquement) ou comme sac à main plus grand,etc

Facile à porter!

– 三巾  (mihaba): « 3 largeurs » = 105cm

Utilisation: comme sac à main ou comme nappe

Sac à main avec un furoshiki de 105cm

– 四巾 (yo haba): « 4 largeurs » = 130cm

Utilisation: pour 2 « zabuton« , ces coussins rectangulaires ou carrés japonais, utilisés pour s’asseoir ou s’agenouiller ou comme nappe

Furoshiki pour zabuton

– 五巾 (itsu haba): « 5 largeurs » = 175cm

Utilisation: pour 5 « zabuton » ou pour le dessus d’un « kotatsu« , cette merveilleuse découverte que j’ai faite grâce à un pote couchsurfer: il s’agit d’une table entourée d’une sorte de couverture chauffante…j’en rêve pour ma nouvelle maison (on peut bien rêver, non?)

Kotatsuuuu

 

– 六巾 (roku haba): « 6 largeurs » = 195cm

Utilisation: pour un futon ou une couverture de deux « jo » (le « jo » est la taille d’un tatami, qui sert à mesurer la surface des pièces également, il correspond à 91 cm x 182 cm soit 1,6562 m2)

Futon d’une personne

 

– 七巾 (nana haba): « 7 largeurs » = 230cm

Utilisation: pour un futon « familial ».

Pratique pour trimballer ton futon, non?

 

Pfiou…je comprends pourquoi j’ai rien compris à ce qu’elle me racontait, la dame du magasin!!

 

Source:

http://www.furoshiki-oroshi.info/product/furoshiki01.html

A mort le sac plastique! Vive le furoshiki!

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Furoshiki, 風呂敷: technique traditionnelle japonaise d’emballage à l’aide d’un tissu.

Autrement dit: l’alternative toute trouvée à ce satané sac en plastique qui fait des dégâts sur terre, sur mer, sous mer, sous terre, omawé, hostel hostel au ouistiti…

Furoshiki Bin-zutsumi (pour une bouteille)

Je connaissais déjà avant mon premier voyage au Japon mais je suis bien triste de constater, voyage nippon après voyage nippon, que le plastique est beaucoup plus présent que le tissu pour emballer les objets. Alors que c’est tellement plus joli, artistique, recyclable, multi-usages, traditionnel, écolo…enfin, bref, je ne comprends pas pourquoi ils s’obstinent tous à te sortir des dizaines de sacs plastiques de toutes tailles pour emballer tes courses, ta nourriture, tes cartes postales, tes folies de shopping, …avec parfois un premier sac plastique qui protège l’objet dans un autre grand sac en papier de la marque, le tout dans un encore plus grand sac plastique transparent parce qu’il pleut, aujourd’hui, madame. Je ne te raconte pas leur tête quand je dégaine mon sac Monop’ vintage! (Je suis devenue très forte au jeu du qui-est-le-plus-rapide-sortir-le-sac.)

A l’origine, l’utilisation du furoshiki remonterait à l’époque Nara (710-794) mais on l’appelait alors hirazutsumi (平包) ou « ballot plié et plat ». Ils servaient à protéger les marchandises des commerçants ou à emballer des cadeaux. Mais son usage moderne et son nom actuel proviennent de la prospère période Edo (1603-1868). A cette époque, les gens emballaient leurs vêtements mouillés dans un furoshiki, étalé par terre pour le nouer, après être allé au sento ou onsen (les bains publics japonais). Le mot « furoshiki » signifie en effet « étaler au bain » (風呂 bain et 敷く étaler). Le tissu était alors uni et orné du kamon (blason) du clan ou de la famille; l’usage, d’abord réservé aux nobles, s’est ensuite répandu à toute la population et à tous les objets du quotidien.

Aujourd’hui, il est assez peu utilisé, même si on peut lire partout qu’il y aurait un « nouvel engouement écologique » pour le furoshiki. On n’en voit pas beaucoup dans la rue…Il sert surtout d’emballage sophistiqué et symbolique pour les cadeaux, la discrétion japonaise imposant de ne pas gêner le destinataire du dit-cadeau: ainsi emballé, on ne peut deviner ce qu’il contient. Il est d’usage de ne pas dénouer un furoshiki devant la personne qui offre le cadeau.

Multi-usage!!

Pourtant, avec le récent élan (très poussif tout de même) de l’écologie japonaise depuis le 11-mars-2011, ce serait bien un élément sur lequel parier, non? Sur place et à l’exportation! Une idée typiquement japonaise et écologique…en Europe, et en France surtout, avec la nipponmania, ça ferait un carton! Ça existe déjà, bien sûr, mais ce n’est pas vraiment développé, me trompe-je?

Bref, je sens que je vais devenir dingue de furoshiki, mais y’a encore du boulot…parce qu’évidemment, c’est tout un art.

– Il existe des dizaines de techniques différentes pour nouer le tissu en fonction de l’objet à emballer et de la façon dont tu veux le porter.

Le Ministère de l’Environnement japonais a tout de même mis en ligne une notice d’utilisation du furoshiki en anglais, s’il-vous-plaît, mesdames et messieurs:

Techniques de nouages de Furoshiki (Si tu cliques, magie, ça devient plus grand!)

Une petite remarque qui ne déplaît pas à la sage-femme que je suis: les noms des techniques, par exemple « Hon tsutsumi » pour les livres, utilisent le mot verbal « tsutsumi », 包む (   つつむ)signifiant emballer,envelopper. Mais le kanji 包 représente un bébé dans le sein de sa mère. L’image même de la protection, physique (pour ne pas « abîmer » l' »objet ») et émotionnelle. C’est donc beaucoup plus qu’un emballage, pour les japonais.

– Par ailleurs, il existe un code couleur, chaque couleur étant symbolique d’un évènement particulier; très important quand le furoshiki est utilisé pour offrir un cadeau.

Violet, couleur noble, pour les cérémonies
Rose pastel, pour les fêtes de printemps et les mariages
Indigo foncé ,couleur très populaire, pour l’été  et aussi pour les funérailles
Matcha, couleur du thé vert, correspond au Wabi-Sabi (l’impermanence des choses)
Rouge, pour des félicitations ou exprimer sa volonté de protection.

– Il existe aussi un code pour les motifs présents sur le tissu

La feuille de Lin porte bonheur (elles grandissent rapidement)
Les rayures verticales représentent la vie éternelle
La Peau de Requin, pour l`Aristocratie guerrière
Les  7  trésors portent bonheur
Les Arabesques apportent longévité et prospérité, etc…

Furoshiki

 

– Enfin ce qui concerne la matière:

Pour les cadeaux, on utilise traditionnellement de la soie, mais aussi du satin, du crêpe de polyester ou de rayonne, du voile de coton, etc. L’idéal étant d’avoir un furoshiki  réversible bicolore qui permet de jouer sur l’envers et l’endroit pour un rendu très esthétique.

Pour le portage au quotidien, on préfèrera le coton, plus résistant, mais on peut aussi prendre du synthétique, du lin ou du satin de polyester pour varier les effets. Tant qu’à faire, je préfère  le coton bio.

 

Donc, comme j’ai envie de développer tout ça, je vais me renseigner davantage pour être plus précise et je reviens…

Merci au blog de Sophie Créations et au site L’Atelier du Furoshiki.

La photogénie du Vortex plastique

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Le  » Vortex de plastique », la « Soupe plastique », la « Grande zone d’ordures du Pacifique », le « Vortex d’ordures » ou le « 8ème continent ». « The Great Pacific Garbage Patch » ou GPGP en anglais. Bon, encore un truc dont je viens de découvrir l’existence. Et ce, grâce à notre visite au Musée Maritime de Busan, Corée du Sud.

De quoi s’agit-il? D’une énorme plaque de déchets de 700 000 km2 qui surnage dans les eaux du Pacifique Nord. Génial. Elle a été découverte pour la première fois en 1993 par l’océanographe américain Charles Moore. Depuis, sa taille a plus que doublé. Elle atteint aujourd’hui la surface de l’état du Texas. Les déchets qui la constituent sont à 80% d’origine terrestre, les 20% restants viennent des bateaux; ils sont tous regroupés dans cette « Grande plaque » par les courants du Pacifique.

En réalité, il y aurait deux grandes plaques, la « Plaque Est », entre Hawaï et les USA, et la « Plaque Ouest » entre Hawaï et le Japon.

Les deux plaques du Vortex de plastique
Musée maritime de Busan

Greenpeace a réalisé une animation pour montrer les mouvements des déchets depuis les cotes jusqu’à la « Soupe », c’est assez troublant:

Animation 

 

Selon Greenpeace, sur les 100 millions de tonnes de plastique produites chaque année, près de 10 % finissent dans les océans. Et 70 % des plastiques qui s’aventurent en mer coule tandis que le reste flotte, naviguant au gré des courants…

Collecte de déchets sur le « Vortex plastique »
Greenpeace

 

Assez logiquement, tous ces magnifiques plastiques et autres affreux déchets toxiques causent des dégats considérables sur l’environnement marin. Ils sont la cause directe de la mort de centaines de milliers d’animaux chaque année. Il sont mangés par les animaux marins comme les tortues qui les prennent pour des méduses, un de leur mets favoris. On trouve partout sur internet des photos d’oiseaux, de poissons ou de mammifères marins morts en ayant avalé des déchets plastiques.

Campagne de sensibilisation
« Vous, vous voyez la différence. Une tortue, non. »

Trombino plastique

 

Mais un élément qui m’a encore plus interpellée dans cette affaire, c’est la fausse représentation du « Vortex plastique » qu’en ont les gens qui en connaissent l’existence…celle d’une île, d’un ilôt de déchets, sur lequel les gens et les animaux peuvent  marcher s’échouer.Et surtout la déception qui va avec la découverte de la vérité: non seulement ce n’est pas ni une île, ni encore moins un « continent », mais en plus la « Grande Plaque de Déchets » n’est pas photogénique. Du tout. Tu prends une photo, et tu vois que dalle.

 

Le Vortex de plastique…invisible
Miriam Goldstein, SCRIPPS

Miriam Goldstein est doctorante et vulgarisatrice en océanographie. Sur le blog Deep Sea News, elle écrit beaucoup à ce sujet. Raconte comment les gens sont surpris lors de ses conférences lorsqu’elle montre les « photos » du Vortex, comme celle ci-dessus. Et déçus. A tel point qu’elle a peur que l’opinion publique se désintéresse du sujet, le minimise. Pas d’île de déchets, pas de spectaculaire, alors, à quoi bon s’y intéresser…Miriam Goldstein s’en inquiète:

So when I heard there was not one, but two upcoming graphic novels about the Great Pacific Garbage Patch, and that both depicted the patch as a giant floating island, I confess that I was a bit overcome with despair. I’ve spent so much time and communication energy trying to combat the misconception of the floating trash island. Why did these artists choose to portray it like that?

 » Alors quand j’entends qu’il n’y a pas un, mais deux BD qui vont sortir au sujet du Vortex de Plastique, et qu’ils le représentent tous les deux comme une géante île flottante, j’avoue que je désespère. J’ai passé tellement de temps et d’énergie à communiquer pour essayer de combattre cette mauvaise conception d’une île flottante de déchets. Pourquoi ces artistes ont-ils choisi de la dépeindre comme ça? »

 

Et comme le dit un des commentaires de l’article:

It’s a big enough problem as it is, and doesn’t need to be embellished to appear any worse.

« C’est déjà un assez gros problème comme ça, pas besoin d’en rajouter en l’embellissant. »

 

On ne voit rien, on peut continuer à faire comme si de rien était…

Pourtant, le problème est réel et il nous faut assumer nos responsabilités. Les déchets plastiques ne se dégradent pas. Alors, minimisons notre utilisation du plastique.

 

Pour aller plus loin:

Deep Sea News (eng.)

Greenpeace international (oui, sur le site France, ils en parlent à peine…)

National Geographic

– Des blog en parlent, dont celui-là:  Mygreenventure

Poopoo papier pour faire la paix

Un commentaire

 

Pour prolonger ma réflexion sur le conflit humain-éléphant au Sri Lanka, je me suis davantage renseignée sur une initiative diablement géniale: fabriquer du papier en crotte d’éléphant. Fallait y penser.

Et c’est une idée drôlement intéressante quand on sait qu’un éléphant produit 50 kg de crottes par jour et qu’il y avait environ 6000 éléphants recensés en 2011; ça fait un sacré paquet de crottes par an ( je vous laisse faire le calcul, moi, je suis en vacances, héhé). Or, qu’est-ce qu’on fait de toutes ces crottes? Ben rien, tiens. Quelques entreprises sri-lankaises se sont donc mises sur ce créneau porteur et fabriquent du papier avec les excréments des éléphants de l’orphelinat de Pinnawela depuis la fin des années 90. Oui, je sais, je suis à la bourre.

Fabrique de Pinnawela
Flickr

 

Mais quelle drôle de bonne idée, quand même. Tellement bonne qu’un français l’a reprise dans l’Aude, inspiré de l’initiative sri-lankaise; il explique:

« Chez les herbivores non ruminants, les sucs gastriques n’ont pas la capacité de digérer la cellulose, qu’ils rejettent. » Du coup, il suffit de récupérer le crottin, de le laver à grandes eaux, de le chauffer pour éliminer les bactéries et de broyer la pâte pour faire du papier. « C’est une chimie naturelle, un processus tout simple » TerraEco

 

 

Ça a l’air facile. Mais est-ce bien si naturel? Petit détour par le procédé de fabrication et mode d’emploi, si vous avez envie de faire pareil à la maison:

 

1- Tri, nettoyage et séchage des matériaux de base

– Procédé de Digestion: faire bouillir 2 à 4 heures les crottes d’éléphant, déchets de fruits et de coton.

– Procédé de Digestion Froide: faire tremper les déchets de bois, de papier et de carton de 3 à 8 heures.

Aucun acide n’est utilisé pour décomposer les matériaux.

 

2- Battage
-La pâte ainsi obtenue par « digestion » est versée dans un « batteur hollandais » pour lui donner la consistance désirée.
A cette étape sont utilisés des composés comme de l’Aluminium, de l’argile chinoise, de la résine ou de la teinture à base de fleur afin d’obtenir différents coloris.

 

3- Tamisage et couchage
-La pulpe est ensuite déposée sur des tamis dans lesquels chaque feuille de papier est aplatie à la main.
– Chaque feuille de papier est ensuite déposée sur du feutre et empilée sur des étagères.
Les travailleuses de cette section sont mieux payées que les autres en raison de leur travail difficile : elles ont constamment les mains dans l’eau.

Trempage
MatthewSample Blogspot

 

4. Séchage

– Les piles de papier sont déposées dans une presse à vis actionnée manuellement, pour en assécher les feuilles.
– Les feuilles sont ensuite séparées du feutre et suspendues pendant une journée pour un séchage complet.

En raison de l’humidité ambiante, un four à kérosène est utilisé pendant la saison des pluies, afin de rendre le papier bien sec. Le seul bémol à ce procédé de fabrication…

Pressage
Peace boat.com

5- Finition
– Le papier est réellement terminé lorsqu’il est passé à travers des rouleaux sous pression d’où il ressort satiné, prêt à l’écriture ou à l’impression.

Transformation
Edgyjapan

 

Et j’avoue que le papier est d’une très belle qualité. Certaines entreprises n’utilisent pas de teintures, même naturelles mais font varier le régime alimentaire des éléphants pour changer la couleur…du papier. Je n’ai pas réussi à trouver ce qu’il leur donnait à manger et je me demande dans quelle mesure ces changements alimentaires sont nuisibles aux éléphants…

 

Mais ce qui est très intéressant dans cette affaire, c’est que les employés de ces entreprises sont, pour certaines, en priorité des gens directement affectés par les éléphants, « afin de guérir psychologiquement les victimes en leur faisant réaliser la vraie valeur des éléphants. » nous dit Maximus, une des sociétés concernées.

«En fabriquant du Papier d’Eléphant, nous essayons de faire comprendre aux gens que l’éléphant est mieux vivant que mort.»

Maximus

C’est beau. Et c’est donc censé limiter les 250 meurtres annuels d’éléphants dont le Sri Lanka a du mal à se débarrasser. Souvenez-vous, c’est.

Et pour couronner le tout, les usines encouragent les écoles à leur rendre visite, afin d’enseigner aux enfants les valeurs de protection et de conservation de la nature. Et plusieurs opérations de bénévolat font mettre la main à la pâte de papier des volontaires motivés. C’est beau, ça m’émeut!

Papier

Donc, on résume: on fabrique du joli papier avec des excréments d’éléphants, donc:

1) on recycle un déchet

2) on évite de déforester pour avoir de la pulpe de papier (voir )

3) on réconcilie l’homme et l’éléphant dans une zone où ce n’est pas gagné d’avance.

4) on « crée de l’emploi » et on « augmente le pouvoir d’achat » des gens concernés.

5) Et puis, même, on permet à de bien gentils volontaires de s’éclater en vacances:

Job sympa

C’est pas génial?

Si le sujet scato pour inspire, un article pour en rire, c’est par là.

 

Mais pour finir, j’ai découvert récemment le travail magnifique de Steve Bloom, un photographe anglais, dont voici quelques photos:

Elephant swimming
Steve Bloom

Elephant et son mahut Sri Lanka
Steve Bloom

 

 

 

Sur la Grande Vague

Un commentaire

Depuis quelques jours à Tangalle, sur la côté sud du Sri Lanka, nous restons des heures à admirer la mer et ses impressionnantes vagues. La pension dans laquelle nous avons établi nos quartiers se trouve tout au bord de l’eau; assis sur la terrasse, l’océan s’offre à perte de vue autour de nous. On se croirait sur un bateau, mais un bon gros bateau solide, face à cette mer en colère. A cette saison, la houle est forte, la mer agitée, les courants puissants. Et les vagues hypnotisantes.

Je retiens mon Chéri qui passerait des heures à les braver, à leur montrer qui est le plus fort. Mais au-delà de la fascination, elles me font peur, ces vagues. Comment ne pas penser à ce 26 décembre 2004 où tout a basculé, ici comme sur tant de magnifiques plages. Le livre d’Emmanuel Carrère « D’autres vies que la mienne » se déroule entre autres à Tangalle, le jour de ce terrible Tsunami. Ce jour funeste est présent dans toutes les mémoires; tout peut disparaître, allons profitons, nous disent-ils tous.

« La Vague »

Quand je pense aux représentations artistiques des vagues, il me vient aussitôt à l’esprit la magnifique « Grande vague de Kanagawa » de Hokusai de 1831, probablement l’estampe japonaise la plus célèbre. Elle est aussi connue sous le simple nom de « la Vague ».

« La Grande Vague de Kanagawa », d’Hokusai

C’est la première estampe de la célèbre série « Trente-six vues du mont Fuji« , connue pour deux éléments qui amorcent une sortie de l’estampe traditionnelle et qui montrent qu’Hokusai s’est inspiré de l’occident:

– l’utilisation du bleu de Prusse, pigment importé par les Hollandais à partir de 1820,

Les artistes appréciaient l’utilisation de cette couleur d’origine synthétique qui risquait moins de perdre son éclat avec le temps ; ils l’utilisèrent d’autant plus qu’ils étaient contraints par la censure à n’utiliser qu’un nombre restreint de couleurs et qu’ils avaient réalisé les immenses ressources qu’ils pouvaient tirer de ce seul bleu. Wikipedia

– et l’utilisation de la perspective, occidentale jusque-là.

L’analyse de « la Vague »

Il y aurait beaucoup à dire sur cette estampe, mais je n’ai pas la prétention de pouvoir analyser correctement cette belle oeuvre. Simplement, elle me plaît.

Le Mont Fuji, Fuji-san pour les japonais (« Monsieur » Fuji, si on veut le traduire) a toujours représenté un symbole de beauté, de pureté, d’impermanence: il est toujours là mais n’est jamais le même; ces multiples représentations montrent bien qu’il prend des centaines de formes selon la saison, l’heure de jour ou l’endroit d’où on l’admire.

Les barques avec les rameurs sont aux prises d’une grosse tempête, peut-être un typhon et il semble qu’ ils aient peu de chances d’en réchapper.

La grande vague, énorme, monstrueuse, « en cet instant, réalise une spirale parfaite dont le centre passe au centre du dessin. » (Wikipedia)

Beaucoup d’éléments permettent d’y retrouver une image du Yin et du Yang dans toute leur complémentarité:

Yin et Yang de « la Vague »

C’est très intéressant de constater que les japonais « lisent » l’estampe de droite à gauche et si on renverse l’oeuvre, on constate que l’effet n’est pas du tout le même:

English: From Image:Tsunami by hokusai 19th ce...

La grande vague de Kanagawa,image inversée, permettant de comprendre le sens de lecture original japonais (Photo credit: Wikipedia)

Au lieu de fuir la vague, les pêcheurs se heurtent à elle : elle leur barre la route et ils doivent l’affronter dans toute sa violence. C’est dans le sens de lecture japonais, de droite à gauche, que l’image est la plus forte, rendant la menace de la vague plus apparente.

Inspirations

Hokusai a beaucoup inspiré les Impressionnistes, comme Van Gogh, Monet, Manet et même Debussy pour son œuvre « la Mer »…mais continue de nos jours à beaucoup inspirer le monde de l’image. J’ai trouvé un nombre incalculable d‘interprétations, d’hommages, de détournements de « la Vague ». Tous les supports sont possibles: poster, image, objets dérivés (qui n’a jamais vu ces coques de portables en « Vague »?), fresque, pub,…

Parmi les images « classiques », plusieurs interprétations existent, lui donnant parfois un tout autre sens. Certaines sont très intéressantes, d’autres…beaucoup moins, dirons-nous.

– soit les couleurs de l’œuvre sont modifiées en gardant le dessin:

La Vague en rouge
Direct graphic

– soit d’autres éléments sont ajoutés pour en modifier le sens:

« Uprisings » de Kozyndan, revue « Giant robot »

J’ai une tendresse particulière pour cette variation, je ne peux pas m’empêcher de penser à mon maître, Robert Patrick, prof de japonais numérique: quand il entend quelqu’un dire qu’il « adoooore la culture japonaise », mais qu’il ne connaît pas Gundam, ça donne ça:

Alors que Gundam, si tu veux, c’est juste la religion officielle du Japon depuis 30 ans.
Donc ouais, t’es incollable sur le shintô et le bouddhisme, mais t’es pas à jour. Blog -vulgaiiire mais pragmatique – de Robert Patrick.

– soit  » la Vague » est complètement réinterprétée:

« La Vague » de Jaybo

J’aime bien celle-ci…j’y vois l’américanisme grandissant au pays du soleil levant.

-soit « la Vague » est intégrée dans un autre contexte:

« La Vague » d’Olivier Broise

Mais « la Vague » a surtout été réinterprétée sur de multiples supports:

« La Vague » en collage version « vague de pollution »

« La Vague » en sculpture d’origami d’Enzaburu

J’aime beaucoup celle-ci, avec les grues de la paix en origami…ça me rappelle mon mariage, héhé.

Collage de Bernard Pras

Fresque « la Vague » des Catacombes de Paris

Avec celle-ci, j’ai découvert le monde artistique des Catacombes…un article très bien fait sur toute l’histoire des fresques de « la Vague » depuis les années 90, c’est.

Enfin, évidemment, « la Vague » a été maintes fois utilisée après cet autre terrible jour du 11 mars 2011 où « la Vague Géante » (« Tsunami » en japonais…) a encore une fois tout bouleversé. Les hommages sont nombreux et parfois très émouvants:

« La Vague » de Gilderic

D’après « sous la Vague »

« La Vague » selon Plantu
Le Monde

Cette dernière est très forte, je trouve. Un beau travail de la part de Plantu. Je l’ai d’ailleurs déjà utilisée sur Facebook.

Diaporama de la « Vague » après le tsunami
20 minutes

« La Vague » d’après Romain Lubière

Et on pourrait en rajouter des dizaines… Je trouve tout ce travail artistique touchant quelque part: Hokusai, qui s’est inspiré de l’occident, l’inspire à son tour …La roue tourne…

 

Ajout du 23/09/12: Incroyable…Grâce à Vanina, je retombe encore sur ce film « Guerilla Midwife« , dont j’avais déjà entendu parler à Bali, mais je n’en avais pas encore vu l’affiche…Quelle belle coïncidence! Allez voir le site de cette sage-femme balinaise, Ibu Robin Lim, militante pour un accompagnement global de la grossesse et une grossesse et un accouchement « non-violents ».

Guerilla Midwife
Site d’Ibu Robin Lim

Pour boucler la boucle, elle a sorti un livre qui rejoint un autre article du blog: Placenta, the forgotten chakra, où elle parle des naissances-lotus. Pour en savoir plus, c’est .

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