Les céréales de la paix

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Tout a commencé par un dîner de céréales Kellogg’s dans un motel coréen. Pour notre défense, on a passé une sale journée. Oui, je n’ai pas honte de le dire, même en VDI (vacances à durée indéterminée), ça arrive. Si, si.

Donc, nous étions devant notre casserole de corn-flakes, et là, Chéri m’a une fois de plus épatée par sa culture encyclopédique et sa mémoire pachydermique. J’ai donc appris l’existence du pacte Briand-Kellogg ou pacte de Paris. Vous voulez savoir ce que c’est, vous aussi? J’en étais sûre.

Le pacte Briand-Kellogg est une idée trop mignonne de M.Aristide Briand, ministre des affaires étrangères à l’époque, et de M. Franck Billings Kellogg (1856-1937), homme politique et avocat américain. Ainsi donc, le 27 août 1928, 15 pays ont signé un traité qui déclare, ni plus, ni moins, que la guerre est hors-la-loi. C’est pas génial, ça? Allez, on n’a qu’à dire que, maintenant, la guerre, c’est interdit! Oh ouais, trop bonne idée!

Pays signataires du pacte Briand-Kellogg

 

En 1929, ils soumettent cette belle idée à 48 autres pays qui acceptent tous de signer. Grâce à cette belle idée pacifiste, ce cher M. Kellogg a obtenu le prix Nobel de la paix en 1929.

 

Signature du pacte de Paris

C’est beau, j’en ai la larme à l’oeil. Surtout quand on sait que parmi ces 63 signataires se trouvaient tous ceux qui se sont gentillement fait la guerre dix ans plus tard. Parfois, l’homme est bien naïf.

Article I.
Les Hautes Parties contractantes déclarent solennellement au nom de leurs peuples respectifs qu’elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux, et y renoncent en tant qu’instrument de la politique nationale dans leurs relations mutuelles.
Article II.
Les Hautes Parties contractantes reconnaissent que le règlement ou la solution de tous les différends ou conflits, de quelque nature ou de quelque origine qu’ils puissent être, qui pourront surgir entre elles, ne devra jamais être recherché que par des moyens pacifiques.          Extrait du pacte de Paris.

 

Ceci dit, l’existence du traité a bien servi au procès de Nuremberg en 1945  et aux procès de Tokyo en 1946. L’un des chefs d’accusation des 24 accusés de Nuremberg sera, appuyé sur ce traité, « crime contre la paix ». 12 accusés seront d’ailleurs condamnés sur ce chef-là. Il a également servi aux procès de Tokyo, l’équivalent japonais du procès de Nuremberg:

Le crime contre la paix: une innovation qui fit débat

La défense contesta rapidement — mais finalement en vain — les fondements juridiques de cette accusation : ce crime n’ayant pas d’existence juridique avant la création du tribunal, le principe de la non-rétroactivité des lois aurait dû interdire qu’on s’en servit contre les prévenus. Il leur fut opposé divers traités internationaux : la Seconde conférence de La Haye de 1907, le Traité de Versailles de 1918, lePacte Briand-Kellog de 1928 (qu’avait signé le Japon).

Tous les accusés furent reconnus coupables de ce crime, pour l’une ou l’autre des guerres entreprises par le Japon.

 

M’est d’avis que cela pourrait s’appliquer à d’autres situations, cette histoire…

 

Et pour finir sur une note plus légère, vous serez déçus d’apprendre que notre Franck Billings Kellogg n’a rien à voir avec les frères Kellogg qui sont à l’origine de nos corn-flakes du petit-dej! Contrairement à ce qu’a voulu leur faire croire le prof de droit de mon Chéri, quel petit rigolo!

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Ambiance routarde

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Depuis que nous avons mis les pieds en Corée du Sud, ça y est, comme au Japon, je me retrouve déphasée. Un peu comme en décalage. Pourquoi? Tout simplement à cause de mes fringues.

Backpackeuse

Le look routarde est parfait à Bali, au Vietnam ou en Thailande. Mais, bizarrement, ça passe moyen en Corée. Je me sens complètement hippie-baba-cool-cradoque. Et encore, à Séoul, je remarque que le look des femmes est moins travaillé, moins élégant oserais-je dire, qu’au Japon, où le souci du détail est impressionnant, où elles sont toutes hyper élégantes. Mais même ici, je me sens comme une extra-terrestre. Les regards sont plutôt bienveillants et curieux, toujours discrets. Mais n’empêche.

Mode de rue tokyoite

C’est marrant ce look de routarde, quand même. Entre nous, même sans le sac sur le dos, on se reconnaît. Comment? Quelques petits détails…

– Sarouel ou pantalon large resserré en bas acheté sur place, ambiance: démarche féline tout en se protégeant des moustiques à la nuit tombée.

– Débardeur, « T-shirt à bière » ou tunique ethnique acheté(e) sur place, ambiance: deux tailles de plus à force de l’essorer à la main.

Beer Lao

– Tongs ou sandales qui ont fait la guerre, ambiance: je fais tout mon voyage avec UNE paire de chaussures (plage, volcan, jungle tropicale compris).

– Sac ethnique bariolé, brodé, magnifique, acheté sur le marché, ambiance: je l’ai négocié des heures pour l’obtenir à 1€ de moins; oui, mais il est unique.

Sac hmong

– Pédicure colorée, bracelet de cheville, bagues d’orteil, mais dessous des pieds tout noir, ambiance: c’est tellement bon de sentir le sol sous tes pieds, quelle liberté, tu vois.

Pedicure routarde

– Bijoux ethniques, en bois, en noix de coco, en papier recyclé, ambiance: je fais marcher les petits commerces et en plus, je suis belle.

– Chignon en l’air, tresses, locks, et/ou chèche dans les cheveux, ambiance: négligée, mais de toute façon, avec l’humidité, je ressemble à un caniche.

– Bronzage zébré, marques du sac-à-dos, ambiance: la crème solaire, ça tient pas avec la chaleur et sur un bateau ou un scooter, tu peux pas tout le temps être à l’ombre.

– No make-up, ambiance : de toute façon, sur un visage luisant et suintant, ça tient pas non plus.

Backpackeuse

– Odeur de Super Insect 5 Ecran pour celles qui ne sont pas encore passé « de l’autre côté » ou de citronnelle/ et d’ail, ambiance: attends, je vais pas m’asperger de truc chimique pendant tout mon voyage alors qu’il suffit de se protéger des moustiques en mangeant de l’ail (testé pour vous…).

– Et pour couronner le tout, épilation aléatoire. (enfin, ça, c’est de l’observation, moi je suis irréprochable).

– En option, les tatouages, la bière à la main, la clope et plus si affinités.

– Ah oui, une autre option, c’est ce put@%$ de mini-short qui envahit la communauté des backpackeuses de tout poil. Je comprends que ça prenne moins de place dans le sac-à-dos, mais flûte à la fin, elles n’ont pas de mère, ces filles ou quoi???

Je suis en train de me résoudre à exterminer d’une façon ou d’une autre le mini-short. Qu’il disparaisse. C’est lui ou moi.On ne leur a jamais appris, à ces filles, qu’on ne sortait pas en culotte dans la rue?? Leurs fesses dépassent du « short », sans rire! Des décolletés de cul plongeants! Le nombre de bouts de fesses qui se baladent impunément à l’ombre des sacs-à-dos, c’est dingue…Bref. Hum. Fermons la parenthèse.

Gisele Budchen en backpackeuse…
Bon, ben la, ok.

 

A part les options, donc, c’est tout moi. « Babzou », quoi. Sauf qu’au Japon ou en Corée, tu passes carrément pour une marginale. Alors, j’essaye d’urbaniser un peu tout ça: legging sous les jupes et les robes, ceinture en cuir nouée au lieu de celle en noix de coco, je ressors mon maquillage, je ne marche plus pieds nus…J’ai envie de leur dire à tous ces gens, dans le métro, que d’habitude, promis, je ne m’habille pas en pyjama ni en Quechua tous les jours…

Et, je rêve de talons hauts, de top en soie et de mon Gérard. C’est dur d’être une femme, parfois.

Ethnique chic

La liste de nos envies

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Les listes. J’en fais depuis que je suis toute petite, même si je sais que c’est probablement très narcissique. La faire et puis surtout en rayer les éléments au fur et à mesure de leur réalisation m’apporte beaucoup de satisfaction. Un sentiment de maîtrise.

Alors, s’il y a bien une mode à laquelle je ne peux pas m’empêcher de m’intéresser, c’est celle de la « bucket list », autrement dit la « liste de tout ce que tu veux faire avant de mourir ». « Kick the bucket » signifie « casser sa pipe ». Pour la petite histoire, l’expression vient du seau (« bucket ») dans lequel on donnait un coup de pied (« kick ») lors des pendaisons.

Bucket list

Le thème revient sans arrêt:

– j’ai lu le roman de Georges Delacourt, La liste de mes envies (que j’ai trouvé bien mais sans plus) ,

– je suis retombée sur le livre de Nick Horny, « Haute Fidélité » et les « Top Five » du héros.

– le net m’a amené à celle de Corinne Stoppelli, une voyageuse-bloggeuse incontournable

– et surtout j’ai lu un article de Bronnie Ware, une ancienne infirmière en soins palliatifs australienne, qui a répertorié les 5 regrets de ses patients mourants (je sais, c’est gai): The Top Five Regrets of the Dying – A Life Transformed by the Dearly Departing. 

Les voici: (la traduction est perso, désolée d’avance pour les imperfections):

1- J’aurais voulu avoir le courage de vivre ma vie comme je l’entendais, plutôt que vivre celle qu’on attendait de moi.

2- Je regrette d’avoir travaillé si dur.

3- J’aurais voulu avoir le courage d’exprimer mes sentiments.

4- J’aurais voulu garder le contact avec mes amis.

5- Je regrette de ne pas m’être autorisé à être plus heureux.
Ça fait réfléchir…L’idée de faire sa « bucket list » serait donc d’éviter de regretter de ne pas avoir réalisé tout ça? Comme s’il y avait une performance à réaliser. Quelle pression.

Le principe de la « bucket list » m’attire plutôt parce que relire une liste de ce genre nous met aussi face à l‘inconstance de nos désirs. Il m’est arrivé un bon paquet de fois de tomber sur une « vieille liste » et de me demander : »ah bon, je voulais faire ça, moi?! ». Ça me fait toujours sourire de voir comment j’ai évolué. Les bouddhistes, que nous côtoyons depuis bientôt 7 mois, nous diraient surement que l’homme, comme la vie, est inconstant; que nous ne somme déjà plus ce que nous étions au début de ce paragraphe. Je trouve ça rassurant, cette notion de cycles, de recommencements, de nouveaux départs possibles.

Eh oui, tout est possible! Alors pourquoi ne pas faire une « bucket list » complètement dingue? Après tout?? Car faire sa liste, c’est aussi faire le premier pas pour la réaliser. Si vous n’avez pas d’idées, le net pullule d’exemples, tous plus originaux les uns que les autres. En voici quelques uns, drôles, surprenants, intéressants:

– Jouer dans la boue au Festival de la boue de Boryeong à Séoul (Du 14 au 24/07, dommage, ce sera pour la prochaine fois!!!)

Mud Festival

– Faire du Kayak dans la baie bioluminescente de Fajardo , au Costa Rica.

Baie de Fajardo

– Aller à l’aéroport et prendre le premier vol en partance

Partir au hasard

– Flotter dans la Mer Morte

Mer Morte

-Chasser une tornade

Chasseur de tornade

Mais bon, y’a plus simple et tout aussi compliqué:

– Rester mariée

– Avoir des enfants

– Apprendre le japonais

– Progresser en yoga

– Habiter à l’étranger…

 

Pas besoin d’être très originale.

 

Pour plus d’idées:

En français:

Confidentielles

Blog Vie-nomade

En anglais:

Lifed, liste de 225 choses à faire avant de mourir!! Y’a du choix!

Bucketlist

Squidoo

bucketlist.net, un site communautaire où les gens peuvent s’aider à réaliser leurs objectifs!

 

Et si le principe ne vous plaît pas, un article de blog m’a fait rigoler: « Fâché noir contre les listes de 100 choses à faire avant de mourir », c’est.

Mais peut-être que le plus dur dans cette histoire, c’est d’essayer de ne pas faire de liste? « Attendre et espérer », la dernière phrase du merveilleux Comte de Monte-Cristo. C’est difficile de supporter l’incertitude, de se laisser porter par le hasard, et d’être présent là, maintenant, sans rien attendre de particulier…

Le plus dur…

Un blog, mais pourquoi donc?

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« My messy Moleskine », merci à Alexandre Dulaunoy

Ah bon? Naan…! Ah ouais? Tiens, tiens…Intéressant!

D’habitude, je note dans un carnet mes surprenantes découvertes, au gré de mes lectures, mes rencontres ou mes navigations sur internet. Ce qui m’interpelle, m’étonne, me donne envie d’en apprendre davantage.

Mais depuis 4 mois que je suis partie en voyage, ce carnet me manque. Exclu sans pitié du contenu de mon sac à dos sous prétexte de légèreté, il a été remplacé par ce tout nouveau netbook qui allie polyvalence et compacité.

M’est donc venue l’idée d’employer cet objet froid et moderne pour remplacer mon bon vieux carnet, parcheminé, corné, gribouillé et cabossé. Le challenge est de taille pour la technologie.

L’avantage, tout de même, c’est que je peux le partager avec ceux qui le voudront bien. Alors, c’est parti!

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