Les porte-bébés du voyage

Un commentaire

Forcément, même en voyage, je reste une sage-femme. Alors je ne peux pas m’empêcher d’observer les pratiques de maternage dans tous les pays que nous traversons. Un des éléments les plus visibles sur la place publique, c’est le portage des bébés.

La première chose qui m’a frappée, c’est qu’on est vraiment des quiches en France. Bon, ok, ça commence à changer, et la mode bobo-bio du portage en écharpe a apporté beaucoup de bons changements dans cette histoire. Mais il subsiste malheureusement des tas de « kangourous », ces affreux porte-bébés tellement anti-physiologiques. Les seuls que je n’ai JAMAIS vus en 7 mois de voyage. On est forts, quand même.

Stop au Kangourou!!

Petit rappel des principes du portage en bon accord avec la physiologie:

  • Les membres fléchis et regroupés vers le centre du corps
  • Les genoux à la hauteur du nombril
  • Le bassin basculé en avant
  • Le dos est rond
  • Position de la tête dans l’axe de la colonne
  • Tête pas trop penchée en avant, ni en arrière, ni sur le côté
  • Les chevilles ne sont pas en rotation par rapport aux tibias et fémurs
  • Avant 3-4 mois, l’écart des genoux est égal à la largeur du bassin
  • Après 3-4 mois, (quand bébé peut saisir ses pieds tout seul) l’écart des genoux peut être plus large, il peut embrasser le porteur.

En gros, on respecte la position naturelle du bébé, regroupée, en quadri-flexion, la tête dans l’axe de la colonne.

Position naturelle du nouveau-né
Jeportemonbebe.com

Pourquoi?

  • pour respecter le développement psycho-moteur de l’enfant, dont la musculature du dos se développe de façon craniô-caudale (de la tête aux pieds: on tient sa tête avant de marcher)
  • pour sécuriser l’enfant: le contenir est somme toute assez logique après son développement intra-utérin; cela lui permet en plus d’attraper ses mains très facilement et de ne pas lutter avec la pesanteur, d’être donc plus détendu, sécurisé, et de…dormir.
  • pour le porteur, évidemment, la bonne position du bébé permet de porter son bébé longtemps sans dommage.

En France, ça donne ce genre de choses, en sachant qu’on trouve des vidéos d' »apprentissage » par dizaines sur la toile.

Le double-croisé

 

En Thaïlande, au Laos et au Vietnam (et j’en suis sûre, au Cambodge aussi, mais c’est pour le mois prochain), dans toutes les ethnies minoritaires que nous avons vues, les bébés sont tous portés sur le dos, sur le ventre, sur le côté; par leur mère, leur petite sœur, leur grand-mère. Mais bizarrement, les accessoires de portage sont beaucoup plus simples que par chez nous. La plupart du temps, un simple bout de tissu et hop! c’est parti! Pas de noeud compliqué, pas de tissu sergé-croisé-dans-le-sens-des-fibres, pas de cours en 10 volumes pour apprendre à faire le noeud.

Ici, je les ai classés par population rencontrée, mais un classement par type de porte-bébé aurait été une autre solution.

THAI NOIRS

Porte-bébé chez les Thai Noirs au Laos                 Photo Mastacloue

Là, c’est le plus simple de tous les portages: un bout de tissu, le bébé sur la hanche et hop, c’est parti. On a vu ce « porte-bébé » partout en Thaïlande, au Laos et au Vietnam.

HMONG

(et il existe toutes sortes de Hmong: noirs, rouges, fleuris…)

Quand j’ai demandé à ce vieux tailleur qui m’a fabriqué deux porte-bébés hmong comment on le nouait, il m’a dit: « Tu mets le bébé dedans et tu l’attaches. » Certes.

Porte-bébé hmong acheté au Laos
Photo Mastacloue

Ça a l’air facile, effectivement, vu comme ça:

Porte-bébé hmong au Laos
Photo Mastacloue

YAO

Les porte-bébés des ethnies minoritaires que l’on rencontre dans ces pays d’Asie du Sud-Est sont souvent richement brodés et travaillés et les bébés portent une coiffe qui les protègent du vent et des mauvais esprits. Il est intéressant de noter que le Vent est encore une fois une énergie pathogène vue comme très malfaisante.

Porte-bébé Yao

Les porte-bébés sont fabriqués dès le troisième mois de grossesse par les femmes de la famille, souvent la grand-mère maternelle. Au fur et à mesure de la grossesse, elles rajoutent des broderies, des amulettes pour protéger le nouveau-né. On dit qu’à la naissance, le porte-bébé est le « nouveau placenta » du bébé. Le porte-bébé  a déjà toute une histoire émotionnelle, familiale, avant d’accueillir et de protéger le bébé.

DAYAK

Et en Indonésie aussi, le portage est encore beaucoup utilisé. On trouve les Dayaks à Bornéo.

Porte-bébé Dayak

COREE

Bien évidemment, le fameux « podeagi », 포대기 vient de Corée avant d’avoir fait le tour du monde. Après nos bonnes vieilles écharpes-en-sergé-croisé, le podeagi est le porte-bébé le plus tendance de la planète. Suffit de regarder sur un moteur de recherche, c’est effarant…

Podeagi coréen

Sauf que moi, en Corée, j’en ai vu aucun…Elles portent toutes leur bébé, mais dans des porte-bébés hyper high-tech. En langage de « femme-qui-s-y-connait-en-porte-bébé, ça s’appelle un « préformé ».
Ca donne ça:

Podeagi high-tech

Ca donne envie, non??

JAPON

Au Japon, c’est un peu le même combat qu’en Corée: il existe un porte-bébé traditionnel, le « onbuhimo » おんぶ紐 (« onbu » pour les femmes-qui-savent-de-quoi-elles-parlent), mais la plupart des japonaises portent leur bébé avec un préformé type ergo-baby ou Manduca. J’en ai vu certaines avec un « onbu » revisité high-tech:

Onbuhimo moderne

Pour plus d’infos en France:

L’association française de portage des bébés

Portersonbébé, site où les différents types de porte-bébés, notamment asiatiques, sont détaillés.

Papotage autour du portage, un blog bien fait sur les différents types de portage.

Chacun cherche son nid

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Nous venons de quitter El Nido, cette charmante petite ville au nord de Palawan, port d’embarquement pour l’archipel de Bacuit dans lequel nous avons passé de belles journées de bateau, snorkelling et plongée.
« El Nido », comme vous l’avez deviné, signifie « le nid » en espagnol. Quel est le rapport? Et bien, ici, comme à Bornéo et dans d’autres endroits d’Asie, on trouve un mets de luxe, très prisé: le nid d’oiseau. On l’utilise pour parfumer les soupes.

Ces oiseaux sont des salanganes ou balinsasayaw en tagalog (langue nationale des Philippines) et non des hirondelles comme le voudrait l’appellation « nid d’hirondelle ». Plusieurs espèces construisent des nids comestibles, dont les collocalia fuciphaga que l’ont trouve à El Nido. Les mâles fabriquent leur nid dans des grottes, comme celle de Gomantong à Bornéo ou celle de Pinasil Island à El Nido. Et trois fois par an, des récolteurs risquent leur vie en grimpant sur de frêles échelles glissantes à 5 ou 10 m de hauteur pour récolter ces nids.

Récolte des nids

Ils sont ensuite laissés à tremper toute une nuit pour être nettoyés de leurs plumes et autres impuretés afin de ne conserver, tenez-vous bien, que la salive d’oiseau. Miam…On fait enfin bouillir les nids avant de les incorporer à la bien-nommée « nido soup« . Ce qui est dingue, c’est que ces petits nids se vendent 3000 dollars le kg!! Et pourtant, cela n’a aucune odeur ni aucun goût…Quel est l’intérêt, alors?

Nid de salangane

Et bien, la salive mucilagineuse de ces charmants oiseaux est très riche en calcium, fer, potassium et magnésium. Les bénéfices attendus sont très variés…mais non démontrés pour le moment. J’ai trouvé en vrac:

– ils ont des vertus fortifiantes; ils étaient consommés par les empereurs chinois au moins dès la dynastie Tang (618-907 ) pour assurer leur longévité.

– ils favorisent la digestion

– ils améliorent la voix

– ils soulagent l’asthme

– ils augmentent la libido

– ils stimulent le système immunitaire

– ils préviennent la sécheresse de la peau et donc l’apparition des rides

– ils sont antipyrétiques

– et même, ils permettent une bonne croissance foetale et redonne de l’énergie à l’accouchée.

Tout ceci s’expliquant, en médecine traditionnelle chinoise, par la nature froide (ou neutre selon les sources), plutôt yin du nid de salangane. Il constitue un élément important de la pharmacopée chinoise et ils sont majoritairement consommés à Hong-Kong, en Chine et à Singapour.

Les parents en donnent à leur enfant pour favoriser leur croissance; or, les nids sont l’une des causes les plus fréquentes de crises anaphylactiques chez les enfants en Asie du Sud-est!

Il n’est pas rare de trouver des nids mélangés avec de la résine de karaya, avec des algues rouges ou des champignons.

Et les familles chinoises riches en mangent à chaque nouvel-an.

 

Bon, OK mais alors il y a deux trucs qui me dérangent dans cette histoire:

1- Les récolteurs qui grimpent à 10 m de haut sur des échelles précaires à moitié plantées dans l’eau, après avoir dégager le terrain à la machette…versus les riches et grasses hong-kongaises qui consomment allègrement leur « nido soup » pour avoir moins de rides…Je ne sais pas pourquoi mais il y a un truc qui me gêne!

Récolteur
Site Thaiways Magazine

Les conditions de vie de ces récolteurs sont vraiment  honteuses: surexploitation,corruption et accidents sont monnaies courantes sur les lieux de récoltes. Pendant la période de récolte, les lieux sont gardés pour faire fuir les voleurs de nid et les prédateurs (serpents entre autres). Mais l’accès aux lieux de récoltes, soumis à autorisation, très chère, du gouvernement, est souvent filtré par ces gardiens qui rackettent les récolteurs. C’est la jungle, quoi.

Récolte à la corde en Thailande
Andaman adventures

2-Les récoltes perturbent évidemment le mode de vie de ces mignons oiseaux. Elles ont lieu 3 fois par an: une première en mars, avant que la femelle n’ait eu le temps de pondre, ce qui l’oblige à reconstruire un nid. Cela prend environ un mois. Vient ensuite la deuxième récolte, même conséquence; la femelle re-construit un autre nid. Là, quand même, on la laisse pondre tranquille et faire grandir ses petits avant de récolter les nids une 3ème fois, après que les oisillons ont quitté ce nid si convoité. On leur laisse 3 mois pour cela. Ces nids-là sont appelés « nids bruns », ils sont moins prisés puisque moins « purs »; et oui, les oisillons l’ont sali, ce nid. Ils faut le nettoyer! Ils pourraient faire attention, quand même!!

Nid brun
Andaman adventures

Plus sérieusement, les experts ornithologues affirment que cela modifient les mouvements de migration des salanganes.

Alors pour ceux que ça tente quand même, la recette est .

Nido soup
Wikipedia

Mais j’ai envie de dire que, peut-être, ça ne vaut pas le coup…

La palme des marées noires

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Cette semaine, nous sommes allés faire un tour de deux jours sur la deuxième plus grande rivière de Malaysie, sur l’île de Bornéo, la Kinabatangan.

Ma première impression fut celle d’une prise de conscience de l’importance des plantations de palmiers à huile dans la région. Pendant tout le trajet, de Sandakan à la rivière, soit 2 heures et demie, nous avions sous les yeux, à perte de vue, le tableau de ces palmiers bien alignés. On a beau le savoir, le voir reste effrayant.

Une fois arrivés, l’émerveillement a pris la place de cet arrière-goût amer. Les trois descentes de la rivière que nous avons faites sur ces petites pirogues à moteur resteront gravés dans nos mémoires. J’aime beaucoup cette impression d’être là chez eux, dans leur habitat. La même impression que j’éprouve en plongée. Dans ces milieux sauvages où la vie pullule (encore), on se sent bien faible et bien étranger.

« Ici, le patron, c’est pas vous. Ici, le patron, c’est le croco. » Ceux qui connaissent cette série documentaire, « Man versus Wild », que je conseille à tous, reconnaitront la touche de Bear Grylls, son animateur casse-cou.

Nasique ou Proboscis Monkey

Nous avons donc eu la chance d’y voir des nasiques, qui vivent uniquement à Bornéo, des macaques à longue queue, des lézards géants, des toucans, des martin-pécheurs, des orang-utans et un croco!

Et nous avons eu la grande chance de ne pas tomber sur les nappes d’huile de palme rejetées sans scrupules par les industries de la région…J’ai appris que quasiment tous les jours on pouvait observer ces nappes sur la rivière. Le Daily Express d’hier en a fait sa une: des touristes suisses se sont plaints de traverser ces affreuses nappes d’huile noire en faisant leur excursion sur la rivière. Le problème n’est pas nouveau et les autorités malaisiennes ont même l’air de s’en préoccuper puisqu’il y a 10 jours, se tenait un colloque réunissant les grands industriels de l’huile de palme et les ministères concernés pour s’assurer du traitement de ces déchets industriels (les POME, Palm Oil Mill Effluent). Effectivement, avec 124 plantations dans la région de Sabah et 36 rien qu’autour de la rivière, y’ a du boulot.

Rejet des POME
Bioenergyconsult

Alors de quoi parle-t-on? Des eaux usées saturées d’huile issues de l’extraction de l’huile de palme. Ces eaux huilées ne sont pas toxiques à proprement parler, puisqu’aucun produit chimique n’est utilisé pour l’extraction. Mais du fait de leur haute teneur en composés organiques, elles consomment une grande quantité d’oxygène, qui manque donc autant à l’écosystème dans lequel elles sont relâchées. Par ailleurs, elles recouvrent les pauvres animaux qui se baignent dans la rivière, dégagent une puanteur incroyable et attirent les mouches, mais ça, c’est une autre histoire.

La solution existe pourtant: l’utilisation des « POME » comme engrais, ou pour produire de la biomasse, des biogaz est déjà envisagée par quelques industries, mais coûte encore très cher. Si les gouvernements aidaient un peu au traitement de ces déchets, peut-être avancerait-on dans le bon sens.

Surtout quand on sait les milliards de ringgits (la monnaie malaisienne) qu’engendre chaque année le tourisme dans la région de Sabah, complètement tournée vers l’éco-tourisme. C’est le monde à l’envers!

« Les hommes de la forêt » ont besoin de nous

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Déforestation à Bornéo
Photo de Krapo arboricole

Eh oui. Ca fait peur. Vous vous souvenez de la pub avec ce pauvre ours polaire qui n’a plus de banquise pour vivre? On pourrait faire la même avec l’orang-utan et la forêt tropicale. Et bien sûr, ça resterait vrai pour tout un tas d’autres espèces.

Aujourd’hui, nous avons passé la journée avec toutes sortes de singes, menacés par la déforestation à Bornéo; les drôles de nasiques (« proboscis monkey ») et les sympathiques singes argentés au Labuk Bay Proboscis Monkey Sanctuary et mes potes les orang-utans au Sepilok Rehabilitation Center. En malais, orang-utan veut dire « homme de la forêt ».

« Ils sont trop mignons!!! » Voui. Mais ils sont surtout mal barrés. Je ne vais pas vous refaire le coup du doigt dans le Kit-K…chut-chut-pas-de-marque, tout le monde s’en souvient…Non? Roooh, voilà alors la parodie de Greenpeace:

Parodie de Greenpeace

Le problème n’est donc pas nouveau: les industries qui déforestent massivement pour, en gros:

1) obtenir de la pâte à papier

2) planter des palmiers à huile.

Amazonie, Indonésie, Bornéo, Afrique même, depuis peu de temps…

Orang-utan à Sepilok
Photo de Yodod

Alors quelles sont les solutions pour les orang-utan? Plusieurs solutions sur le terrain sont évoquées par les professionnels…:

– réhabiliter des parcelles de forêts existantes et les relier entre elles pour créer une sorte de réseau qui se densifierait

– créer des « green corridors« , des « couloirs écolos » pour favoriser la circulation des orang-utans entre les forêts primitives non protégées où 62% d’entre eux vivent et les réserves protégées. Cette option-là semble assez séduisante et efficace aux scientifiques. Pour cela, il faut planter des arbres pour protéger ces couloirs, larges de 500m autour de la rivière Kinabatangan. Plusieurs projets existent déjà en ce sens.

 

 

Et à notre petit niveau, alors, que faire? Déjà, s’informer. Sur ce que l’on consomme tous les jours. D’où viennent les produits? Comment fonctionnent les marques? C’est évidemment à cause de nous, petits consommateurs, que tout cela est possible. Et ensuite changer ses habitudes. Ah oui, c’est dur. Arrêter l’huile de palme, y’en a qu’ont essayé, c’est pas facile (le blog a fait l’objet d’un article dans le Monde qui l’a mis sur le devant de la scène).

La prise de conscience progressive de la population et les victoires obtenues régulièrement sont encourageantes. Ainsi, sous la pression associative et populaire, plusieurs grandes marques ont arrêté d’utiliser de l’huile de palme de Sinar Mas, 1er producteur d’huile de palme en Indonésie, comme Burger King. Et pour revenir dessus, Nestlé s’était aussi engagée à arrêter d’utiliser cette même huile de palme d’ici 2015, à la suite de la sus-citée parodie…D’autres ont arrêté d’utiliser le papier produit par APP (Asian Pulp and Paper), filiale du géant Sinar Mas: Danone, Mattel, Lego, Nestlé, Adidas…

Mais tout n’est pas gagné, puisque Sinar mar a annoncé en mars 2012 qu’elle consacrait 500 millions de dollars à augmenter la taille de ses plantations cette année…

Plantation de palmier à huile
Credit photo worldand trust

Alors restons critiques, curieux, mobilisés.

Ah oui, sinon, après la môle, vous pouvez adopter un bébé orang-utan! Non?

Adoptez Chikita!
Orang utan Appeal UK

La môle m’a émue

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Aujourd’hui, Bali est aussi triste que nous: il pleut des trombes d’eau pour notre départ. Nous sommes en route vers Bornéo, la mythique. Côté malais, puisque notre visa indonésien est expiré. Or, il se trouve qu’à Bornéo, c’est la bonne saison pour apercevoir en plongeant un spécimen aquatique des plus étranges: le Mola mola, ou Môle.

Vous avez déjà vu une môle, me direz-vous?? (blague gynéco) Naaan, mais celle-là, c’est autre chose: tout simplement le poisson osseux le plus lourd existant à l’heure actuelle, dixit le Guinness Book tout de même. Masse moyenne: 1 tonne. Le record connu: 2,3 t!

Et en plus, il est moooche, ce poisson: on dirait un poisson sans queue, juste une tête. D’ailleurs, son nom le compare à un meule, c’est dire. Tête de meule. On l’appelle « poisson-lune » en français, « sunfish » (poisson-soleil) en anglais, parce qu’elle prend des bains de soleil à la surface, « poisson-mambo » à Taïwan, en raison de la danse qu’elle fait en nageant.

English: Mola Mola, Sunfish Svenska: Klumpfisk

Mola mola ou Môle (Photo credit: Wikipedia)

Bon, heureusement, elle n’est pas méchante et même elle se nourrit de méduses. Sympa. Ses prédateurs: le lion de mer et les requins. D’ailleurs, quand elle remonte à la surface pour se réchauffer et se débarrasser de ses parasites, mangés par les oiseaux, sa nageoire peut la faire ressembler à un requin.

Mais la môle est inoffensive pour les humains…sauf si elle vous atterri dessus en sautant sur votre bateau!!! (C’est arrivé à un petit garçon en 2005, il va bien, je vous rassure.)

Ce qui est fou, c’est que cet énorme poisson naît dans tous les océans de la planète, mais vit plutôt dans des eaux tempérées, à plus de 10°C. On l’a retrouvée au large de l’Angleterre en 2006, nouvelle preuve s’il en était besoin du réchauffement climatique…

Môle et plongeur
oceansunfish.org

La môle passe le plus clair de sa vie en -dessous de 200m! Mais, comme elle remonte à la surface régulièrement, on peut en apercevoir en plongeant, même avec nos petits Open Water (18m).

Alors, j’espère bien qu’on va avoir la chance de voir ce truc! Sinon, il y en a quelques spécimens dans certains aquariums (Osaka, Monterey Bay en Californie, Lisbonne, Barcelone et Valence). Elles sont encore mal connues des scientifiques, mais vous pouvez regarder une vidéo du Dr Thys, une biologiste passionnée, .

Par ailleurs, les môles seraient bien connues des pêcheurs d’espadon en Méditerranéenne. Elles représenteraient de 71 à 90% des poissons récupérés par erreur dans les filets!! Et il n’existe pour le moment aucune réglementation de la pêche aux môles dans le monde…Alors si, comme moi, le sort des môles vous émeut, vous pouvez en adopter une! Sur le site oceansunfish.org, vous ferez une bonne action.

Adoptez une môle!
oceansunfish.org

 

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