Mottainai! 勿体無い!

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De ouate? Mottainai! ou 勿体無い! ou もったいない!  en japonais, signifie « Quel gâchis! ».

Super Mottainai!

 

Mais Mottainai ne représente pas seulement l’ignoble gâchis alimentaire. Mottanai est un état d’esprit empreint d‘humilité, de respect, de gratitude et de regret devant des ressources ou du temps gaspillés. Oui, tout ça dans un seul mot…la langue japonaise m’étonnera toujours. Les japonais l’utilisent comme exclamation pour déplorer un gâchis alimentaire, matériel, mais aussi une perte de temps ou des compétences mal exploitées. C’est une notion profondément intégrée dans la culture nippone, à tous les niveaux de vie.

Pour mieux comprendre cette notion, plusieurs exemples:

– Morita, co-fondateur de Sony, raconte dans son autobiographie qu' »un des ses amis » habitant New York, ne s’est jamais résolu à jeter les 50 suppléments de week-end du New York Times (50??? mais pour quoi faire???); il accumulait donc des kilos de papier, semaine après semaine, dans son appartement, pour ne pas gâcher…Très Mottainai.

– Les japonais sont très forts pour optimiser l’espace, qui leur manque cruellement. Rappelons que, de tout notre voyage, c’est le seul endroit où nous avons eu la chance d’occuper des chambres « semi-doubles » ou « presque-doubles » (sic). Mais les chambres d’hotel sont tellement bien organisées, tout est tellement bien pensé, que le manque d’espace ne se fait finalement pas (trop) sentir. Optimisation de l’espace, Mottainai.

– Il est par exemple impensable, ou en tous cas très mal vu, de se reconvertir dans une voie moins lucrative que celle pour laquelle on a fait des études: typiquement, le jeune qui a fait sont école de commerce réputée (pour plaire à sa mère et à la société) et qui « plaque tout » pour ouvrir son restau de « ramen », c’est super Mottainai…

Mais au-delà de ça, le concept de Mottainai peut expliquer plus largement l’esthétique japonaise, connue pour être si épurée. L’idée de ne pas gaspiller de la matière, d’économiser la matière, d’optimiser les geste. On retrouve ces notions dans:

– l’art de la calligraphie, où chaque trait est mûrement préparé.

– la poésie japonaise, le Haïku: comment tout dire ou plutôt tout suggérer en seulement 17 mores (More: découpe plus fine que les syllabes; l’exemple le plus simple est le mot « nippon »: 2 syllabes mais 4 mores: ni-p-po-n.)

« Avec chaque souffle
le papillon se déplace
sur le saule. » Bashô

– l’art en général: ils résument l’oeuvre à son noyau le plus élémentaire. Se débarrasser du superflu. Mottainai.

Le concept a fortement inspiré le Pr. Wangari Maathai (1940-2011), cette femme kenyane, fondatrice du parti écolo au Kenya et récompensée par le Prix Nobel de la Paix en 2004. Son livre, « Unbowed » ou « Celle qui plante des arbres » raconte comment elle s’est battu contre la déforestation dans son pays (jusqu’à en être emprisonnée). Invitée en 2005 à Kyoto, lors du rassemblement pour le « protocole de Kyoto », elle a découvert l’existence de ce mot japonais et de tout ce qu’il sous-entend et a décidé d’en faire un leitmotiv dans son engagement écologique.

Le site de la « Mottanai Campaign » est . Je l’avais découvert parce qu’ils vendent…des furoshiki, oui, oui!!

Wangari Maathai plante un arbre à Nagakute au Japon…pas besoin de le dire, les peluches « kawai » nous auront aidés à deviner!

Mottainai, c’est aussi le 3R: Reduce, Reuse, Recycle, soit: Réduire, Réutiliser, Recycler.

Un principe dont nous pouvons tous nous inspirer…

Merci au site Kichigai (« fou » en japonais!)

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Accoucher à la mode d’Edo

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Il y a des sujets qui reviennent sans que tu l’aies décidé; ou pas vraiment. Je suis tombée hier sur cet article d’Aujourd’hui le Japon: « Les naissances « naturelles » du Docteur Yoshimura« , basé sur le documentaire de France 5, « Naître au Japon ».

 

Vidéo

 

Je t’encourage grandement à regarder cette vidéo de 14 minutes. C’est une première approche du travail du Dr Yoshimura Tadashi, gynécologue japonais de 78 ans, qui accompagnent des femmes enceintes dans sa maison de naissances à Okasaki, dans la banlieue de Nagoya. A la fin de leur grossesse, les femmes viennent habiter dans cette vieille maison et vivent comme à l’époque Edo (1600-1868)…Elles accouchent de façon naturelle.

Mais si tu as vu « Le Premier Cri » (2006) de Gilles de Maistre, ça te rappelle sûrement Yukiko; car c’est dans cette même maison de naissances que se déroule le mini-reportage.

Yukiko accouche près de son mari et sa fille de 3 ans

Enfin, si tu as vu, mais ce serait plus étonnant, Genpin (2010), de Naomi Kawase, rebelote, le reportage se déroule aussi dans cette maison de naissances.

Affiche de Genpin,        Naomi Kawase

 

Bande-annonce de Genpin

 

Naomi Kawase, cette réalisatrice japonaise, a déjà à son actif un documentaire « Naissance et maternité » (2006) et une scène d’accouchement très belle dans « Shara »; une scène auto-biographique comme on peut le voir dans « Naissance et Maternité » où elle filme son propre accouchement.

 

Que peux-t-on en dire de cet endroit? Des tas de choses, bien sûr.

D’abord, ce reportage de France 5 est très incomplet à mon sens. Présenté comme il l’est, il constitue une magnifique occasion de rejeter en bloc les maisons de naissances et l’accompagnement non-hypermédicalisé de la grossesse et l’accouchement et de faire passer les gens qui les défendent pour des illuminés.

 

Le Dr Tadashi Yoshimura, gynécologue japonais de 78 ans, donc, accompagne depuis 45 ans des femmes enceintes pour leur permettre de retrouver « leur capacité à enfanter ». Son postulat est simple: la médicalisation de l’accouchement crée des complications,  alors accouchons de façon la plus naturelle possible, ça ira mieux.  Les femmes savent accoucher. Bon.

 

Bien sûr, c’est très criticable. D’aucuns diront immédiatement que la médicalisation a sauvé et continue aussi de sauver des vies; des vies de femmes, d’enfants. Et ils auraient évidemment raison. Comment ne pas être d’accord avec ça?

D’autres diront que faire couper du bois et priver les femmes d’eau courante et d’électricité, c’est ridicule et archaïque; voire dangereux. Je dis qu’il pousse le bouchon un peu loin avec son « mode de vie à la samouraï« ; mais qu’il faut peut-être regarder un tout petit peu plus loin que le bout de son nez. Bouger pendant la grossesse, c’est possible, si tout va bien. Chez nous, on dit aux femmes de bien se reposer pendant toute la grossesse et surtout, au 9ème mois, de bien bouger, maintenant, faut y aller, ma p’tite dame! Facile, de monter les escaliers 4 à 4 à 38 semaines quand on a été allitée toute la grossesse, non?…

Chez M. Yoshimura, ces femmes sont suivies, examinées (sans toucher vaginal, tout de même, mais rappelons que les anglais n’en font pas non plus et ont des meilleurs chiffres de prématurité qu’en France). Elles ne sont donc, comme dans toute maison de naissances, suivies et accompagnées pour l’accouchement que si tout va bien. Sinon, elles sont réorientées en cours de route. Il a beau paraître illuminé comme ça, il n’est pas fou non plus.

Par ailleurs, leur façon de couper du bois est très intéressante: elles mobilisent leur bassin sans abîmer leur dos, font travailler leur périnée, favorisent des contractions en levant les bras en l’air (cf. le lavage de carreaux par chez nous) et favorisent un bon retour veineux par ces mouvements de flexions. Magnifique, la coupe du bois!! (C’est une idée pour les cours de prépa, non?!)

Coupons du bois!

 

L’idée de vivre en communauté dans le dernier mois de le grossesse est elle aussi très intéressante. C’est une pratique assez fréquente au Japon, de retourner vivre chez sa mère à la fin de sa grossesse.

La première particularité est ce qu’on appelle en japonais le « Satagaeri« , en français, le retour à la maison. Quelques mois avant l’accouchement, il est fréquent que la future maman retourne chez ses parents pour accoucher dans sa ville natale. C’est parce qu’au Japon, traditionnellement, la mère de la future maman s’occupe de sa fille à la fin de sa grossesse et du bébé lors de son arrivée. Article d’une japonaise vivant au Québec sur l’accouchement au Japon – 2006.

 

Quand on voit toutes ces femmes seules, voire très isolées pendant la grossesse, parfois loin d’un quelconque entourage maternel ou féminin, quand on sait que la majorité des japonaises vivent dans des villes de plus d’un million d’habitants, je comprend cette envie. Cuisiner ensemble, vivre ensemble, ça construit, ça soutient.

 

Mais je ne comprend pas le manque de place faite au père…cet homme qui nous répond qu’il ne « peut rien faire pour aider (sa) femme » à part « travailler pour gagner (leur) vie »…J’ai envie de le prendre dans mes bras et de lui faire un gros câlin. Quelle tristesse!! Mais bien sûr qu’il peut « faire des choses » pour aider sa femme!! Je peux lui expliquer, s’il veut!! Et puis parfois être vaut mieux que faire

Alors, M. Yoshimura, s’il-vous-plaît, je sais qu’à votre époque, pourtant un peu plus récent que celle d’Edo, les pères n’avaient pas le droit de rentrer en salle de naissances, et qu’aujourd’hui encore, il n’est pas courant que le père soit là, mais certaines évolutions sont peut-être nécessaires…

(Et parmi ces évolutions,  je ne parle pas de la « perfusion pour accélérer le travail »…on m’aura comprise.)

 

Alors, oui, il va un peu loin, le petit père Yoshimura.

-« On ne devient une vraie femme qu’en accouchant. » Merci bien, je vais pleurer, je reviens.

– « De nos jours, on mange trop et on ne travaille pas assez. » Pour rappel, il est japonais; si eux ne travaillent pas assez, je ne sais pas ce qu’il lui faut…

– « Le monde de l’obstétrique condamne la mort d’une femme ou d’un nouveau-né. Ils ont tort; s’il y a la vie, c’est parce qu’il y a la mort. » Euh… oui. C’est difficile à intégrer sans avoir une vision bouddhiste de la vie. Donner la vie, c’est donner la mort. Le cycle de la vie et de la mort. Certes.

-« Une femme peut ne pas aimer son enfant si elle ne l’a pas senti naître. » j’ai mon avis sur la question, en tant que sage-femme. La phrase est choquante. Mais c’est une question complexe, qui peut apparaître très culpabilisante et qui nécessite un long développement.

 

Mais, si l’on veut bien enlever ses oeillères, il a l’avantage de faire réfléchir, ce cher Yoshimura. A chacune et chacun de se faire son avis.

 

Pour aller plus loin: l’article traduit sur la naissance au Japon, de Wikipedia.

 

 

Dans la chaleur d’un automne nippon

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Nous quittons le Japon encore une fois et je me réjouis d’y être venue à une époque différente de l’année, quand les feuilles des arbres commencent à prendre de jolies couleurs d’automne.
Il nous faudra quand même revenir pour profiter complètement des érables japonais, les « momijis » 紅葉  rouges à perte de vue. (Trop dommage d’être obligés de revenir…)

Momiji vus d’un temple à Kyoto

Et comme pour la courte période de floraison des cerisiers que nous avons eu la chance de partager avec eux cette année, les japonais ont leur façon toute personnelle de vivre la chute des feuilles rougies ou jaunies. Ils appellent ça le « kôyô » (ou « feuille rouge », 紅葉). Les observateurs auront remarqué qu’il s’agit des mêmes kanjis que pour « momiji », l’érable japonais. A l’origine, l’érable se disait « kaede », mais il est tellement associé à sa feuille rouge, que les caractères « feuilles rouges » sont devenus synonymes de l’érable.
La saison du « kôyô » s’étend à partir de mi-septembre à Hokkaido, dans le nord du Japon, jusqu’au sud sur environ 50 jours; comme pour le hanami, les dates exactes varient chaque année et déjouent souvent les prédictions des professionnels, au grand dam des japonais qui posent quelques rares jours de congés pour observer ce phénomène aux endroits les plus populaires, comme à Kyoto. Pour avoir les dates les plus exactes possibles, c’est.
Mais les « kôyô » n’est pas seulement représenté par le momiji, le gingko est aussi à l’honneur. Celui-ci est célébré pour sa longévité et sa résistance, à tel point que la capitale japonaise a choisi sa feuille comme emblème. On dit aussi que c’est le premier arbre à avoir repousser après les catastrophes nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki…

Gingko jaunissant au chateau d’Osaka

Au printemps, les japonais fêtent le « hanami » 花見: la célébration des fleurs, (hana= fleurs mi=regarder), notamment des cerisiers, mais aussi des pruniers.
A l’automne, ils fêtent le « momijigari » 紅葉狩: »chasse aux feuilles rouges » Il s’agit encore de rendre hommage à la nature et de se rappeler tous ensemble l’impermanence des choses et les cycles de la vie: le temps passe, les choses changent, les pétales de fleurs tombent avant de donner des fruits, les feuilles jaunissent, rougissent et tombent…  C’est la vie (en français dans le texte).
Et comme pour le hanami, les familles et les amis se réunissent pour pique-niquer sous les momiji et les gingko; ramasser les feuilles tombées est une occupation traditionnelle du week-end pour les enfants pendant le momijigari. D’ailleurs, on appelle parfois les mains des bébés « de minuscules feuilles d’érable« .

Momijigari, la « chasse aux feuilles rouges »

Ça me rappelle les feuilles rougies que je ramassais chez ma grand-mère quand j’étais petite, j’adorais les choisir et les garder; pas longtemps, puisqu’elles se desséchaient, bien sûr. Ça et les « hélicoptères » (les fruits des érables) qu’on ramassait sur le chemin du retour de l’école.
C’est très agréable de voir célébrée cette période de l’année comme ils le font au Japon; chez nous, certes,  les érables sont rouges, mais c’est aussi novembre son froid, sa pluie, son gris, son changement d’heure qui nous met la nuit à 17h…Au Japon, on croirait une période de fête et on peut voir des feuilles d’érable et des chataignes partout:
– en déco dans les restaurants au milieu des sushis ou des ramen
– en plat: les « momiji tempura » sont des feuilles d’érable rougies salées et frites

Momiji tempura

– en pâtisserie, comme ces « kozue no aki » 梢 の 秋
– en boisson dans les « coffee shops »: le marron latte, trop miam!!

Marron Latte!

– sur les kimonos: il existe tout un code de motifs saisonniers sur les kimonos; à chaque mois ou saison son motif caractéristique. En automne et en novembre plus particulièrement, c’est la saison de la feuille d’érable.

Momiji no kimono

– et bien sûr, sur les ongles:

Manucure d’automne

En bonus, la recette du Marron Latte:
– un espresso
– 10 ml de sirop Monin à la chataigne, ces sirops français idôlatrés par les Japonais
Mélanger
– 120 ml de lait (de soja, de noisette)
Chauffer le lait jusqu’à obtention d’une mousse et verser sur le café-sirop.
Déguster!

Momijigari

Enfin, à noter: « la feuille d’érable et le daim » (« momiji ni shiga ») sont deux symboles fréquemment représentés ensemble dans l’art japonais ou dans le jeu de carte traditionnel; l’expression désigne deux éléments bien assortis, « les deux font la paire »,  un « nice couple », en somme!

La feuille d’érable et le daim, la bonne paire! Jeu de Hanafuda

Alors pour passer un bon mois de novembre, le mois que je trouve le plus glauque de toute l’année, un bon gâteau, un marron latte et les pieds au chaud sous le kotatsu en compagnie de son daim préféré! L’automne est quand même bien moins triste comme ça, non?

Un blog très intéressant d’une japonaise, écrit en anglais: Fourseasonsinjapan

http://ichinen-fourseasonsinjapan.blogspot.jp/2011/10/foliage-season.html

Les petits pois de Kusama

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Si tu veux rendre heureuse une japonaise ou une coréenne, tu lui offres un sac Vuitton. Mais attention, comme elles en ont (presque) toutes un, fais gaffe de ne pas lui prendre le même.

Si tu veux rendre hystérique une japonaise ou une coréenne (la même ou une autre, hein), tu lui offres un sac Vuitton de la série Kusama. Par contre, après, assume, elle risque de te demander en mariage.

C’est un fait avéré, Louis Vuitton vend plus en Asie qu’en France et pour situer les choses, en 2003, 44% des japonaises auraient un sac Vuitton chez elles contre 2% des françaises (1). Alors aujourd’hui,…

L’aboutissement d’une belle stratégie de la marque, quand on voit que certaines coréennes sont en jogging avec des baskets fluos, mais…avec un LV au bras, trop la classe. Mais bon, elles ne partent quasiment pas en vacances, ont des apparts minuscules et des placards de souris, alors elles peuvent bien s’offrir un sac (ou deux) qui coûtent un bras. Mais, comme ces femmes mettent un (ou deux) SMIC dans un sac, il faut qu’il ne soit pas démodé avant la fin de la saison; c’est pour ça, entre autres, que les modèles varient assez peu dans cette marque. Le monogramme marron et camel (trop moche, d’après moi) est donc partout.

Enfin, était partout, jusqu’à cet été. LV a mis en vente une ligne créee par une artiste japonaise passionnante, Yayoi Kusama. Tu as peut-être vu la rétrospective à Pompidou, petit veinard(e). Elle était en partie financée par Vuitton. Eh oui.

Les boutiques sont devenues pour un temps de vraies oeuvres d’art et même moi qui n’aime pas particulièrement cette marque, j’avoue que j’ai été bluffée par les devantures.

Immeuble du magasin Vuitton à New York

Ces pois partout m’ont hypnotisée. Je me suis donc renseignée que cette artiste. Verdict: j’adore.

Portrait de Yayoi Kusama

Alors, qui est Yayoi Kusama 草間彌生?  Une artiste japonaise née en 1929 obsédée par les pois. Ils illustrent ses hallucinations, qu’elle a commencé à avoir toute petite. Emigrée aux Etats-Unis en 1957, elle commence à produire diverses oeuvres: sculptures, livres, peintures, happenings où elle se met en scène …Ses marques de fabrique:

– les pois, qui au-delà de ses hallucinations, symbolisent le yin et le yang:

Selon elle, ses pois ont la forme du soleil, et symbolisent toutes les énergies du monde, chaque manifestation de vie. Mais ils ont aussi la forme de la lune, qui est l’envers calme de cette énergie. Ronds, doux, colorés, dépourvus de signification et de conscience: les pois sont la métaphore du mouvement, ainsi qu’une voie vers l’Infini.  Manucurist.com

Elle a cette phrase qui me plaît:

 « Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois… »

– les miroirs, pour rappeler l’infini, signifier la perte de repères,

Pièce à miroirs de Kusama; les pois, à l’infini

– les « macaronis », symboles de notre société de consommation, évocateurs de l’univers féminin.

– les phallus, symboles masculins qu’elle combat.

Depuis 1977, Kusama vit à sa propre demande dans un hôpital psychiatrique à Tokyo. Elle dispose d’un atelier en plus de sa chambre au sein de l’hôpital. Son « studio », lieu de travail de son équipe, est situé de l’autre côté de la rue. Ses symptômes sont la cause majeure de l’absence de reconnaissance de son travail au Japon, et de fait, la raison première de son départ aux Etats-Unis. Wikipedia

Son site officiel est là.

Certaines oeuvres sont touchantes; j’aime particulièrement la « citrouille » exposée sur l’île de Naoshima (un des lieux de ma « bucket list« ), une île japonaise consacrée à l’art contemporain.

Pumpkin de Kusama à Naoshima

Les japonaises ont donc rempli les boutiques Vuitton encore plus que d’habitude et les pois sont (re) devenus hyper tendance-trop-fashion. Et comme c’est le Japon, on peut trouver ça:

Manucure Kusama

Mais dis donc, y’en a un qui va revenir sur le devant de la scène, alors?? Faut peut-être qu’on arrête d’aller dans ces boutiques japonaises de rétro-game où tu peux trouver toutes les consoles de jeu et tous les jeux qui t’ont empêché de faire tes devoirs il y a ….quelques années. Ceci dit, Toad est un exemple parfait de pois hallucinatoires (champignon, tout ça…), mais je n’avais jamais pensé à y voir son côté yin et yang!

Toad le champi de Nintendo

Et sinon dis donc bis, ça, ça ferait pas de très beaux Furoshiki??

Etoles Vuitton-Kusama

Shibori, Tsutsugaki et Bintaga

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En me penchant sur les Furoshiki et l’artisanat japonais, je découvre petit à petit les différentes techniques qui permettent d’obtenir ces si jolis tissus. On en retrouve sur les furoshiki, mais aussi sur les kimono ou les yukata (kimono de coton léger) et sur tous les textiles de la maison, la décoration.

Difficile d’obtenir cette information en anglais, alors en français, je ne t’en parle même pas. Voici donc un petit recueil d’informations glanées à droite à gauche (quelques heures de lecture de kanjis plus tard…) Remercions au passage mon ami Google Translate.

Techniques de teintures japonaises

Shibori 絞り染め :

Technique traditionnelle japonaise de « tie and dye ». Là, rien d’inconnu avec cette technique à la mode à l’époque de ma déjà lointaine adolescence…Souvenirs, souvenirs…Bref, passons.

Plusieurs façons d’obtenir les motifs avant de plonger le tissu dans l’indigo:

  • Kanoko shibori 鹿の子 絞り

Technique la plus connue: on noue un fil autour du tissu torsadé; parfois on plie d’abord le tissu avant de nouer le fil. Le motif dépend du degré de serrage du tissu et de l’endroit où le fil est posé.

Kanoko Shibori 鹿の子 絞り

  • Miura shibori 三浦 絞り

Pour celui-ci, il s’agit de pincer avec un crochet une petite zone de tissu et d’enrouler le fil deux fois autour, sans le nouer. Un des plus faciles et rapides à faire, très populaire, donc.

Miura Shibori

  • Kumo shiburi

Ici, le tissu est plissé puis plié. Le résultat ressemble à une toile d’araignée.

Kumo Shibori

  • Nui shiburi 縫い絞り

Une des techniques qui prennent le plus de temps: il faut coudre le tissu avec un surjet (oui, ben je ne connais pas le nom du point en couture), très serré, maintenir le tissu cousu dans une sorte de presse en bois pour le teindre, puis découdre.

Nui Shibori

  • Arashi shibori嵐絞り

Pour cette technique, on enroule de façon très serrée le tissu autour d’une sphère, en diagonale. Puis on enroule dessus du fil de façon parallèle et on teint le tout, au pinceau. Le motif est donc toujours en diagonale et représente la pluie dense d’un jour d’orage…Arashi signifie « orage » en japonais.

Arashi Shibori

  • Itajime shibori 板締め 絞り

Là, c’est facile: on place le tissu entre deux sortes de moules en bois (ou en plexiglas aujourd’hui) et on plonge le tout dans la teinture. Le motif dépend de celui du moule.

Itajime Shibori

Tsutsugaki 筒描 :

Technique traditionnelle de teinture japonaise, habituellement sur du coton, avec de l’indigo:

  1. Fabriquer de la pâte de riz avec du riz doux riche en amidon
  2. Dessiner à l’aide d’une sorte de poche à douille utilisée en pâtisserie, appelée tsutsu (tube) sur un tissu en coton
  3. Teindre le tissu, le plus souvent en indigo
  4. Laver le tissu pour éliminer la pâte de riz

Motifs dessinés le plus souvent: grues, tortues, fleurs, kamon (blason japonais),…

Exemple de Tsutsugaki avec kamon

Mode d’emploi en japonais,.

Katazome 型染め :

Technique traditionnelle japonaise de teinture de tissu mais avec un pochoir cette fois-ci:

  1. Découper un pochoir avec le motif choisi
  2. Fabriquer la pâte de riz
  3. Appliquer la pâte de riz avec l’aide du pochoir
  4. Teindre, avec de l’indigo ou d’autres couleurs
  5. Laver le tissu pour éliminer la pâte de riz.

A noter, la technique particulière de peinture sur kimono, avec un pochoir (qui rappelle notre bonne vieille peinture sur soie), s’appelle Katagami (型紙).

Katazome à l’indigo

Les motifs utilisés rappellent souvent ceux des Bingata…nous voilà bien avancés!

Bingata 紅型 (en langue d’Okinawa):

Technique de Katazome spécifique à Okinawa. C’est la même technique, mais les couleurs sont très…présentes! Et nombreuses, généralement de 9 à 18 différentes pour chaque tissu. Ce textile aux influences très variées (probablement indienne, chinoise et javanaise), aux couleurs très tropicales est utilisé pour les kimonos du festival de Ryûkyû

On teinte le tissu à la main, des couleurs les plus claires aux plus foncées bien sûr. Si on souhaite teindre l’arrière-plan, on plonge le tissu dans un bain de teinture après l’avoir passé à la vapeur pour fixer les couleurs.

Exemple de Bingata; ça sent les tropiques!

Technique de texturisation japonaise

Chirimen ちりめん (« crêpe »)

Enfin un nom sur ce tissu que l’on voit partout sur les objets d’artisanat! Le chirimen ou crêpe, est un tissu légèrement ondulé. Les fils de soie ou de polyester, plus souvent aujourd’hui, ont été tissés dans deux directions différentes sur la trame, ce qui forme ces mini-vagues (Shibo en japonais, « rides »). L’intérêt, c’est que le tissu est très résistant et quasiment infroissable.

Les motifs appliqués dessus sont multiples et les objets qui en sont recouverts innombrables!

Texture du Chirimen

Les motifs traditionnels sont une mine de surprises également, mais il me faut quelques kanjis en plus pour les comprendre…

Mon royaume pour un kotatsu

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Un ouate? Mais oui, tu sais, ce truc de rêve, fabriqué pour l’hiver, parfait pour hiberner, seul (e) ou entre ami(e)s.

Kotatsu

Le Kotatsu こたつ. Je te dresse le tableau: dans une pièce japonaise, dont le sol est donc recouvert de tatamis, trône une table basse magique. Elle est chauffée par en-dessous (charbon à l’époque, fée électricité de nos jours), recouverte d’une couverture épaisse, dont les bords dépassent largement de la table afin de couvrir amoureusement les jambes des convives, couverture sur laquelle est posé un dessus de table.

Fonctionnement d’un kotatsu, électrique en haut et chauffé au charbon en bas.

Au-delà du confort indéniable sur lequel je reviens tout de suite, les kotatsu représentent le coeur de la maison japonaise. Quand il fait froid et que les pièces sont mal ou pas chauffées (et bonjour l’isolation dans des pièces aux portes de papier de riz), tout le monde s’y réfugie. Et quand on reçoit de la famille ou des amis, tout le monde se met les jambes au chaud autour du repas. Une sorte de poele, quoi.

Ceci dit, si tu as des problèmes à régler avec ta moitié ou tes parents, le kotatsu est idéal: c’est le seul endroit de la maison où il fait chaud, t’es obligé d’aller dessous, du coup, normalement, tu te parles.

Ce qui est génial avec le kotatsu, c’est que tu peux aussi en profiter tout seul, pour lire un manga livre sans image, faire de l’ordi ou faire une petite sieste de derrière les fagots. Regarde comme ils ont l’air bien:

Lecture sous un kotatsu (de fille) N.B. le rose n’est pas obligatoire, hein.

Sieste sous un kotatsu, les reins au chaud

Et l’image qui fait trois exemples en un: ordi, chien et « kotatsu-dans-la-vraie-vie » (mois classe et moins rose):

Ordinaterie sous un kotatsu…le chien aussi a l’air bien!

Et ça marche aussi en version chats (suivez mon regard):

Kotatsurie avec chats

(Et juste pour les amoureux des chats, celle-ci, je l’ai trouvée choupinette:)

Bon, évidemment, le truc, c’est qu’il faut quand même un peu de place pour pouvoir en profiter. Mais si les japonais le font, en ville, dans leurs minuscules appartements, alors tout est possible!

Du coup, tu es convaincu et toi-z-aussi tu voudrais un kotatsu pour Noyel? Daijobu! (« Pas de problème »), y’a qu’à le fabriquer!  Voici donc, en exclusivité inédite le mode d’emploi de la fabrication du rêve-de-moi, le kotatsu (Si le père Noël pouvait transformer mon mari préféré en bricoleur d’ici là, merci):

Fabrication d’un kotatsu:

Cher petit scarabée-bricoleur, il te faut (par exemple):
– Une table basse genre Ikea LACK 

Habituellement, la hauteur des kotatsu japonais est de 36 cm mais si tu n’es pas fichu comme un japonais, cette table-là serait a priori parfaite, d’autant plus qu’elle a une partie qui peut servir de dessus de kotatsu.

Là, tu choisis la taille et la couleur que tu veux.

– Le radiateur de Kotatsu 

La pièce la plus importante; se trouve sur Ebay.

!Attention! les radiateurs de Kotatsu sont spéciaux et ne nécessitent pas d’aération; ça veut dire que si tu prends un radiateur électrique classique et que tu mets une couverture dessus, ça mets le feu!!!

– Un transformateur de voltage de 220V à 100V

La deuxième pièce la plus dure à trouver. Là encore, Ebay ou ailleurs sur internet. Le mieux est de vérifier les qualités requises écrites sur le radiateur de kotatsu.

– crochets en L

Là, facile, chez Lemoi Rerlin, ça se trouve.

Attention que les vis du radiateur de kotatsu aillent sur les crochets, c’est mieux, hein…et aussi que la longueur des crochets soit suffisante pour l’épaisseur du radiateur.

Des vis ou des clous qui correspondent aux crochets en L

On les utilisera pour attacher les crochets au dessous de la table.

– Couverture/ Plaid/…

Adapter la taille requise en fonction de la table: elle doit dépasser suffsamment pour recouvrir les gens assis autour.

L’épaisseur dépend du degré de chaleur que tu veux avoir.

Le design t’appartient, tu peux tout tenter; c’est ton kotatsu, après tout.

Les aventuriers pourront même fabriquer leur couverture avec …un furoshiki!

En option:

– 4 rondelles

Pour sécuriser le radiateur de kotatsu aux crochets

– Dessus de table

Si tu fais le difficile et que la partie basse de la table LACK ne te convient pas, que tu en veux un d’une autre couleur ou un dont la taille est exactement la même, là tu as besoin d’un vrai dessus de table.

Avec tout ça, lance-toi:

Etape 1

Aligner chaque crochet face aux troux de vis du radiateur et les visser (avec les rondelles si tu préfères). Jusque là, pas de lézard.

Etape 2

Déterminer l’emplacement du radiateur sous la table. Donc, tu retournes ta table, tu mets le radiateur dessus (enfin, dessous, pour ceux qui suivent) et tu vérifies que les crochets collent bien à la surface de la table. Pour l’emplacement, ça dépend de la configuration de ta pièce, faut tester. (A savoir que le radiateur chauffera davantage deux côtés sur les quatre, les résistances étant parallèles).

Etape 3

Fixer le radiateur; tu perces, tu mets les vis. Même moi, je peux le faire.

Etape 4

Terminer; tu retournes la table, tu la montes si ce n’est pas déjà fait (et tu remercies IKEA pour la facilité de leurs montages); tu places ta couverture dessus, le dessus de table par-dessus le dessus;

Brancher; tu branches le transformateur dans la prise (sans les doigts), tu mets les fils tout là où il faut, tu allumes ton radiateur et hop! la magie du kotatsu est avec toi!

Y’a plus qu’à avoir une maison…

Source:Super merci au site Instructables; c’est là que tu trouveras toutes les photos qui correspondent à cette merveilleuse traduction.

Mastacloue décline toute responsabilité en cas d’incendie de kotatsu, d’électrocution ou de doigt percé. Merci.

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