Les nombrils du monde

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Dans tous les pays que nous avons faits depuis notre départ, globalement, nous avons chaud, très chaud. Les locaux sont habitués, ils font avec. Et parfois, ils ont de drôles d’habitudes pour gérer la situation.

Au Vietnam, il est difficile de ne pas avoir l’œil attiré par toutes ces bedaines masculines mises à nu. J’en ai vu aussi aux Philipines et la pratique a l’air courante en Chine. Les hommes, surtout des plus de 40 ans, s’aèrent en retournant leur T-shirt pour découvrir leur ventre. Les nombrils prennent l’air. Les brioches avec. C’est un drôle de spectacle de voir ces hommes dont le milieu du corps est nu, offert aux courants d’air et aux regards.

Nombril vietnamien
Flickr Sven mook

Quand j’ai étudié la médecine traditionnelle chinoise (MTC), j’ai appris l’importance du nombril et du méridien horizontal qui passe par lui, le « Dai Mai » 帶脈 ou « vaisseau-ceinture ». Il passe aussi par les reins, sources de toute l’énergie du corps en MTC.

Trajet de Dai Mai

Le rôle du Dai Mai est essentiel ; raison pour laquelle notre prof,Monsieur K., nous avertissait du danger que couraient les minettes aux T-shirt trop courts, qui offraient leur nombril au vent pervers. Mais il n’avait pas pense a ces messieurs asiatiques bedonnants!

The Chinese roll shirt

En MTC, on décrit l’homme comme se situant « entre ciel et terre ». Il est soumis aux énergies extérieures, climatiques notamment ; ces énergies peuvent modifier l’équilibre énergétique interne propre à chaque être vivant. Le vent est une des énergies extérieures les plus puissantes et les plus pathogènes. Les migraineux savent que les jours de grand vent peuvent déclencher une crise. Il est décrit certaines décompensations psychiatriques typiques des jours de tempête. Le froid est une énergie climatique qui s’ajoute souvent a un froid interne. Toutes ces energies climatiques peuvent donc declencher de la pathologie.

Or, la pathologie du Dai Mai, c’est pas terrible. Elle concerne  la fertilité, la continence, la sexualité. Beaucoup de problemes gynecologiques, mais aussi l’equivalent chez les hommes: infertilite par « mauvaise qualite du sperme », soit toute la serie des oligo-astheno-teratospermie, impuissance, troubles prostatiques,etc…

Ventre expose
Flickr Nathalie Behring

Heureusement, ici, on peut penser que l’être humain agit spontanément pour aller vers l’équilibre. La chaleur, voire le feu, deux autres énergies extérieures pathogènes, peuvent aussi être néfastes au Dai Mai. Une elevation de yang vers le haut du corps peut nous donner, si elle est n’est pas regulee par Dai Mai, des cephalees, migraines, vertiges, acouphenes, douleurs dans les trapezes, eczema…… En rafraîchissant son ventre, son « hara », en médecine traditionnelle japonaise (cf « hara-kiri »), ces messieurs empêchent le feu de pénétrer leurs organes. Malin.

Roulage de T-shirt

Alors merci aux vietnamiens bedonnants qui m’ont fait réviser ma MTC.

Bidon chinois

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Sus au soleil!

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Puisque c’est la canicule en France, c’est qu’il doit enfin y avoir du soleil. Je compatis, depuis ma terrasse au bord de la mer…hin hin.

Plus sérieusement, le soleil, depuis qu’on est partis, ne nous a presque pas quittés. (Passons les pluies torrentielles à Hanoi et typhonesques à Manila). Et partout, il m’est apparue une évidence: nous sommes en retard. En Europe, certes, on prône la crème solaire à tout va; on informe des dangers du soleil; on dit de protéger les enfants. Mais peu de progrès concernant les vêtements protecteurs. Petit florilège de ce que l’on a pu rencontrer jusque-là.

– Le chapeau

Capeline à la japonaise
Site Pierrot Gosyo de crochet japonais.

 

Comme toujours très inventives, les japonaises ont adapté cette nécessité aux contraintes de la mode et ont déniché des tas de chapeaux de style très différents. Les chapeaux font complètement partie du look des japonaises. Dans la rue, celui que l’on remarque le plus, c’est la capeline. Elles savent la porter sans avoir l’air de sortir d’un roman du XIXème siècle, et ça, c’est la classe.

 

 

 

 

Parfois, c’est un peu moins classe, comme par exemple ces quinquas qui portent une affreuse visière.

Visière japonaise

– Le masque

Masque 2 en 1 au Vietnam
Blog Lignes de fuite

 

Porté, comme on le sait, pour éviter de propager son ignoble infection à tout le monde, ou pour se protéger de la pollution, le masque a l’avantage de faire double usage. Au Vietnam, une femme m’ a expliqué que les masques anti-pollution qu’elles portaient toutes sur leur scooter servaient également à les protéger du soleil!

 

 

– Les gants

L’objet pratique par excellence en cas de chaleur: on porte un T-shirt, une petite robe, avec de ces longs gants anti-UV quand on est exposées; on les enlève quand on est à l’intérieur. Facile en ville, moins évident à la plage, bien sûr.

Au Japon, l’objet fait partie intégrante de la garde-robe de toute femme qui se respecte. Il s’agit de longs gants-mitaines qui sont portés en voiture ou dans la rue.La mode étant partout, certains gants sont très recherchés et peuvent complètement changer le look de départ.

Gants en voiture

Mais aux Philippines, j’ai eu la surprise de voir que les conducteurs de tricycles, des hommes donc, portaient souvent ces manches anti-UV. Moins de dentelle, mais de faux tatouage-trompe l’oeil!

 

Protège avant-bras Philippines

 

Les vêtements traités anti-UV

Au Vietnam, à Hanoi, capitale envahie de scooters, toutes les conductrices portent une sorte de K-Way high-tech fleuri. Traité anti-UV, il comporte capuche et recouvre-mains; un modèle plus fashion mais moins courant se porte plus court, comme une sorte de boléro.

Au Japon, de grandes marques populaires comme Uniqlo vendent des T-shirt et autres vêtements traités anti-UV.

 

L’ombrelle

Encore différente du banal parapluie, l’ombrelle, souvent plus « couvrante », a aussi un design plus romantique. Ceci dit, à Bali, au Vietnam et aux Philippines, beaucoup de gens se contentent du parapluie.

Parasoleil vietnamien
Galerie Flickr de homemadevietnam

 

– La dernière trouvaille chinoise…le « facekini »…là, je me dis que l’être humain me fait peur, parfois. Le Monde en a fait un article il y a quelques jours.

Facekini en Chine
Galerie Flickr de Voodoo Ray

Remarquez, quand on voit ça, ça donne envie (non?)

Jumelles

 

Mais mes préférées, ce sont celles qui rivalisent d’ingéniosité et d’empilement de couches pour arriver au même résultat. Quand on n’a pas les moyens, on s’arrange. On se retrouve avec de drôles de combinaisons…Celles-ci sont prêtes à enfourcher leur scooter dans les rues de Hanoi!

Desperados vietnamiennes

 

Par contre, bizarrement, on voit assez peu de personnes avec des lunettes de soleil au Japon. Ça m’a beaucoup surprise. Les dégâts des UV sur les yeux seraient-ils moins connus? Ou n’est-il pas (encore) envisageable de cacher ce beau maquillage qu’on a mis des heures à élaborer?…

Chacun cherche son nid

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Nous venons de quitter El Nido, cette charmante petite ville au nord de Palawan, port d’embarquement pour l’archipel de Bacuit dans lequel nous avons passé de belles journées de bateau, snorkelling et plongée.
« El Nido », comme vous l’avez deviné, signifie « le nid » en espagnol. Quel est le rapport? Et bien, ici, comme à Bornéo et dans d’autres endroits d’Asie, on trouve un mets de luxe, très prisé: le nid d’oiseau. On l’utilise pour parfumer les soupes.

Ces oiseaux sont des salanganes ou balinsasayaw en tagalog (langue nationale des Philippines) et non des hirondelles comme le voudrait l’appellation « nid d’hirondelle ». Plusieurs espèces construisent des nids comestibles, dont les collocalia fuciphaga que l’ont trouve à El Nido. Les mâles fabriquent leur nid dans des grottes, comme celle de Gomantong à Bornéo ou celle de Pinasil Island à El Nido. Et trois fois par an, des récolteurs risquent leur vie en grimpant sur de frêles échelles glissantes à 5 ou 10 m de hauteur pour récolter ces nids.

Récolte des nids

Ils sont ensuite laissés à tremper toute une nuit pour être nettoyés de leurs plumes et autres impuretés afin de ne conserver, tenez-vous bien, que la salive d’oiseau. Miam…On fait enfin bouillir les nids avant de les incorporer à la bien-nommée « nido soup« . Ce qui est dingue, c’est que ces petits nids se vendent 3000 dollars le kg!! Et pourtant, cela n’a aucune odeur ni aucun goût…Quel est l’intérêt, alors?

Nid de salangane

Et bien, la salive mucilagineuse de ces charmants oiseaux est très riche en calcium, fer, potassium et magnésium. Les bénéfices attendus sont très variés…mais non démontrés pour le moment. J’ai trouvé en vrac:

– ils ont des vertus fortifiantes; ils étaient consommés par les empereurs chinois au moins dès la dynastie Tang (618-907 ) pour assurer leur longévité.

– ils favorisent la digestion

– ils améliorent la voix

– ils soulagent l’asthme

– ils augmentent la libido

– ils stimulent le système immunitaire

– ils préviennent la sécheresse de la peau et donc l’apparition des rides

– ils sont antipyrétiques

– et même, ils permettent une bonne croissance foetale et redonne de l’énergie à l’accouchée.

Tout ceci s’expliquant, en médecine traditionnelle chinoise, par la nature froide (ou neutre selon les sources), plutôt yin du nid de salangane. Il constitue un élément important de la pharmacopée chinoise et ils sont majoritairement consommés à Hong-Kong, en Chine et à Singapour.

Les parents en donnent à leur enfant pour favoriser leur croissance; or, les nids sont l’une des causes les plus fréquentes de crises anaphylactiques chez les enfants en Asie du Sud-est!

Il n’est pas rare de trouver des nids mélangés avec de la résine de karaya, avec des algues rouges ou des champignons.

Et les familles chinoises riches en mangent à chaque nouvel-an.

 

Bon, OK mais alors il y a deux trucs qui me dérangent dans cette histoire:

1- Les récolteurs qui grimpent à 10 m de haut sur des échelles précaires à moitié plantées dans l’eau, après avoir dégager le terrain à la machette…versus les riches et grasses hong-kongaises qui consomment allègrement leur « nido soup » pour avoir moins de rides…Je ne sais pas pourquoi mais il y a un truc qui me gêne!

Récolteur
Site Thaiways Magazine

Les conditions de vie de ces récolteurs sont vraiment  honteuses: surexploitation,corruption et accidents sont monnaies courantes sur les lieux de récoltes. Pendant la période de récolte, les lieux sont gardés pour faire fuir les voleurs de nid et les prédateurs (serpents entre autres). Mais l’accès aux lieux de récoltes, soumis à autorisation, très chère, du gouvernement, est souvent filtré par ces gardiens qui rackettent les récolteurs. C’est la jungle, quoi.

Récolte à la corde en Thailande
Andaman adventures

2-Les récoltes perturbent évidemment le mode de vie de ces mignons oiseaux. Elles ont lieu 3 fois par an: une première en mars, avant que la femelle n’ait eu le temps de pondre, ce qui l’oblige à reconstruire un nid. Cela prend environ un mois. Vient ensuite la deuxième récolte, même conséquence; la femelle re-construit un autre nid. Là, quand même, on la laisse pondre tranquille et faire grandir ses petits avant de récolter les nids une 3ème fois, après que les oisillons ont quitté ce nid si convoité. On leur laisse 3 mois pour cela. Ces nids-là sont appelés « nids bruns », ils sont moins prisés puisque moins « purs »; et oui, les oisillons l’ont sali, ce nid. Ils faut le nettoyer! Ils pourraient faire attention, quand même!!

Nid brun
Andaman adventures

Plus sérieusement, les experts ornithologues affirment que cela modifient les mouvements de migration des salanganes.

Alors pour ceux que ça tente quand même, la recette est .

Nido soup
Wikipedia

Mais j’ai envie de dire que, peut-être, ça ne vaut pas le coup…

Le naturel revient au galop

Un commentaire

La semaine dernière, nous sommes allés visiter la célèbre (si, si) rivière souterraine de Sabang, sur l’île de Palawan, aux Philippines. C’était très impressionnant. Parcourir 8 kilomètres de rivière dans une grotte grouillant de chauve-souris, c’est épique.

Un guide philippin paraissait très fier de nous annoncer que la rivière avait été sélectionnée cette année comme étant une des « 7 nouvelles merveilles naturelles du monde » (New 7 Wonders of Nature). Bon. Alors évidemment, comme moi, vous vous demandez ce que c’est et quelles sont les 6 autres? Voilà, voilà:

1- Rivière souterraine de Sabang, Palawan, Philippines

Rivière souterraine

 

 

 

 

 

 

 

 

2- Ile Jeju, Corée du Sud

Jeju Island

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3-Les chutes Iguazu, Argentine et Brésil

Iguazu Falls

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4- La Baie d’Halong, Vietnam

Baie d’Halong
Galerie Flickr J. Couture

 

 

 

 

 

 

 

 

5- La forêt amazonienne

Forêt amazonienne
Blog WordPress : l’archipeldessciences

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6- Ile Komodo, Indonésie

Komodo Island

 

 

 

 

 

 

 

 

7- Table Mountain, Afrique du Sud

Table Mountain
Blog wordpress Dumirocks

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce classement date en réalité de 2011. L’association suisse à but non lucratif, New7Wonders Foundation, a recueilli 100 millions de votes à travers le monde de 2007 à 2011. L’initiative a suivi celle des « 7 nouvelles merveilles du monde » (« New 7 Wonders of the World« ), qui a, elle aussi, recueilli 100 millions de votes de 2001 à 2007. Allez, je vous mets la liste pour que vous cochiez les cases de votre « bucket list » (« liste de souhaits »):

1- Le Taj Mahal, Inde

2- Chichen Itza, Mexique

3- O Cristo Redentor, Brésil

4- Le Colisée, Italie

5- La grande Muraille de Chine

6- Le Machu Piccu, Pérou

7- Petra, Jordanie

A noter que la pyramide de Gizeh, en Egypte, est la seule « rescapée » des « anciennes » merveilles du monde et a donc un statut particulier. Sympa pour elle.

Bon, sinon, tout n’est pas si simple. Ces deux listes de merveilles ont été obtenues par vote, sur internet et par SMS. Mais rien n’a été fait pour empêcher les votes redondants; c’est-à-dire que chacun pouvait voter autant de fois qu’il le souhaitait. Alors évidemment, les communes ou les pays dont le budget tourisme n’est pas mourant ne se sont pas fait prier pour voter à tout va; quitte à faire une énorme promo, comme aux Philippines, ou carrément à payer des gens pour voter. Vues les retombées économiques, c’est effectivement une bonne stratégie. Le site « New 7 Wonders » est assez parlant sur ce point; ça se sert la main, ça se congratule, ça échange des chèques.

C’est beau, la nature.

Les grandes eaux

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Bus flottant
CNN

Depuis 2 semaines, l’eau ne manque pas à Manille. Les rues de la capitale philippine se sont transformées en rivières, certains quartiers sont complètement inaccessibles autrement qu’en bateau, des centaines de milliers de famille ont été déplacées dans des refuges. Les dernières nouvelles parlent d’une soixantaine de morts dans la région. Et ce n’est pas fini, puisque les autorités craignent une nouvelle hécatombe de leptospirose. Rappelons qu’en 2009, lors des dernières grosses inondations (464 morts et près de 3 millions de déplacés), il y avait eu 249 morts par leptospirose, soit «  le plus lourd bilan pour cette maladie jamais enregistré dans le monde ».

Pourtant, a priori, c’est comme ça tous les ans. Je veux dire, la saison des pluies, la mousson, les typhons, tout ça, ça concerne un bon tiers de l’année. Tous les ans. Alors comment se fait-il, nom de Zeus, que ce ne soit pas un minimum prévisible, et si non, évitable?

Il se trouve que Manille est située dans une sorte de vallée, entre un lac et l’océan. Une cuvette bien pratique pour recueillir les millions de litres d’eau qui tombent du ciel. Il sera tombé l’équivalent d’un mois de précipitations en deux jours, cette semaine…Mais la responsabilité des pouvoirs publics est mise en avant dans tous les journaux qu’on a pu trouver.

Pour les experts, ces inondations résultent de l’incurie des pouvoirs publics, du délabrement des infrastructures, de l’absence de drainage et de la présence de bidonvilles dans les zones exposées. Le Monde

Après la tempête de 2009, les experts avaient affirmé que près de 3 millions de personnes devraient être déplacées pour éviter un pareil désastre à l’avenir…Ce sont tous ces gens qui vivent dans des bidonvilles, et surtout près des rivières ou carrément dans des marécages comme on a pu le voir. Evidemment, ce projet, établi sur 10 ans, n’avait pas commencé.

Un autre projet, appelé « megadike », existe depuis 2003 dans une région proche de la capitale; il est complété à 99% depuis 2007…mais reste inachevé, faute de fonds publics. Pourtant, les milliards dépensés pour contrôler le niveau des eaux valent bien les milliards de perdus à chaque inondation. Et c’est dommage, c’était bien parti: ils ont construit 26 stations de pompage dans la région. Mais 20 sont opérationnelles: 6 ont péri dans les inondations de cette semaine! On marche sur la tête!

En attendant, ce sont toujours les mêmes qui trinquent: la population. Tout leur manque: eau potable, nourriture, médicaments, et puis une maison.

Le Monde

 

Pour plus d’infos:

New York Times

CNN

BBC

Philstar

 

 

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