Le clou d’Eugénie

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Voilà, nous sommes de retour. Encore un peu là-bas, pas tout à fait ici, je visionne les photos de ces endroits inédits qui ont été un peu « chez nous » pendant quelques temps. Certains moments me reviennent particulièrement en mémoire. Des rencontres, des sourires, des découvertes.

Parmi elles, on l’aura compris, les médecines ancestrales, à Bali, au Sri Lanka, en Corée, m’ont une fois de plus interpellée. Chaque fois, j’essayais d’y voir les applications possibles en obstétrique. J’ai trouvé quelques petites merveilles.

Le Clou de Girofle

Nous avons vu des girofliers en Indonésie et au Sri Lanka, mais ils poussent aussi en Inde, au Pakistan et à Madagascar. Souvent associé aux algies dentaires, le clou de girofle n’est pas particulièrement apprécié dans nos contrées. Pourtant, son nom latin, Eugenia caryophyllus fait allusion à Sainte Eugénie, une des patronnes des sages femmes (1). (« Eu-génie » signifiant « bien née », on reste dans la thématique). Et, ce qu’on appelle « clou de girofle », c’est le bouton floral non éclos du giroflier; raison pour laquelle il est dit qu’il symbolise la naissance et l’être en devenirPeut-être vaut-il le coup qu’on s’y attarde un peu….

Clou de Girofle

Clou de Girofle (Photo credit: JuanChristophe)

L’huile essentielle de clous de girofle accompagne merveilleusement bien l’accouchement. En effet, en plus d’avoir une forte action antalgique et anesthésiante, comme nous le confirmeront nos amis dentistes, cette huile essentielle favorise les contractions utérines. On comprend pourquoi il s’agit de la bannir pendant la grossesse, en dehors du 9ème mois. En association avec l’huile essentielle de Palmarosa, elles forment par contre un duo incontournable des salles d’accouchement.

Ses propriétés sont impressionnantes:

Anti-bactérien à large spectre, Anti-viral, Anti-fongique, Anti-parasitaire, Antiseptique, Neurostimulant, Utérotonique, Hypertenseur, Cautérisant cutanée et pulpaire, Anesthésiant, Stimulant immunitaire, Stomachique ( facilite la digestion) et carminatif (favorise l’expulsion des gaz).

(Toutes ces propriétés sont de plus en plus éprouvées par des études scientifiques. Pour les curieux, Pubmed, site qui recense le plupart des études médicales publiées, c’est par là.)

Ainsi, on retrouve souvent la présence de clou de girofle dans des recettes traditionnelles de sages-femmes, en Asie du sud-est, en Inde et au Sri Lanka et en Chine également. Très énergétique, il fait partie de la pharmacopée des médecines ayurvédique et traditionnelle chinoise. En MTC, il s’appelle  ding xiang; il est associé aux méridiens de l’Estomac, de la Rate et du Rein. (Chinesemedecinewiki). On l’utilise pour traiter les déficits en énergie yang, notamment les Vides de Yang de Rate, pour « chauffer le réchauffeur moyen », c’est-à-dire pour apporter du yang, de la chaleur, dans la partie médiane du corps. Plante très active et très réchauffante, donc, on évite de l’utiliser si la personne a déjà beaucoup de Feu. C’est le cas des personnes avec un déséquilibre Pitta, en médecine ayurvédique. (Faire le test des doshas.)

Ding Xiang: Giroflier tel qu’il est utilisé en médecine traditionnelle chinoise. (tcm.health-info.org)

Intuitivement, je l’associais souvent à la cannelle et j’ai eu la surprise de découvrir que les deux possédait une forte teneur en eugénol (70 à 85%) qui leur confère une très forte note aromatique et des propriétés similaires…Mais…

(…) contrairement à la Cannelle de nature yang (masculine), la Girofle est de nature Yin (féminine) et sera privilégiée dans les périodes de grands bouleversements féminins, accouchements, ménopause… Blog

C’est pas beau, ça?

Quelques exemples d’utilisations du Clou de Girofle en obstétrique:

HE= huile essentielle

HV= huile végétale (toujours privilégier une huile 1ère pression, extraite à froid et bio de préférence)

Pour favoriser le déclenchement des contractions en cas de grossesse prolongée (soit à partir de 41 semaines d’aménorrhée) ou renforcer les contractions pendant le travail, d’après le Dr D. Baudoux:

HE Thym à saturoïdes : 0.5 ml

HE Clou de girofle : 1 ml

HE Palmarosa : 2 ml

HE Néroli : 0.5 ml

HV Noisette : complément à 15 ml

Grossesse prolongée: 6 à 8 gouttes dans le bas du dos (région sacrée) 3 fois par jour et 3 gouttes matin et soir en sublingual jusqu’au déclenchement des contractions.

Renforcement des contractions pendant le travail : 6 à 8 gouttes dans le bas du dos (région sacrée) toutes les 30 minutes jusqu’à délivrance.

En version plus simple, sans le Néroli ni le Thym:

HE Palmarosa 9 ml

HE Clou de girofle 1 ml

HV Noisette ou Sésame  10 ml

– pendant la période de travail en vue de l’accélérer : 10 gouttes au niveau du sacrum en massage toutes les 10 à 15 minutes

– pour essayer de déclencher les contractions au terme de la grossesse : 15 gouttes au niveau du sacrum trois fois par jour

Je me rappelle aussi cette femme, d’origine marocaine, qui m’a raconté comment sa grand-mère sage-femme préparait la fin de la grossesse de ses patientes: elle faisait macérer « une poignée » de clous de girofle dans une bouteille d’huile d’argan et en massait les dos des femmes en fin de grossesse et pendant le travail. « Comme ça », m’a-t-elle dit, confiante, « pas de douleur ». Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de lui demander son témoignage après son accouchement à elle…

Le massage du périnée, effectué dès 34-35 semaines d’aménorrhée, peut être fait avec une formule maison:

HE Mandarine jaune : 0.3 ml

HE Clou de girofle : 0.3 ml

HE Lavande fine : 0.5 ml

HE Estragon : 1 ml

HE Camomille romaine : 1 ml

HV Millepertuis : complément à 30 ml (très forte action cicatrisante du millepertuis, mais elle peut être remplacée par de l’huile d’amande douce bio)

4 à 5 gouttes , localement sur le périnée 2 à 3 fois par jour, dès la 36ème semaine.

Un guide de massage du périnée de Weleda en format PDF, c’est par là. Mais pas besoin d’avoir LEUR huile de massage du périnée…

Traditionnellement, dans l’archipel indonésien des Moluques, on plante un giroflier à chaque naissance; la bonne croissance de l’arbre est signe de bon augure pour l’enfant.

Enfin, pour aller plus loin et réfléchir à l’action psychique de ce Clou si puissant, on peut imaginer qu’il favorise également le passage à l’acte en général, qu’il invite à sortir du cercle vicieux de la procrastination.

En femme sage, l’huile essentielle de Girofle développe et améliore la force intérieure et la vision. Elle nous invite à l’action concrète et nous apporte sa force vitale pour nous faire passer à l’acte, nous faire sortir du labyrinthe des peurs et des doutes, nous faire accoucher de nous-même. Blog 

 

Important! Mises en garde:

– L’usage interne de l’huile essentielle de clou de girofle est réservée au thérapeute. En usage externe, elle doit être diluée au maximum à 20% dans une huile végétale. Pour tout usage thérapeutique des huiles essentielles, consultez un médecin, une sage-femme ou un pharmacien formé en aromathérapie.

– Pendant la grossesse, il convient plus que jamais de ne pas pratiquer d’auto-médication, y compris avec des huiles essentielles ou de la phytothérapie, qui, n’en déplaise à certains, peuvent être très actives. Les indications données ici ne dispensent en aucun cas de demander conseil et avis à son consultant (sage-femme, gynécologue ou médecin généraliste).

– En dehors du 9ème mois, l’huile essentielle de clou de girofle est déconseillée aux femmes enceintes; elle l’est aussi pendant l’allaitement au sein et pour les enfants de moins de 6 ans.

(1) Avec Marguerite, Ségolène, Raymond Nonnat, Damien et Liberata selon les sources…

(2) L’eugénol est d’ailleurs le composant responsable des allergies au clou de girofle:

Un composé naturel contenu dans cette huile essentielle peut présenter un risque d’allergie chez certaines personnes sensibles lorsque l’huile essentielle est incorporée dans une composition cosmétique (selon le 7ème Amendement de la Directive Européenne relative aux produits cosmétiques (2003/15/CE)): eugénol.
En règle générale, faites toujours un test d’application de votre préparation, dans le pli du coude, au moins 48h avant de l’utiliser. (Aroma-zone.)

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Poopoo papier pour faire la paix

Un commentaire

 

Pour prolonger ma réflexion sur le conflit humain-éléphant au Sri Lanka, je me suis davantage renseignée sur une initiative diablement géniale: fabriquer du papier en crotte d’éléphant. Fallait y penser.

Et c’est une idée drôlement intéressante quand on sait qu’un éléphant produit 50 kg de crottes par jour et qu’il y avait environ 6000 éléphants recensés en 2011; ça fait un sacré paquet de crottes par an ( je vous laisse faire le calcul, moi, je suis en vacances, héhé). Or, qu’est-ce qu’on fait de toutes ces crottes? Ben rien, tiens. Quelques entreprises sri-lankaises se sont donc mises sur ce créneau porteur et fabriquent du papier avec les excréments des éléphants de l’orphelinat de Pinnawela depuis la fin des années 90. Oui, je sais, je suis à la bourre.

Fabrique de Pinnawela
Flickr

 

Mais quelle drôle de bonne idée, quand même. Tellement bonne qu’un français l’a reprise dans l’Aude, inspiré de l’initiative sri-lankaise; il explique:

« Chez les herbivores non ruminants, les sucs gastriques n’ont pas la capacité de digérer la cellulose, qu’ils rejettent. » Du coup, il suffit de récupérer le crottin, de le laver à grandes eaux, de le chauffer pour éliminer les bactéries et de broyer la pâte pour faire du papier. « C’est une chimie naturelle, un processus tout simple » TerraEco

 

 

Ça a l’air facile. Mais est-ce bien si naturel? Petit détour par le procédé de fabrication et mode d’emploi, si vous avez envie de faire pareil à la maison:

 

1- Tri, nettoyage et séchage des matériaux de base

– Procédé de Digestion: faire bouillir 2 à 4 heures les crottes d’éléphant, déchets de fruits et de coton.

– Procédé de Digestion Froide: faire tremper les déchets de bois, de papier et de carton de 3 à 8 heures.

Aucun acide n’est utilisé pour décomposer les matériaux.

 

2- Battage
-La pâte ainsi obtenue par « digestion » est versée dans un « batteur hollandais » pour lui donner la consistance désirée.
A cette étape sont utilisés des composés comme de l’Aluminium, de l’argile chinoise, de la résine ou de la teinture à base de fleur afin d’obtenir différents coloris.

 

3- Tamisage et couchage
-La pulpe est ensuite déposée sur des tamis dans lesquels chaque feuille de papier est aplatie à la main.
– Chaque feuille de papier est ensuite déposée sur du feutre et empilée sur des étagères.
Les travailleuses de cette section sont mieux payées que les autres en raison de leur travail difficile : elles ont constamment les mains dans l’eau.

Trempage
MatthewSample Blogspot

 

4. Séchage

– Les piles de papier sont déposées dans une presse à vis actionnée manuellement, pour en assécher les feuilles.
– Les feuilles sont ensuite séparées du feutre et suspendues pendant une journée pour un séchage complet.

En raison de l’humidité ambiante, un four à kérosène est utilisé pendant la saison des pluies, afin de rendre le papier bien sec. Le seul bémol à ce procédé de fabrication…

Pressage
Peace boat.com

5- Finition
– Le papier est réellement terminé lorsqu’il est passé à travers des rouleaux sous pression d’où il ressort satiné, prêt à l’écriture ou à l’impression.

Transformation
Edgyjapan

 

Et j’avoue que le papier est d’une très belle qualité. Certaines entreprises n’utilisent pas de teintures, même naturelles mais font varier le régime alimentaire des éléphants pour changer la couleur…du papier. Je n’ai pas réussi à trouver ce qu’il leur donnait à manger et je me demande dans quelle mesure ces changements alimentaires sont nuisibles aux éléphants…

 

Mais ce qui est très intéressant dans cette affaire, c’est que les employés de ces entreprises sont, pour certaines, en priorité des gens directement affectés par les éléphants, « afin de guérir psychologiquement les victimes en leur faisant réaliser la vraie valeur des éléphants. » nous dit Maximus, une des sociétés concernées.

«En fabriquant du Papier d’Eléphant, nous essayons de faire comprendre aux gens que l’éléphant est mieux vivant que mort.»

Maximus

C’est beau. Et c’est donc censé limiter les 250 meurtres annuels d’éléphants dont le Sri Lanka a du mal à se débarrasser. Souvenez-vous, c’est.

Et pour couronner le tout, les usines encouragent les écoles à leur rendre visite, afin d’enseigner aux enfants les valeurs de protection et de conservation de la nature. Et plusieurs opérations de bénévolat font mettre la main à la pâte de papier des volontaires motivés. C’est beau, ça m’émeut!

Papier

Donc, on résume: on fabrique du joli papier avec des excréments d’éléphants, donc:

1) on recycle un déchet

2) on évite de déforester pour avoir de la pulpe de papier (voir )

3) on réconcilie l’homme et l’éléphant dans une zone où ce n’est pas gagné d’avance.

4) on « crée de l’emploi » et on « augmente le pouvoir d’achat » des gens concernés.

5) Et puis, même, on permet à de bien gentils volontaires de s’éclater en vacances:

Job sympa

C’est pas génial?

Si le sujet scato pour inspire, un article pour en rire, c’est par là.

 

Mais pour finir, j’ai découvert récemment le travail magnifique de Steve Bloom, un photographe anglais, dont voici quelques photos:

Elephant swimming
Steve Bloom

Elephant et son mahut Sri Lanka
Steve Bloom

 

 

 

Sur la Grande Vague

Un commentaire

Depuis quelques jours à Tangalle, sur la côté sud du Sri Lanka, nous restons des heures à admirer la mer et ses impressionnantes vagues. La pension dans laquelle nous avons établi nos quartiers se trouve tout au bord de l’eau; assis sur la terrasse, l’océan s’offre à perte de vue autour de nous. On se croirait sur un bateau, mais un bon gros bateau solide, face à cette mer en colère. A cette saison, la houle est forte, la mer agitée, les courants puissants. Et les vagues hypnotisantes.

Je retiens mon Chéri qui passerait des heures à les braver, à leur montrer qui est le plus fort. Mais au-delà de la fascination, elles me font peur, ces vagues. Comment ne pas penser à ce 26 décembre 2004 où tout a basculé, ici comme sur tant de magnifiques plages. Le livre d’Emmanuel Carrère « D’autres vies que la mienne » se déroule entre autres à Tangalle, le jour de ce terrible Tsunami. Ce jour funeste est présent dans toutes les mémoires; tout peut disparaître, allons profitons, nous disent-ils tous.

« La Vague »

Quand je pense aux représentations artistiques des vagues, il me vient aussitôt à l’esprit la magnifique « Grande vague de Kanagawa » de Hokusai de 1831, probablement l’estampe japonaise la plus célèbre. Elle est aussi connue sous le simple nom de « la Vague ».

« La Grande Vague de Kanagawa », d’Hokusai

C’est la première estampe de la célèbre série « Trente-six vues du mont Fuji« , connue pour deux éléments qui amorcent une sortie de l’estampe traditionnelle et qui montrent qu’Hokusai s’est inspiré de l’occident:

– l’utilisation du bleu de Prusse, pigment importé par les Hollandais à partir de 1820,

Les artistes appréciaient l’utilisation de cette couleur d’origine synthétique qui risquait moins de perdre son éclat avec le temps ; ils l’utilisèrent d’autant plus qu’ils étaient contraints par la censure à n’utiliser qu’un nombre restreint de couleurs et qu’ils avaient réalisé les immenses ressources qu’ils pouvaient tirer de ce seul bleu. Wikipedia

– et l’utilisation de la perspective, occidentale jusque-là.

L’analyse de « la Vague »

Il y aurait beaucoup à dire sur cette estampe, mais je n’ai pas la prétention de pouvoir analyser correctement cette belle oeuvre. Simplement, elle me plaît.

Le Mont Fuji, Fuji-san pour les japonais (« Monsieur » Fuji, si on veut le traduire) a toujours représenté un symbole de beauté, de pureté, d’impermanence: il est toujours là mais n’est jamais le même; ces multiples représentations montrent bien qu’il prend des centaines de formes selon la saison, l’heure de jour ou l’endroit d’où on l’admire.

Les barques avec les rameurs sont aux prises d’une grosse tempête, peut-être un typhon et il semble qu’ ils aient peu de chances d’en réchapper.

La grande vague, énorme, monstrueuse, « en cet instant, réalise une spirale parfaite dont le centre passe au centre du dessin. » (Wikipedia)

Beaucoup d’éléments permettent d’y retrouver une image du Yin et du Yang dans toute leur complémentarité:

Yin et Yang de « la Vague »

C’est très intéressant de constater que les japonais « lisent » l’estampe de droite à gauche et si on renverse l’oeuvre, on constate que l’effet n’est pas du tout le même:

English: From Image:Tsunami by hokusai 19th ce...

La grande vague de Kanagawa,image inversée, permettant de comprendre le sens de lecture original japonais (Photo credit: Wikipedia)

Au lieu de fuir la vague, les pêcheurs se heurtent à elle : elle leur barre la route et ils doivent l’affronter dans toute sa violence. C’est dans le sens de lecture japonais, de droite à gauche, que l’image est la plus forte, rendant la menace de la vague plus apparente.

Inspirations

Hokusai a beaucoup inspiré les Impressionnistes, comme Van Gogh, Monet, Manet et même Debussy pour son œuvre « la Mer »…mais continue de nos jours à beaucoup inspirer le monde de l’image. J’ai trouvé un nombre incalculable d‘interprétations, d’hommages, de détournements de « la Vague ». Tous les supports sont possibles: poster, image, objets dérivés (qui n’a jamais vu ces coques de portables en « Vague »?), fresque, pub,…

Parmi les images « classiques », plusieurs interprétations existent, lui donnant parfois un tout autre sens. Certaines sont très intéressantes, d’autres…beaucoup moins, dirons-nous.

– soit les couleurs de l’œuvre sont modifiées en gardant le dessin:

La Vague en rouge
Direct graphic

– soit d’autres éléments sont ajoutés pour en modifier le sens:

« Uprisings » de Kozyndan, revue « Giant robot »

J’ai une tendresse particulière pour cette variation, je ne peux pas m’empêcher de penser à mon maître, Robert Patrick, prof de japonais numérique: quand il entend quelqu’un dire qu’il « adoooore la culture japonaise », mais qu’il ne connaît pas Gundam, ça donne ça:

Alors que Gundam, si tu veux, c’est juste la religion officielle du Japon depuis 30 ans.
Donc ouais, t’es incollable sur le shintô et le bouddhisme, mais t’es pas à jour. Blog -vulgaiiire mais pragmatique – de Robert Patrick.

– soit  » la Vague » est complètement réinterprétée:

« La Vague » de Jaybo

J’aime bien celle-ci…j’y vois l’américanisme grandissant au pays du soleil levant.

-soit « la Vague » est intégrée dans un autre contexte:

« La Vague » d’Olivier Broise

Mais « la Vague » a surtout été réinterprétée sur de multiples supports:

« La Vague » en collage version « vague de pollution »

« La Vague » en sculpture d’origami d’Enzaburu

J’aime beaucoup celle-ci, avec les grues de la paix en origami…ça me rappelle mon mariage, héhé.

Collage de Bernard Pras

Fresque « la Vague » des Catacombes de Paris

Avec celle-ci, j’ai découvert le monde artistique des Catacombes…un article très bien fait sur toute l’histoire des fresques de « la Vague » depuis les années 90, c’est.

Enfin, évidemment, « la Vague » a été maintes fois utilisée après cet autre terrible jour du 11 mars 2011 où « la Vague Géante » (« Tsunami » en japonais…) a encore une fois tout bouleversé. Les hommages sont nombreux et parfois très émouvants:

« La Vague » de Gilderic

D’après « sous la Vague »

« La Vague » selon Plantu
Le Monde

Cette dernière est très forte, je trouve. Un beau travail de la part de Plantu. Je l’ai d’ailleurs déjà utilisée sur Facebook.

Diaporama de la « Vague » après le tsunami
20 minutes

« La Vague » d’après Romain Lubière

Et on pourrait en rajouter des dizaines… Je trouve tout ce travail artistique touchant quelque part: Hokusai, qui s’est inspiré de l’occident, l’inspire à son tour …La roue tourne…

 

Ajout du 23/09/12: Incroyable…Grâce à Vanina, je retombe encore sur ce film « Guerilla Midwife« , dont j’avais déjà entendu parler à Bali, mais je n’en avais pas encore vu l’affiche…Quelle belle coïncidence! Allez voir le site de cette sage-femme balinaise, Ibu Robin Lim, militante pour un accompagnement global de la grossesse et une grossesse et un accouchement « non-violents ».

Guerilla Midwife
Site d’Ibu Robin Lim

Pour boucler la boucle, elle a sorti un livre qui rejoint un autre article du blog: Placenta, the forgotten chakra, où elle parle des naissances-lotus. Pour en savoir plus, c’est .

Equilibrer les Vata – 3 – Diététique

Un commentaire

Comme en médecine traditionnelle chinoise (MTC), la diététique est un traitement à part entière de la médecine ayurvédique. Un régime alimentaire est approprié quand il est sans excès et surtout adapté à sa nature énergétique; il peut alors être préventif mais aussi peut permettre de corriger certains troubles.

Quand le régime est mauvais, les médicaments sont inutiles.
Quand le régime est correct,  les médicaments ne sont pas nécessaires.

Ancien proverbe Ayuvédique (Merci à Claudie!)

Et comme en MTC, les saveurs et la nature énergétique des aliments jouent sur l’équilibre énergétique global du corps et de l’esprit. Ainsi, les gens plutôt Vata, qui ont beaucoup de froid et de vent, doivent:

– privilégier le chaud, le consistant, les saveurs sucrées (riz, lait), acides (l’umeboshi, c’est pour vous, bande de veinards!) et salées; 

– boire des boissons chaudes (tisanes)

– et toujours, manger à heure régulière.

Par contre:

– éviter le froid et donc le cru, le sec (aliments déshydratés, les saveurs amères, piquantes ou astringentes;

– éviter les boissons glacées, les glaces, les boissons stimulantes (thé, café, cola) et gazeuses, la cigarette et l’alcool.

– éviter l’irrégularité: sauter un repas, manger trop d’aliments différents dans un même repas,…

 

Epices pour Vata
Projet en vie

Ce qui complique les choses, c’est qu’un aliment cuit peut être de nature froide et un aliment cru de nature chaude… La notion de chaud ou de froid ne dépend donc pas seulement de la température de l’aliment; chaque aliment possède une nature énergétique qui lui est propre, qui correspond au type d’énergie qu’il apporte au corps quand on l’ingère.

La plupart du temps, c’est assez facile intuitivement, d’autres fois, c’est difficile de deviner! Allez, des exemples pour illustrer tout ça: les épices sont de nature chaude, les légumes de nature froide, la viande de nature chaude, ….

Pour revenir aux gens Vata, le blog Just Care a déjà très bien fait une liste d’aliments convenant au dosha Vata, je me permets de le citer avec quelques modifs.

Rappel: je pratique l’acupuncture mais je ne suis pas praticienne ayurvédique; ces articles ne doivent évidemment pas empêcher une consultation avec un professionnel.

 

Les aliments pacifiant le dosha Vata

Céréales: riz (basmati, rouge, sauvage), blé, avoine cuite et quinoa.

Préférez le pain toasté (réchauffe).
Éviter maïs, orge, millet, sarrasin, seigle, muesli qui sont des céréales plus sèches et plus difficiles à digérer pour les Vata.

Légumes: asperges, betteraves, carottes, concombres, fenouils, olives, pommes de terre douces, haricots verts, citrouilles, courges, ail, poireaux, petits pois.
Évitez la famille des choux (brocoli, bruxelles, chou fleur, chou rouge…)., la famille des solanaceae (tomates, poivrons, aubergines, pomme de terre), les légumes vers à feuilles, les oignons, les zucchinis, les artichauts, les champignons, les légumes crus et les germinations.

Si vous mangez des salades, ajouter toujours une vinaigrette (huile de sésame et citron).

Fruits: mangues, baies, bananes, avocats, raisins, cerises, limes, figues fraîches, pêches, melons, prunes, ananas, papayes, noix de coco.
Cuire les pommes et les poires et ajouter des épices.
Évitez les fruits secs, les pommes grenades, les canneberges, les pommes et poires crues.

Légumineuses: Évitez les légumineuses excepté les lentilles mungo, le tofu bien mariné en petite quantité et occasionnellement les lentilles rouges.

Jeunes pousses de haricot mungo, connues sous le nom de « pousse de soja ».Wikipedia

Épices: Gingembre frais, cardamome, cumin, fenouil, anis, basilic, cannelle, clou de girofle, poivre noir, noix de muscade, sel d’Himalaya.
Évitez les épices trop fortes (tabasco, piment de cayenne, chili), fenugrec.

Huiles: La majorité des huiles réduisent la sécheresse et nourrissent le système nerveux. Privilégiez les huiles de 1ère pression à froid. Emphase sur les huiles de sésame, tournesol, olive et le ghee.

Produits laitiers pour nourrir le système nerveux. Faîtes toujours bouillir votre lait avant de le boire, et ajouter une pincée de cardamome ou gingembre et buvez-le tiède. Jamais de lait avec les fruits ou un repas. Préférez le lait biologique. Si vous êtes allergique, végétalien ou n’aimez pas le lait (ou voulez vous en passer, je reviendrai dessus), préférez le lait d’amande ou lait de riz.

Évitez la crème glacée, les laits en poudre et le lait de soja.
Pour les yogourts, préférez les lassi (mélanger 1/2 tasse de yogourt + 1/2 tasse d’eau + soupçon de sucre + épices

Viande et poisson: poulet, dinde, oeufs, fruits de mer et poissons sont bons.
Évitez la viande rouge.

Noix: les amandes, les graines de sésame sont à privilégier, modérément et meilleures sous forme de beurre (tahini, beurre d’amandes). Toujours retirer la peau des amandes avant de les consommer en les laissant tremper 1 nuit dans l’eau. Chia et halva sont bonnes pour vata.

Sucre: préférez le sucre de canne bio, le miel non pasteurisé, le sirop de riz. Évitez le sirop d’érable et la saveur sucrée si flatulences.

Les algues, les condiments, les chutneys, la sauce tamari sont bons pour les types Vata.

 

 

Et pour le soir, une recette d’une tisane donnée par le site Yogamrita:

Et voici une tisane qui apaise Vata. Elle est indiquée si votre constitution est à dominante Vata, ou si vous souffrez de maux Vata (tels que le stress).

Tisane  Vata au gingembre, à la cardamome, à l'ajwan et à la cannelle

Ingrédients

1/4 cc gingembre frais râpé
1/4 cc graines de cardamome verte
1/4 cc cannelle
1/4 cc ajwan (ajowan)
1 tasse d’eau

Préparation

Porter l’eau à ébullition et ajouter les épices.

Couvrir. Éteindre le feu et laisser tirer quelques minutes.

Passer et servir!

Source de la recette: http://www.harekrsna.com/practice/prasadam/recipes/beverages6.htm

PS: Si souhaité, sucrer selon votre goût, avec du miel, du fructose, du sirop de céréale, du Sucanat (sucre de canne intégral bio).

 

 

Pour conclure, l’Ayurvéda propose donc un régime alimentaire sur mesure pour chaque personne, en fonction des relations qui existent entre notre état de santé, l’équilibre des doshas et les propriétés énergétiques des aliments.

En observant nos sensations, nous sommes les mieux placés pour déterminer ce qui est bon pour nous et ce que nous devons éviter. La plupart du temps, nous allons spontanément vers les aliments qui sont bons pour nous. De la même façon, aucun aliment n’est à proscrire en soi; mais ce qui est bon pour une personne peut être un « véritable poison » pour une autre. Il s’agit de comprendre et de ressentir les effets des aliments sur notre santé et de doser leur consommation judicieusement.

Equilibrer les Vata -1

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Bon, maintenant, tout le monde sait de quel dosha il est. C’est bien joli, mais qu’est-ce qu’on en fait, déjà, de cette belle information? Qu’est-ce que ça change? Plein de choses, en fait. Connaître son dosha permet, comme en MTC, d’adapter son alimentation pour améliorer certains troubles ou mieux, les prévenir. Cela permet aussi de modifier son mode de vie, ses habitudes. De trouver des exercices adaptés à sa nature.

Rappel: je pratique l’acupuncture mais je ne suis pas praticienne ayurvédique et ces indications ne se substituent en aucun cas à une consultation avec un professionnel. Chacun est unique et ces descriptions sont schématiques.

Petit mode d’emploi pour les 3 constitutions.

Qui sont les Vata?

Aujourd’hui, les Vata. Qui sont-ils? Comment peut-on décrire une personne globalement Vata?

Vata est le fruit de la combinaison des énergies « Air’ et « Ether » (ou espace). Ça fait beaucoup d’air, tout ça. Du vent, de l’immobile, du mouvement.
Ce qui explique pourquoi certains signes sont facilement présents chez les personnes davantage marquées par le dosha Vata:

Du vent, du vent…

– une physionomie « légère comme le vent« : fine, ossature légère.

– de la sécheresse: peau sèche, lèvres gercées, rides marquées, constipation.

– beaucoup d‘énergie: enthousiastes, communicatifs, généreux, faciles à vivre.

– mais aussi beaucoup d’agitation: un sommeil agité, un débit de parole rapide, une certaine instabilité. Les gens Vata n’aiment pas la routine, « ils ne tiennent pas en place ». Ils n’aiment pas non plus l’engagement, qui les ancre trop.

– beaucoup de créativité: un esprit vif, un imaginaire très riche dans lequel ils se réfugient souvent car la réalité les ennuie; libres penseurs, ils se laissent facilement submerger par le quotidien, ils sont sans cesse sollicités par de nouvelles inspirations, ils ont du mal à agir. En gros, beaucoup d’idées, peu de réalisations.

– Enfin, ce sont des gens nerveux, anxieux, sensibles.

Certains se sont peut-être reconnus…mais que ce soit notre constitution de base ou non, nous pouvons tous souffrir d’un excès Vata causant un déséquilibre de ce dosha. Quand nous souffrons de symptômes tels que difficulté de concentration, anxiété, insomnie, gaz, ballonnements,etc., c’est que notre déséquilibre est lié à Vata. Un signe caractéristique du déséquilibre Vata est la douleur : une douleur vive, aigüe.

Equilibrer les Vata

Que peut-on faire pour équilibrer ce dosha, alors? Pour ne pas consommer à perte toute cette belle énergie, au risque de s’épuiser? Assez logiquement, il faut chercher à « alourdir » tout ça. Se forcer à conserver une certaine régularité dans son mode de vie. Manger à heures fixes. Avoir des habitudes.S’instaurer des rituels. Une tisane apaisante le soir, par exemple, pour favoriser un sommeil calme. Ou un massage à l’huile de sésame, pour hydrater et réchauffer sa peau sèche.

Balasana, Posture de l’enfant

Et puis, s’ancrer davantage. Au lieu de s’éparpiller dans de multiples activités, se concentrer sur une. Au lieu de s’épuiser dans le sport de manière frénétique, pourquoi ne pas se mettre aux « gymnastiques énergétiques »: yoga (ayurveda), tai-chi ou Qi-gong (MTC). Une dépense physique dont les Vata ont besoin, mais un centrage et une gestion du stress bien plus efficace.

En yoga, on recommandera aux personnes souffrant d’un excès vata de pratiquer avec modération et régularité, si possible à la même heure. La routine est en effet une clé importante pour équilibrer vata, qui se disperse facilement. Quand nous avons vata en excès, nous avons tendance à laisser tomber rapidement une activité au profit d’une autre, à entreprendre plusieurs choses en même temps. Nous avons de la difficulté à aller au bout de ce que nous entreprenons. Nous bénéficierons donc d’un engagement clair avec nous-mêmes de nous dédier avec constance à cette pratique, pour une certaine période de temps. Site Projet en vie.

Pour plus de détails sur le Yoga de Vata, suite au prochain épisode

En ce qui concerne l’alimentation aussi, bien sûr, il faut chercher à « alourdir ». Eh oui, laitages, plats gras, épicés, c’est partie! En résumé, venez au Sri Lanka!!!

Curry Sri-lankais

Par contre, il faut essayer d’éviter les aliments de nature froide, comme les salades et légumes crus.

Selon la médecine ayurvédique comme en MTC, les saveurs exercent une influence sur le corps comme sur l’esprit.

Ainsi, le salé, l’aigre et le sucré équilibrent le léger de Vata. Si vous êtes attiré par les fruits aigres, optez pour des cerises ou des prunes. Quand votre dosha est perturbé, vous avez tendance à perdre l’appétit. Essayez de prendre vos repas à heures régulières… même si vous détestez la routine. Psychologie magazine.

Pour plus d’infos sur l’alimentation des Vata, suite au prochain épisode…

Bref, pleins de bonnes idées, mais parfois de gros changements d’habitudes…ou de non-habitudes. A suivre…

De quel Dosha êtes-vous?

3 commentaires

Comme je suis sûre que vous êtes intrigués par l’ayurveda et les Doshas (non?), j’en remets une couche.

En Ayurveda, donc, les praticiens essaient de déterminer le Dosha ou « type de personnalité » du patient. A l’aide de plusieurs critères physiques, psychiques et comportementaux, ils apprécient les forces et les faiblesses énergétiques de la personne. Il ne s’agit pas de ranger les gens dans des cases et, bien sûr, chaque individu possède ses qualités qui lui sont propres. On peut donc correspondre à plusieurs « types » à la fois. Par ailleurs, le diagnostic est posé à ce moment-là de la vie, et bien sûr, la vie change et chacun évolue et peut donc « changer de case ». Ce serait très triste, sinon.

Doshas et éléments

Il existe 3 grands types de « doshas »: les Vata, les Pitta et les Kapha. Ils correspondent à des combinaisons des 5 éléments: Terre, Feu, Eau, Air, Ether; combinaison variables selon sa nature individuelle, mais aussi soumises aux influences extérieures, alimentation, émotions, environnement,…

L’intérêt de connaître son dosha est de pouvoir adapter son alimentation et son mode de vie pour combler ses vides ou insuffisances et se servir de ses plénitudes ou forces. Oui, mais comment faire pour le savoir, alors? Vous n’avez pas de praticien ayurvédique sous la main?? Bon, ok, alors voilà un test et un tableau pour le déterminer.

Mise en garde: Evidemment, je ne suis pas praticienne ayurvédique, je ne fais que m’appuyer sur des articles du net et un superbe livre, Ayurvedic massage de S.V.Govindan, prêté par Nandana,le proprio de notre paradisiaque guesthouse, prof de yoga et praticien ayurvédique, lui.

Ici, un questionnaire très bien fait: (document PDF)

DossierAYURVEDA_Questionnaire_pour_connaitre_sa_constitution_de_base

 

Sinon, un autre tableau:

Tableau comparatif des Doshas

Alors, de quel « Dosha » êtes-vous?

Qui se ressemble…

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Plus je me renseigne sur l’Ayurveda, plus je suis marquée par les ressemblances avec la médecine traditionnelle chinoise (MTC).  Ce sont deux médecines traditionnelles millénaires, complexes au départ pour un esprit occidental, mais passionnantes.

Les 5 éléments
Ayurveda et MTC décrivent toutes les deux le monde à l’aide de 5 éléments.

– En MTC, ces 5 éléments sont des états énergétiques différents: Bois, Feu, Terre, Métal, et Eau.

Les 5 éléments en MTC

– En Ayurveda, ces 5 éléments correspondent à 5 états de la matière:Terre, Eau, Feu, Air, et Ether (ou Espace).

Les 5 éléments et les 3 Doshas en Ayurveda

Dans l’univers, ces 5 énergies sont présentes partout, dans chaque être vivant, à des proportions variées. L’homme est entre Ciel et Terre, c’est-à-dire qu’il reçoit des énergies du ciel et de la terre, qu’il est en constante interaction avec son environnement. Une donnée qu’on a tendance à oublier par chez nous…

L’énergie

Pour que la vie existe, il faut que l’énergie circule. Pour que l’on soit en bonne santé, il faut que cette énergie circule de façon fluide, équitable à travers tout le corps. S’il y a arrêt de la circulation à un endroit, l’énergie s’accumule en amont et fait défaut en aval; cela crée du symptôme.

– En MTC, l’énergie est appelée « Qi » (prononcé « tchi »), et circule dans des méridiens, des trajets anatomiques qui relient les points d’acupuncture entre eux. Chaque point est un barrage dont on peut contrôler l’ouverture avec le massage l’acupuncture ou la moxibustion; chaque point a un rôle énergétique précis. A la fois physique, psychique; à la fois proximal et distal. C’est pour cela que l’on peut piquer un point du pied pour une douleur dentaire!

– En Ayurveda, l’énergie est appelée « prana » et circule sur des méridiens appelés « nadis »; les points sont des « marmas », dont le rôle « subtil » est aussi important voie plus que le rôle physique.

Les typologies
Les 5 éléments sont donc combinés de façon différente chez chaque individu. Les typologies ou types de personnalité correspondent à des combinaisons particulières de ces énergies.
– En Ayurveda, on décrit 3 « doshas » ou typologies: Vâta, Pitta et Kapha. Chaque individu possède à la naissance une combinaison des 3 doshas qui lui est propre.
– En MTC, on décrit 6 typologies: Tai Yin, Shao Yin, Jue Yin, Yang Ming, Shao Yang et Tai Yang. De la même façon, chacun possède sa propre nature, avec souvent une ou deux typologies dominantes.
Dans les deux cas, l’être humain est décrit avec une constitution de base, prénatale, innée, reçue en héritage de ses parents. Elle dépend d’ailleurs de l’état énergétique des parents au moment de la conception. Après la naissance, cette combinaison évolue avec le temps, le mode de vie (alimentation, exercice physique, prise de toxiques,…), l’environnement physique (climatique par exemple) et émotionnel (stress, vie dangereuse…).
Ce que je trouve passionnant dans ces deux conceptions de la vie, c’est qu’on ne naît pas tous égaux. En énergie. On hérite d’un « bagage énergétique » à la naissance (et même, à la conception, mais là, la discussion peut devenir polémique).
Donc, très schématiquement, on peut hériter d’un bon gros et solide « bagage », mais être malade et mourir jeune, parce qu’on a gaspillé ce bagage par une alimentation et un mode de vie inadaptées à sa nature; mais on peut aussi naître avec un tout petit « bagage » et « vivre 100 ans sans maladie », l’idéal de la MTC. Pour cela, il faut chercher à connaître sa nature et se prendre en main.

Centenaire chinois

Cela signifie adapter son alimentation et son mode de vie à sa nature pour éviter tout maladie; en prévention. Pour rappel, un médecin traditionnel chinois était condamné à mort en Chine ancienne lorsqu’il avait trop de patients malades! Le but de ces médecines, c’est d’aider le patient à se connaître et lui montrer la voie pour aller dans le sens qui lui convient le mieux. Ensuite, il reste au patient à décider de se prendre en charge ou pas.
Il ne s’agit donc pas de prendre des pilules pour éliminer un symptôme, mais de recevoir un traitement qui corrige l‘état énergétique global du patient. En Ayurveda comme en MTC, il n’existe quasiment pas de maladie physique qui n’ait une composante psychique ou émotionnelle. Il faut rechercher cette composante.
De la même façon, mettre de l’enduit sur un mur humide ne tiendra pas bien longtemps; ces deux médecines ne s’occupent pas seulement du symptôme, mais aussi de la cause du symptôme, c’est-à-dire du dérèglement énergétique à l’origine du symptôme. Mais les traitements (acupuncture, massages, pharmacopée, diététique, exercices) ne suffisent pas, il faut changer son mode de vie, ses habitudes. Aie, pas facile. Et si on ne veut pas changer, au moins le fait-on en connaissance de cause. On a le choix.

Alors, bien sûr, ces médecines traditionnelles ne font pas de miracle, ça se saurait. Les chinois et les indiens ne sont pas immortels. Ça se saurait aussi. Mais la façon d’aborder la vie, l’être humain et son environnement, a été un des plus grands bouleversements de ma vie. Je trouve séduisante l’idée d’agir et non de subir. C’est mon côté Pitta, sûrement!

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