Krama connection

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Depuis une semaine au Cambodge, j’ai enfin compris pourquoi Virginie veut que je lui ramène des kramas: c’est magnifique!!

Oui, je sais, je deviens une dingue de textiles…mais comment faire autrement en voyant ces chouettes objets multifonctions?  Le Krama est le foulard traditionnel khmer à damiers, tissé de façon artisanale et en pur coton. On en trouve sur les marchés, de deux tailles: le grand fait environ 150 x 90 cm et le petit 130 x 40 cm.

Les cambodgiens l’utilisent partout, tout le temps, pour tout. Il fait partie intégrante de l’identité khmère, à tel point que les Khmers Rouges obligeaient la population à les porter entre 1975 et 1978. La solidité du coton du krama a permis de l’utiliser dans des conditions moins joyeuses, comme bander les yeux ou attacher les victimes. Les habitants ayant connu cette époque ont souvent une interprétation très précise du krama  rouge et blanc. Encore aujourd’hui, le porter est assimilé à un acte politique à Phnom Penh.

Khmers Rouges portant le Krama

Pourtant, malgré ce sombre épisode, le krama est resté un objet très populaire. La tradition veut que chaque khmer en possède un, en prenne soin, et le porte jusqu’à…ce que ça ne soit plus possible (la définition variant selon les sensibilités personnelles!). Il est intéressant de noter que le krama est porté par toutes les couches de la population, en ville comme à la campagne. Il peut simplement être en soie lors des occasions spéciales.

Petit florilège d’utilisations, observées ou glanées sur le net:

-En guise de vêtement:

  • Comme short quand il est noué autour de la taille et ramené entre les jambes:

Krama-détente, quand noué auteur des reins et ramené entre les jambes, il sert de short pour une partie de volley ball, jusqu’à ce que, à l’occasion d’un ” smash ” particulièrement énergique, il commence à tomber, soulevant ainsi des vagues de rires et de ces plaisanteries légèrement grivoises qu’affectionnent les khmers. Voyageur sans bagage.

  • Comme sarong, pagne, jupe.
  • Comme ceinture.
  • Comme foulard autour du cou, pratique en cas de « climite » (manie de mettre la clim à 16°):

– En protection:

  • Comme tablier
  • Sur la tête ou le visage, pour se protéger du soleil, de la pluie, de la poussière, de la pollution en mobylette ou en tuk-tuk,

  • Pour se protéger des moustiques, qui accessoirement causent une belle épidémie de dengue à Siem Reap en ce moment.
  • Pour chasser les mouches du stand de viande dans les marchés.

– Pour les enfants:

  • Pour essuyer le bébé à la naissance, ce sera son premier krama…

Krama-espoirquand il sert à essuyer le nouveau-né encore tout humide des eaux de la délivrance. Voyageur sans bagage

  • Comme couche pour les bébés.
  • Comme lange, tissu d’emmaillotage:

  • Comme berceau, en hamac.
  • Comme épuisette pour aller à la pêche (et ça fonctionne!)
  • Comme serviette après s’être baigné à poil dans la rivière!
  • Comme accessoire de jeu:

Jouer au Cha-ol Chong:
Traditionnellement, on joue en 2 camps distincts, filles contre garçons. Rouler en boule le krama en laissant dépasser une queue. En prenant le Krama par la queue, les garçons lancent la boule haut dans le ciel en direction du camp adverse. Les filles doivent récupérer le Krama avant qu’il ne touche le sol. Après l’avoir rattrapé, elle doit le jeter en touchant un garçon. Si le garçon est touché, il doit aller du côté des filles pour leur chanter une chanson. A la mi-temps, il faut changer les équipes qui lancent et chantent. Kambody.com

– Et, de façon très variée:

  • Comme hamac, objet que l’on peut voir partout; mes préférés sont ceux qui sont installés dans les tuk-tuks!
  • Pour s’éponger le front après une bonne suée sous le soleil de plomb,
  • Comme…furoshiki! pour transporter bouteilles, fruits du marché, charbon,…
  • Pour boucher le trou de crevaison d’une roue en attendant l'(éventuelle) réparation
  • Comme aide pour grimper en haut des cocotiers
  • Comme nappe
  • Comme écharpe de bras cassé

  • Dans le même lot:
  • Krama-brancard, quand plusieurs de ces kramas, reliés les uns aux autres et attachés à une longue perche ou à un bambou, permettent de porter un blessé, un malade, une femme en couche. Voyageur sans bagage
  • Comme chiffon, serpillère en bout de course.

Bien évidemment, le krama a été très vite adopté par le clan des routards et pour cause: un tissu pour tout faire = rendement poids-utilité parfait pour un backpacker! Alors si en plus, c’est joli…Que demande le peuple?

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincu, Brad-the-ultime le porte, alors:

Sinon, pour rester dans l’actualité, j’ai trouvé ça:

Et pour finir, un site américain qui rend le krama hyper fashion-tendance-groovy-gangnam-style: Good Krama

Faites vos commandes, y’a encore (un peu) de place dans le sac à dos…

Au bout de 8 mois

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Il y a 8 mois, nous étions en route pour l’aéroport d’Orly. 8 mois de découvertes, de surprises, de rencontres, de choix difficiles (on va où, maintenant?). En si peu de temps, beaucoup de choses ont changé dans nos comportements; d’autres pas.

Alors peut-être que toi aussi, ami voyageur, tu te reconnaîtras; car, tu sais que tu es parti en voyage depuis longtemps quand:

– tu as utilisé 19 langues différentes cette année (français, anglais, espagnol, italien, thaï, lao, black thaï, japonais, vietnamien, indonésien, balinais, sasak, malais, tagalog, visaya, cinghalais, tamoul, coréen, khmer),

– tu as maintenant un convertisseur de devises intégré et tu as en permanence au moins 5 monnaies différentes sur toi,

– tu deviens fin connaisseur des différentes sortes de tuk-tuk (à moto, à vélo, deux roues ou trois, assis sur le côté ou derrière,…)

– tu as l’impression de te faire arnaquer quand tu achètes un T-shirt plus de 4€

– tu arrives à faire ton sac en 3 minutes chrono (surtout quand tu réalises que tu ne t’es pas réveillé pour aller prendre ton avion),

– tu as goûté tous les plats possibles à base de riz

Ici, remplace « crevette » par « riz »:

– après avoir tout testé, tu sais choisir exactement la meilleure place dans l’avion (mais c’est un secret)

– tu arrives à faire du yoga n’importe où, dans n’importe quelle condition,

– tu pourrais écrire un guide des pédicure-manucures-massages en voyage (tiens, c’est une idée, ça, NON??)

– tu trouves ça normal de te balader en parapluie sous le soleil,

– il t’arrive de rêver de haricots verts et de brocolis,

– tu t’en fous d’avoir l’air ridicule (en rouge, jaune, vert et bleu ou en jupe+robe+legging+t-shirt ou avec tes baskets accrochées à ton parapluie lui-même fixé à ton sac à dos)

– tu t’inventes des challenges de dingue pour pimenter le voyage: faire sourire un employé de l’immigration à l’aéroport, manger un insecte, rater ton avion, arriver dans un pays sans rien avoir lu dessus, tester les médicaments vendus à l’unité dans une boîte qui ne correspond pas…

– tu as déjà décidé de ta prochaine destination une fois arrivé à l’aéroport,

– tu renifles tes fringues pour savoir s’il faut vraiment les laver,

– il t’arrive de penser et même de rêver en anglais ou en japonais,

– tu lis des trucs improbables: 1) les classiques sont gratuits, sur le Kobo 2) quand tu tombes sur un livre en français dans les auberges/librairies, c’est une curiosité,

– tu fuis les touristesnon, tu n’en es pas un, ça n’a rien à voir.

Dans la chaleur d’un automne nippon

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Nous quittons le Japon encore une fois et je me réjouis d’y être venue à une époque différente de l’année, quand les feuilles des arbres commencent à prendre de jolies couleurs d’automne.
Il nous faudra quand même revenir pour profiter complètement des érables japonais, les « momijis » 紅葉  rouges à perte de vue. (Trop dommage d’être obligés de revenir…)

Momiji vus d’un temple à Kyoto

Et comme pour la courte période de floraison des cerisiers que nous avons eu la chance de partager avec eux cette année, les japonais ont leur façon toute personnelle de vivre la chute des feuilles rougies ou jaunies. Ils appellent ça le « kôyô » (ou « feuille rouge », 紅葉). Les observateurs auront remarqué qu’il s’agit des mêmes kanjis que pour « momiji », l’érable japonais. A l’origine, l’érable se disait « kaede », mais il est tellement associé à sa feuille rouge, que les caractères « feuilles rouges » sont devenus synonymes de l’érable.
La saison du « kôyô » s’étend à partir de mi-septembre à Hokkaido, dans le nord du Japon, jusqu’au sud sur environ 50 jours; comme pour le hanami, les dates exactes varient chaque année et déjouent souvent les prédictions des professionnels, au grand dam des japonais qui posent quelques rares jours de congés pour observer ce phénomène aux endroits les plus populaires, comme à Kyoto. Pour avoir les dates les plus exactes possibles, c’est.
Mais les « kôyô » n’est pas seulement représenté par le momiji, le gingko est aussi à l’honneur. Celui-ci est célébré pour sa longévité et sa résistance, à tel point que la capitale japonaise a choisi sa feuille comme emblème. On dit aussi que c’est le premier arbre à avoir repousser après les catastrophes nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki…

Gingko jaunissant au chateau d’Osaka

Au printemps, les japonais fêtent le « hanami » 花見: la célébration des fleurs, (hana= fleurs mi=regarder), notamment des cerisiers, mais aussi des pruniers.
A l’automne, ils fêtent le « momijigari » 紅葉狩: »chasse aux feuilles rouges » Il s’agit encore de rendre hommage à la nature et de se rappeler tous ensemble l’impermanence des choses et les cycles de la vie: le temps passe, les choses changent, les pétales de fleurs tombent avant de donner des fruits, les feuilles jaunissent, rougissent et tombent…  C’est la vie (en français dans le texte).
Et comme pour le hanami, les familles et les amis se réunissent pour pique-niquer sous les momiji et les gingko; ramasser les feuilles tombées est une occupation traditionnelle du week-end pour les enfants pendant le momijigari. D’ailleurs, on appelle parfois les mains des bébés « de minuscules feuilles d’érable« .

Momijigari, la « chasse aux feuilles rouges »

Ça me rappelle les feuilles rougies que je ramassais chez ma grand-mère quand j’étais petite, j’adorais les choisir et les garder; pas longtemps, puisqu’elles se desséchaient, bien sûr. Ça et les « hélicoptères » (les fruits des érables) qu’on ramassait sur le chemin du retour de l’école.
C’est très agréable de voir célébrée cette période de l’année comme ils le font au Japon; chez nous, certes,  les érables sont rouges, mais c’est aussi novembre son froid, sa pluie, son gris, son changement d’heure qui nous met la nuit à 17h…Au Japon, on croirait une période de fête et on peut voir des feuilles d’érable et des chataignes partout:
– en déco dans les restaurants au milieu des sushis ou des ramen
– en plat: les « momiji tempura » sont des feuilles d’érable rougies salées et frites

Momiji tempura

– en pâtisserie, comme ces « kozue no aki » 梢 の 秋
– en boisson dans les « coffee shops »: le marron latte, trop miam!!

Marron Latte!

– sur les kimonos: il existe tout un code de motifs saisonniers sur les kimonos; à chaque mois ou saison son motif caractéristique. En automne et en novembre plus particulièrement, c’est la saison de la feuille d’érable.

Momiji no kimono

– et bien sûr, sur les ongles:

Manucure d’automne

En bonus, la recette du Marron Latte:
– un espresso
– 10 ml de sirop Monin à la chataigne, ces sirops français idôlatrés par les Japonais
Mélanger
– 120 ml de lait (de soja, de noisette)
Chauffer le lait jusqu’à obtention d’une mousse et verser sur le café-sirop.
Déguster!

Momijigari

Enfin, à noter: « la feuille d’érable et le daim » (« momiji ni shiga ») sont deux symboles fréquemment représentés ensemble dans l’art japonais ou dans le jeu de carte traditionnel; l’expression désigne deux éléments bien assortis, « les deux font la paire »,  un « nice couple », en somme!

La feuille d’érable et le daim, la bonne paire! Jeu de Hanafuda

Alors pour passer un bon mois de novembre, le mois que je trouve le plus glauque de toute l’année, un bon gâteau, un marron latte et les pieds au chaud sous le kotatsu en compagnie de son daim préféré! L’automne est quand même bien moins triste comme ça, non?

Un blog très intéressant d’une japonaise, écrit en anglais: Fourseasonsinjapan

http://ichinen-fourseasonsinjapan.blogspot.jp/2011/10/foliage-season.html

Les petits pois de Kusama

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Si tu veux rendre heureuse une japonaise ou une coréenne, tu lui offres un sac Vuitton. Mais attention, comme elles en ont (presque) toutes un, fais gaffe de ne pas lui prendre le même.

Si tu veux rendre hystérique une japonaise ou une coréenne (la même ou une autre, hein), tu lui offres un sac Vuitton de la série Kusama. Par contre, après, assume, elle risque de te demander en mariage.

C’est un fait avéré, Louis Vuitton vend plus en Asie qu’en France et pour situer les choses, en 2003, 44% des japonaises auraient un sac Vuitton chez elles contre 2% des françaises (1). Alors aujourd’hui,…

L’aboutissement d’une belle stratégie de la marque, quand on voit que certaines coréennes sont en jogging avec des baskets fluos, mais…avec un LV au bras, trop la classe. Mais bon, elles ne partent quasiment pas en vacances, ont des apparts minuscules et des placards de souris, alors elles peuvent bien s’offrir un sac (ou deux) qui coûtent un bras. Mais, comme ces femmes mettent un (ou deux) SMIC dans un sac, il faut qu’il ne soit pas démodé avant la fin de la saison; c’est pour ça, entre autres, que les modèles varient assez peu dans cette marque. Le monogramme marron et camel (trop moche, d’après moi) est donc partout.

Enfin, était partout, jusqu’à cet été. LV a mis en vente une ligne créee par une artiste japonaise passionnante, Yayoi Kusama. Tu as peut-être vu la rétrospective à Pompidou, petit veinard(e). Elle était en partie financée par Vuitton. Eh oui.

Les boutiques sont devenues pour un temps de vraies oeuvres d’art et même moi qui n’aime pas particulièrement cette marque, j’avoue que j’ai été bluffée par les devantures.

Immeuble du magasin Vuitton à New York

Ces pois partout m’ont hypnotisée. Je me suis donc renseignée que cette artiste. Verdict: j’adore.

Portrait de Yayoi Kusama

Alors, qui est Yayoi Kusama 草間彌生?  Une artiste japonaise née en 1929 obsédée par les pois. Ils illustrent ses hallucinations, qu’elle a commencé à avoir toute petite. Emigrée aux Etats-Unis en 1957, elle commence à produire diverses oeuvres: sculptures, livres, peintures, happenings où elle se met en scène …Ses marques de fabrique:

– les pois, qui au-delà de ses hallucinations, symbolisent le yin et le yang:

Selon elle, ses pois ont la forme du soleil, et symbolisent toutes les énergies du monde, chaque manifestation de vie. Mais ils ont aussi la forme de la lune, qui est l’envers calme de cette énergie. Ronds, doux, colorés, dépourvus de signification et de conscience: les pois sont la métaphore du mouvement, ainsi qu’une voie vers l’Infini.  Manucurist.com

Elle a cette phrase qui me plaît:

 « Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois… »

– les miroirs, pour rappeler l’infini, signifier la perte de repères,

Pièce à miroirs de Kusama; les pois, à l’infini

– les « macaronis », symboles de notre société de consommation, évocateurs de l’univers féminin.

– les phallus, symboles masculins qu’elle combat.

Depuis 1977, Kusama vit à sa propre demande dans un hôpital psychiatrique à Tokyo. Elle dispose d’un atelier en plus de sa chambre au sein de l’hôpital. Son « studio », lieu de travail de son équipe, est situé de l’autre côté de la rue. Ses symptômes sont la cause majeure de l’absence de reconnaissance de son travail au Japon, et de fait, la raison première de son départ aux Etats-Unis. Wikipedia

Son site officiel est là.

Certaines oeuvres sont touchantes; j’aime particulièrement la « citrouille » exposée sur l’île de Naoshima (un des lieux de ma « bucket list« ), une île japonaise consacrée à l’art contemporain.

Pumpkin de Kusama à Naoshima

Les japonaises ont donc rempli les boutiques Vuitton encore plus que d’habitude et les pois sont (re) devenus hyper tendance-trop-fashion. Et comme c’est le Japon, on peut trouver ça:

Manucure Kusama

Mais dis donc, y’en a un qui va revenir sur le devant de la scène, alors?? Faut peut-être qu’on arrête d’aller dans ces boutiques japonaises de rétro-game où tu peux trouver toutes les consoles de jeu et tous les jeux qui t’ont empêché de faire tes devoirs il y a ….quelques années. Ceci dit, Toad est un exemple parfait de pois hallucinatoires (champignon, tout ça…), mais je n’avais jamais pensé à y voir son côté yin et yang!

Toad le champi de Nintendo

Et sinon dis donc bis, ça, ça ferait pas de très beaux Furoshiki??

Etoles Vuitton-Kusama

Shibori, Tsutsugaki et Bintaga

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En me penchant sur les Furoshiki et l’artisanat japonais, je découvre petit à petit les différentes techniques qui permettent d’obtenir ces si jolis tissus. On en retrouve sur les furoshiki, mais aussi sur les kimono ou les yukata (kimono de coton léger) et sur tous les textiles de la maison, la décoration.

Difficile d’obtenir cette information en anglais, alors en français, je ne t’en parle même pas. Voici donc un petit recueil d’informations glanées à droite à gauche (quelques heures de lecture de kanjis plus tard…) Remercions au passage mon ami Google Translate.

Techniques de teintures japonaises

Shibori 絞り染め :

Technique traditionnelle japonaise de « tie and dye ». Là, rien d’inconnu avec cette technique à la mode à l’époque de ma déjà lointaine adolescence…Souvenirs, souvenirs…Bref, passons.

Plusieurs façons d’obtenir les motifs avant de plonger le tissu dans l’indigo:

  • Kanoko shibori 鹿の子 絞り

Technique la plus connue: on noue un fil autour du tissu torsadé; parfois on plie d’abord le tissu avant de nouer le fil. Le motif dépend du degré de serrage du tissu et de l’endroit où le fil est posé.

Kanoko Shibori 鹿の子 絞り

  • Miura shibori 三浦 絞り

Pour celui-ci, il s’agit de pincer avec un crochet une petite zone de tissu et d’enrouler le fil deux fois autour, sans le nouer. Un des plus faciles et rapides à faire, très populaire, donc.

Miura Shibori

  • Kumo shiburi

Ici, le tissu est plissé puis plié. Le résultat ressemble à une toile d’araignée.

Kumo Shibori

  • Nui shiburi 縫い絞り

Une des techniques qui prennent le plus de temps: il faut coudre le tissu avec un surjet (oui, ben je ne connais pas le nom du point en couture), très serré, maintenir le tissu cousu dans une sorte de presse en bois pour le teindre, puis découdre.

Nui Shibori

  • Arashi shibori嵐絞り

Pour cette technique, on enroule de façon très serrée le tissu autour d’une sphère, en diagonale. Puis on enroule dessus du fil de façon parallèle et on teint le tout, au pinceau. Le motif est donc toujours en diagonale et représente la pluie dense d’un jour d’orage…Arashi signifie « orage » en japonais.

Arashi Shibori

  • Itajime shibori 板締め 絞り

Là, c’est facile: on place le tissu entre deux sortes de moules en bois (ou en plexiglas aujourd’hui) et on plonge le tout dans la teinture. Le motif dépend de celui du moule.

Itajime Shibori

Tsutsugaki 筒描 :

Technique traditionnelle de teinture japonaise, habituellement sur du coton, avec de l’indigo:

  1. Fabriquer de la pâte de riz avec du riz doux riche en amidon
  2. Dessiner à l’aide d’une sorte de poche à douille utilisée en pâtisserie, appelée tsutsu (tube) sur un tissu en coton
  3. Teindre le tissu, le plus souvent en indigo
  4. Laver le tissu pour éliminer la pâte de riz

Motifs dessinés le plus souvent: grues, tortues, fleurs, kamon (blason japonais),…

Exemple de Tsutsugaki avec kamon

Mode d’emploi en japonais,.

Katazome 型染め :

Technique traditionnelle japonaise de teinture de tissu mais avec un pochoir cette fois-ci:

  1. Découper un pochoir avec le motif choisi
  2. Fabriquer la pâte de riz
  3. Appliquer la pâte de riz avec l’aide du pochoir
  4. Teindre, avec de l’indigo ou d’autres couleurs
  5. Laver le tissu pour éliminer la pâte de riz.

A noter, la technique particulière de peinture sur kimono, avec un pochoir (qui rappelle notre bonne vieille peinture sur soie), s’appelle Katagami (型紙).

Katazome à l’indigo

Les motifs utilisés rappellent souvent ceux des Bingata…nous voilà bien avancés!

Bingata 紅型 (en langue d’Okinawa):

Technique de Katazome spécifique à Okinawa. C’est la même technique, mais les couleurs sont très…présentes! Et nombreuses, généralement de 9 à 18 différentes pour chaque tissu. Ce textile aux influences très variées (probablement indienne, chinoise et javanaise), aux couleurs très tropicales est utilisé pour les kimonos du festival de Ryûkyû

On teinte le tissu à la main, des couleurs les plus claires aux plus foncées bien sûr. Si on souhaite teindre l’arrière-plan, on plonge le tissu dans un bain de teinture après l’avoir passé à la vapeur pour fixer les couleurs.

Exemple de Bingata; ça sent les tropiques!

Technique de texturisation japonaise

Chirimen ちりめん (« crêpe »)

Enfin un nom sur ce tissu que l’on voit partout sur les objets d’artisanat! Le chirimen ou crêpe, est un tissu légèrement ondulé. Les fils de soie ou de polyester, plus souvent aujourd’hui, ont été tissés dans deux directions différentes sur la trame, ce qui forme ces mini-vagues (Shibo en japonais, « rides »). L’intérêt, c’est que le tissu est très résistant et quasiment infroissable.

Les motifs appliqués dessus sont multiples et les objets qui en sont recouverts innombrables!

Texture du Chirimen

Les motifs traditionnels sont une mine de surprises également, mais il me faut quelques kanjis en plus pour les comprendre…

Mon royaume pour un kotatsu

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Un ouate? Mais oui, tu sais, ce truc de rêve, fabriqué pour l’hiver, parfait pour hiberner, seul (e) ou entre ami(e)s.

Kotatsu

Le Kotatsu こたつ. Je te dresse le tableau: dans une pièce japonaise, dont le sol est donc recouvert de tatamis, trône une table basse magique. Elle est chauffée par en-dessous (charbon à l’époque, fée électricité de nos jours), recouverte d’une couverture épaisse, dont les bords dépassent largement de la table afin de couvrir amoureusement les jambes des convives, couverture sur laquelle est posé un dessus de table.

Fonctionnement d’un kotatsu, électrique en haut et chauffé au charbon en bas.

Au-delà du confort indéniable sur lequel je reviens tout de suite, les kotatsu représentent le coeur de la maison japonaise. Quand il fait froid et que les pièces sont mal ou pas chauffées (et bonjour l’isolation dans des pièces aux portes de papier de riz), tout le monde s’y réfugie. Et quand on reçoit de la famille ou des amis, tout le monde se met les jambes au chaud autour du repas. Une sorte de poele, quoi.

Ceci dit, si tu as des problèmes à régler avec ta moitié ou tes parents, le kotatsu est idéal: c’est le seul endroit de la maison où il fait chaud, t’es obligé d’aller dessous, du coup, normalement, tu te parles.

Ce qui est génial avec le kotatsu, c’est que tu peux aussi en profiter tout seul, pour lire un manga livre sans image, faire de l’ordi ou faire une petite sieste de derrière les fagots. Regarde comme ils ont l’air bien:

Lecture sous un kotatsu (de fille) N.B. le rose n’est pas obligatoire, hein.

Sieste sous un kotatsu, les reins au chaud

Et l’image qui fait trois exemples en un: ordi, chien et « kotatsu-dans-la-vraie-vie » (mois classe et moins rose):

Ordinaterie sous un kotatsu…le chien aussi a l’air bien!

Et ça marche aussi en version chats (suivez mon regard):

Kotatsurie avec chats

(Et juste pour les amoureux des chats, celle-ci, je l’ai trouvée choupinette:)

Bon, évidemment, le truc, c’est qu’il faut quand même un peu de place pour pouvoir en profiter. Mais si les japonais le font, en ville, dans leurs minuscules appartements, alors tout est possible!

Du coup, tu es convaincu et toi-z-aussi tu voudrais un kotatsu pour Noyel? Daijobu! (« Pas de problème »), y’a qu’à le fabriquer!  Voici donc, en exclusivité inédite le mode d’emploi de la fabrication du rêve-de-moi, le kotatsu (Si le père Noël pouvait transformer mon mari préféré en bricoleur d’ici là, merci):

Fabrication d’un kotatsu:

Cher petit scarabée-bricoleur, il te faut (par exemple):
– Une table basse genre Ikea LACK 

Habituellement, la hauteur des kotatsu japonais est de 36 cm mais si tu n’es pas fichu comme un japonais, cette table-là serait a priori parfaite, d’autant plus qu’elle a une partie qui peut servir de dessus de kotatsu.

Là, tu choisis la taille et la couleur que tu veux.

– Le radiateur de Kotatsu 

La pièce la plus importante; se trouve sur Ebay.

!Attention! les radiateurs de Kotatsu sont spéciaux et ne nécessitent pas d’aération; ça veut dire que si tu prends un radiateur électrique classique et que tu mets une couverture dessus, ça mets le feu!!!

– Un transformateur de voltage de 220V à 100V

La deuxième pièce la plus dure à trouver. Là encore, Ebay ou ailleurs sur internet. Le mieux est de vérifier les qualités requises écrites sur le radiateur de kotatsu.

– crochets en L

Là, facile, chez Lemoi Rerlin, ça se trouve.

Attention que les vis du radiateur de kotatsu aillent sur les crochets, c’est mieux, hein…et aussi que la longueur des crochets soit suffisante pour l’épaisseur du radiateur.

Des vis ou des clous qui correspondent aux crochets en L

On les utilisera pour attacher les crochets au dessous de la table.

– Couverture/ Plaid/…

Adapter la taille requise en fonction de la table: elle doit dépasser suffsamment pour recouvrir les gens assis autour.

L’épaisseur dépend du degré de chaleur que tu veux avoir.

Le design t’appartient, tu peux tout tenter; c’est ton kotatsu, après tout.

Les aventuriers pourront même fabriquer leur couverture avec …un furoshiki!

En option:

– 4 rondelles

Pour sécuriser le radiateur de kotatsu aux crochets

– Dessus de table

Si tu fais le difficile et que la partie basse de la table LACK ne te convient pas, que tu en veux un d’une autre couleur ou un dont la taille est exactement la même, là tu as besoin d’un vrai dessus de table.

Avec tout ça, lance-toi:

Etape 1

Aligner chaque crochet face aux troux de vis du radiateur et les visser (avec les rondelles si tu préfères). Jusque là, pas de lézard.

Etape 2

Déterminer l’emplacement du radiateur sous la table. Donc, tu retournes ta table, tu mets le radiateur dessus (enfin, dessous, pour ceux qui suivent) et tu vérifies que les crochets collent bien à la surface de la table. Pour l’emplacement, ça dépend de la configuration de ta pièce, faut tester. (A savoir que le radiateur chauffera davantage deux côtés sur les quatre, les résistances étant parallèles).

Etape 3

Fixer le radiateur; tu perces, tu mets les vis. Même moi, je peux le faire.

Etape 4

Terminer; tu retournes la table, tu la montes si ce n’est pas déjà fait (et tu remercies IKEA pour la facilité de leurs montages); tu places ta couverture dessus, le dessus de table par-dessus le dessus;

Brancher; tu branches le transformateur dans la prise (sans les doigts), tu mets les fils tout là où il faut, tu allumes ton radiateur et hop! la magie du kotatsu est avec toi!

Y’a plus qu’à avoir une maison…

Source:Super merci au site Instructables; c’est là que tu trouveras toutes les photos qui correspondent à cette merveilleuse traduction.

Mastacloue décline toute responsabilité en cas d’incendie de kotatsu, d’électrocution ou de doigt percé. Merci.

Quelle taille pour quel Furoshiki?

Un commentaire

C’est fou comme un sujet qui m’intriguait déjà il y a de ça plusieurs années peut resurgir avec autant d’intérêt aujourd’hui.

Plusieurs questions précises me sont venues en réfléchissant au furoshiki et l’une d’elles, la voici, la voilà:

Comment sait-on quelle taille utiliser pour emballer un objet déterminé? 

Parce que des tissus de furoshiki, j’en ai vu des tonnes qui m’ont donné envie de tout acheter, mais encore faut-il pouvoir s’en servir après, hein.

Et pas facile d’avoir des infos précises d’ici; en fait, si, elles sont surement très précises, mais mes quelques mots de japonais ne me permettent pas de tout comprendre…Donc, j’ai récupéré des documents sur le net et je me suis amusée à les traduire; en plus ça me fait bosser mon japonais. D’une pierre, blabla…

Mesures de furoshiki

Donc, d’abord comme on le remarque sur le schéma ci-dessus, le tissu en question est carré. C’est très important, sinon l’emballage est impossible ou disgrâcieux. Toutes les techniques de nouage sont faites pour des tissus dont les côtés ont la même taille (un carré, quoi).

Les mesures des furoshiki sont précises et ont chacune un nom…La taille en centimètres donnée est celle du côté.

– 中巾 (chû haba): « largeur moyenne » = 45cm. C’est effectivement la taille que l’on rencontre le plus facilement dans les magasins.

Utilisation: « petit sac à main »

Furoshiki de 45 cm

– 尺三巾 (shaku mi haba): « largeur de 3 shaku » (le shaku semble être la mesure entre le pouce et le majeur)= 50cm
尺四巾 (shaku yo haba): « largeur de 4 shaku » = 53cm

Utilisation: pour transporter les « bentô »

Furoshiki de 50cm pour emballer les bentô

– 二巾 (Futahaba), « deux largeurs » = 68cm

Utilisation : pour emballer les pâtisseries (cadeau très prisé au Japon), une bouteille de vin (sic), etc

Exemples de bin-tsutsumi, furoshiki pour bouteilles

– 二尺巾 (Nishakuhaba): « deux shaku de largeur » (le shaku semble aussi être une mesure de plus de 30 cm)= 75cm

Utilisation: là encore, pour les pâtisseries ou les « cadeaux« , etc

– 二四巾 (Nishihaba): « 24 largeurs »= 90cm

Utilisation: pour une bouteille de 1 « ishô » (ancienne mesure japonaise qui correspond à 1,8l) ou 2 bouteilles de vin (assez logiquement) ou comme sac à main plus grand,etc

Facile à porter!

– 三巾  (mihaba): « 3 largeurs » = 105cm

Utilisation: comme sac à main ou comme nappe

Sac à main avec un furoshiki de 105cm

– 四巾 (yo haba): « 4 largeurs » = 130cm

Utilisation: pour 2 « zabuton« , ces coussins rectangulaires ou carrés japonais, utilisés pour s’asseoir ou s’agenouiller ou comme nappe

Furoshiki pour zabuton

– 五巾 (itsu haba): « 5 largeurs » = 175cm

Utilisation: pour 5 « zabuton » ou pour le dessus d’un « kotatsu« , cette merveilleuse découverte que j’ai faite grâce à un pote couchsurfer: il s’agit d’une table entourée d’une sorte de couverture chauffante…j’en rêve pour ma nouvelle maison (on peut bien rêver, non?)

Kotatsuuuu

 

– 六巾 (roku haba): « 6 largeurs » = 195cm

Utilisation: pour un futon ou une couverture de deux « jo » (le « jo » est la taille d’un tatami, qui sert à mesurer la surface des pièces également, il correspond à 91 cm x 182 cm soit 1,6562 m2)

Futon d’une personne

 

– 七巾 (nana haba): « 7 largeurs » = 230cm

Utilisation: pour un futon « familial ».

Pratique pour trimballer ton futon, non?

 

Pfiou…je comprends pourquoi j’ai rien compris à ce qu’elle me racontait, la dame du magasin!!

 

Source:

http://www.furoshiki-oroshi.info/product/furoshiki01.html

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